Introduction à l'astrologie conditionaliste
Par Manuel da Costa — GéoAstro
« Pour devenir une science inédite, une science à part, l’astrologie doit trouver les règles et conditions de relation entre les sciences « dures » et les sciences « molles » ou encore, entre les horloges simples du non-vivant (micro et macro-cosmiques) et les horloges complexes des récepteurs humains. »
Jean-Pierre Nicola, astrologue-découvreur
L’Odyssée Conditionaliste
En 1964 paraissait La Condition Solaire1, livre fondateur de l’Astrologie Conditionaliste, qui redonnait à la relation Homme-Ciel des fondements astronomiques et biopsychologiques. À l’origine d’une approche moderne et rationnelle de l’astrologie, cet ouvrage a principalement eu pour objet d’actualiser et de reformuler l’ensemble des connaissances astrologiques, jusque-là essentiellement symboliques. L’école conditionaliste s’attache à démontrer les liens unissant le système solaire et l’activité nerveuse de l’être humain.
La Condition Solaire présente différents outils théoriques qui posent les bases d’une astrologie en phase avec les savoirs de notre époque et qui permet de nombreuses analyses concordant avec l’observation du comportement humain. Entre autres sont présentés le système RET, la théorie des âges planétaires, les zodiaques photopériodique et réflexologique. Les planètes astrologiques ont depuis une référence héliocentrique (la théorie des âges) et une codification rationnelle (les niveaux d’information du RET). Les signes zodiacaux, une réalité astronomique et des fondements réflexologiques ou neurologiques.
Parmi les outils innovants développés en astrologie conditionaliste, citons également le SORI, initiale de Sujet, Objet, Relation et Intégration. Celui-ci affine l’analyse du thème et pourrait s’appliquer aux maisons et zones d’angularité de la sphère locale.
L’influence astrologique ne peut plus être abordée sans référence aux sciences du vivant et aux sciences humaines. L’astrologie n’est fondamentalement pas un savoir acausal, non-physique et sémantique comme l’entendent la plupart des écoles d’astrologie symbolistes qu’il serait plus juste de qualifier d’astromancie.
Les clés conditionalistes ouvrent la voie d’une meilleure compréhension de la relation Homme-Ciel, envisagée ici de façon conditionnelle. L’influence du thème astrologique n’est qu’un élément parmi d’autres dans la construction de la personnalité de chacun. Elle interagit avec les autres influences reçues au moment de sa naissance puis tout au long de sa vie. Chaque individu est également structuré en profondeur par l’environnement social, familial et éducatif qu’il reçoit, autant que par le patrimoine génétique individuel dont il a hérité.
Par essence, l’astrologie se situe au croisement de nombreuses disciplines qui entendent expliquer le comportement humain. À elle seule, elle ne saurait en faire le tour. Toute approche du comportement doit tenir compte de la diversité des influences reçues, car aucune ne peut être totalement exhaustive. Alors quelle est la place du thème astrologique parmi celles-ci ?
Le thème astrologique révèle la structure psychologique et comportementale d’un individu. Il constitue en quelque sorte un « squelette » à compléter par les autres influences reçues, notamment biologiques et sociologiques. Intégrer les conditionnements extra-astrologiques aux portraits planétaires et zodiacaux permet d’explorer diverses expressions possibles pour chacun et de passer des fonctions astrologiques théoriques aux profils psychologiques et comportementaux observables.
D’autre part, l’astrologie ne permet pas de faire des prédictions évènementielles. Le thème astrologique révèle uniquement les tendances et comportements réflexes qui façonnent la personnalité. Il ne prédit en aucun cas des évènements, qui dépendent du contexte du sujet. Au mieux, si l’on est en mesure de connaître à l’avance une situation qui devrait arriver, on pourrait en déduire la probabilité que l’individu réagisse d’une manière ou d’une autre face à celle-ci, à partir de la connaissance de son thème et donc des grandes lignes de sa personnalité. En revanche, l’astrologie ne vous dira pas quelle situation doit arriver ou non.
Ce point illustre la désinformation autour de l’astrologie aujourd’hui. Assimilée à la charlatanerie, elle est souvent confondue avec la voyance, les tarots et autres arts divinatoires. Le seul nom d’astrologue est devenu ridicule et il est vrai que la plupart de ces derniers, à travers leur pratique fataliste et mercantile, n’y arrangent rien. Pourtant les travaux conditionalistes, depuis un demi-siècle déjà, ont largement toiletté tout cet aspect symbolique et mystique et replacé l’astrologie dans le domaine du rationnel et des sciences modernes.
Comprendre le thème astrologique2
La sphère locale
La sphère céleste locale est une figure imaginaire de rayon arbitraire établie pour une latitude et une longitude terrestre déterminées. Ses deux plans majeurs sont l’horizon céleste, qui correspond à la projection du plan horizontal de l’observateur et le méridien céleste, qui contient les pôles célestes, le Zénith et le Nadir du lieu d’observation.
On localise sur la sphère locale les points Ascendant (AS) et Descendant (DS), qui correspondent à l’intersection du plan horizontal local et du plan écliptique ainsi que les points Milieu-du-Ciel (MC) et Fond-du-Ciel (FC), qui correspondent à l’intersection du plan méridien et du plan écliptique.
En 24 heures, les planètes dans les signes parcourent la sphère locale d’Est en Ouest. Elles se lèvent ainsi en direction de l’Est à l’Ascendant (AS), passent à leur culmination supérieure dans la direction Sud au Milieu-du-Ciel (MC), se couchent en direction de l’Ouest au Descendant (DS), et enfin passent à leur culmination inférieure dans la direction Nord au Fond-du-Ciel (FC).
La bande zodiacale
Le plan écliptique correspond, en référentiel géocentrique, à la course apparente du Soleil autour de la Terre. Cependant, les orbites des autres planètes ont leur propre déclinaison et sont plus ou moins inclinées par rapport à ce plan.
C’est pourquoi la bande zodiacale s’étend de 8°30 de part et d’autre de l’écliptique et délimite une zone de la sphère locale dans laquelle se meuvent la plupart des planètes du système solaire.
Ainsi, les signes du Zodiaque résultent de la division de la bande zodiacale en douze secteurs égaux de 30° chacun, à partir du point vernal (0° Bélier). Chaque signe du Zodiaque se caractérise par une déclinaison Nord ou Sud, croissante ou décroissante déterminée.
Les maisons astrologiques
Les maisons astrologiques sont des secteurs de la sphère locale. L’Ascendant marque le début de la maison I, le Fond-du-Ciel celui de la maison IV, le Descendant celui de la maison VII et le Milieu-du-Ciel celui de la maison X. Les maisons astrologiques I, IV, VII et X sont les maisons cardinales.
Les pointes ou « cuspides » des maisons entre les cardinales sont déterminées selon le système de Placide, qui divise en trois parties égales le temps d’ascension des planètes dans chaque quadrant de l’arc d’écliptique.
Dans leur course quotidienne, les planètes passent successivement dans les douze maisons astrologiques dans le sens des signes, inverse du mouvement diurne. Une planète qui se lève passe ainsi de la maison I à la maison XII, de la maison XII à la maison XI, et ainsi de suite. Dit autrement, chaque planète passe de l’AS au MC, du MC au DS, du DS au FC, et enfin du FC à l’AS.
Le thème astrologique
Le thème écliptique
Les affichages modernes des thèmes astrologiques sont des représentations de la sphère céleste locale dans le référentiel zodiacal. Il s’agit du thème écliptique, qui permet de déterminer la position des planètes dans les signes du Zodiaque.
Dans l’exemple suivant, on observe, dans le sens des signes, que Jupiter est en Bélier ; Mars en Gémeaux ; Saturne et la Lune en Lion ; Pluton en Balance ; Uranus et Vénus en Scorpion ; Neptune et le Soleil en Sagittaire ; Mercure en Capricorne.
Le thème astrologique se base sur la projection des planètes sur le plan écliptique. Par définition, seul le Soleil suit exactement cette trajectoire et il faut donc recalculer la position réelle des autres planètes en fonction de leur déclinaison3.
Les planètes forment également entre elles des aspects. Un aspect planétaire désigne un écart angulaire formé entre deux astres vus depuis la Terre. Les aspects majeurs ayant une influence astrologique sont : la conjonction, l’opposition, le carré, le trigone, le sextile.
Le thème de domitude
Le thème de domitude est une représentation de la sphère locale dans le référentiel des maisons astrologiques, et permet de déterminer la position réelle de chaque planète dans la sphère locale en tenant compte de leurs propres latitudes célestes.
Dans l’exemple ci-contre, on observe, dans le sens des maisons astrologiques, que Jupiter est en maison I ; Mars en maison III ; la Lune et Saturne en maison V ; Uranus en maison VII ; Pluton et Vénus en maison VIII ; Neptune en maison IX ; le Soleil et Mercure en maison X.
En raison de leurs latitudes célestes Nord ou Sud plus ou moins importantes, les positions réelles des planètes dans la sphère locale (thème de domitude) peuvent également être différentes de leurs positions apparentes en thème écliptique. Ainsi, certaines d’entre elles peuvent avoir en domitude une hauteur différente de celle qui apparaît en thème écliptique.
Le thème écliptique permet donc de représenter les longitudes écliptiques des planètes, c’est-à-dire leur position dans les signes du Zodiaque. Le thème de domitude, de son côté, met en évidence les latitudes écliptiques des planètes, c’est-à-dire leur position dans les maisons astrologiques. Le thème écliptique et le thème de domitude sont ainsi complémentaires et permettent de décrire la sphère locale à partir de deux référentiels différents.
Lire le thème astrologique
Un thème astrologique est une représentation du ciel vu depuis la terre, calculée à un moment et en un lieu déterminés. Il s’agit d’une « photographie » instantanée des configurations zodiaco-planétaires, au moment de la naissance d’un individu (thème individuel) ou à un moment donné de son existence (transits planétaires).
Hiérarchiser les éléments du thème
Le thème astrologique est donc un ensemble structuré comprenant différents éléments qu’il convient de hiérarchiser puis d’interpréter. Les planètes, les signes zodiacaux, les aspects planétaires puis les maisons astrologiques sont les éléments auxquels on s’intéresse en priorité.
Reprenons l’exemple utilisé plus haut. Il s’agit du thème astrologique de l’actuel Président du Conseil Européen Charles Michel, né le 21 décembre 1975 à 12h30 HO à Bruxelles :
Dans cette illustration, le graphique de gauche affiche à nouveau le thème astrologique et à droite se trouvent la hiérarchie planétaire ainsi que le losange RET du thème.
Les planètes
Pour hiérarchiser les planètes d’un thème astrologique, on commence par repérer celles qui sont angulaires, c’est-à-dire proches des angles Ascendant, Milieu-du-Ciel, Descendant et Fond-du-Ciel. Elles sont les plus influentes du thème. Puis, les planètes qui forment des aspects aux angulaires suivent et sont sous-dominantes. Enfin, les planètes isolées sont non-dominantes et sont les plus faibles de la hiérarchie planétaire.
Dans le thème astrologique de Charles Michel sont angulaires Jupiter en Bélier sous l’Ascendant, le Soleil en Sagittaire au Milieu-du-Ciel ainsi que Mars en Gémeaux au Fond-du-Ciel. Les planètes sous-dominantes sont ensuite Mercure en Capricorne (conjointe au Soleil et carré à Jupiter), Neptune en Sagittaire (trigone à Jupiter et opposée à Mars) et Pluton (opposé à Jupiter). Enfin suivent la Lune et Saturne en Lion ainsi qu’Uranus et Vénus en Scorpion qui sont les planètes les plus faibles du thème.
Le losange RET à droite permet de visualiser en un coup d’œil les planètes les plus fortes (cases noires), celles de rang moyen (cases grises) et enfin les plus faibles (cases blanches) du thème. On en déduit les familles planétaires RET dominantes4 du thème astrologique : la représentation intensive (r), l’Existence extensive (E) et le Pouvoir extensif (P).
Enfin, on relève les aspects planétaires majeurs du thème : opposition Soleil-Mars ; conjonction Soleil-Mercure ; carré Jupiter-Mercure ; trigone Jupiter-Neptune ; opposition Jupiter-Pluton ; opposition Mars-Neptune.
Les signes zodiacaux
Les signes zodiacaux valorisés sont ceux où se situent les planètes. On privilégie ceux qui abritent les planètes dominantes et les planètes « rapides » (Lune, Soleil, Mercure, Vénus). Le signe zodiacal indiqué par la date de naissance ne renseigne que sur la position du Soleil et il faut observer la position des autres planètes pour connaître tous les signes valorisés du thème.
Dans le thème astrologique de Charles Michel, le signe zodiacal le plus valorisé est celui du Sagittaire, avec le Soleil dominant au Milieu-du-Ciel. Les signes du Bélier (Jupiter), du Capricorne (Mercure) et dans une moindre mesure du Lion (signe lunaire) sont sous-dominants.
On peut également associer les signes dominants d’un thème astrologique aux formules réflexologiques qui les définissent : saison, type de réaction, phases. Ainsi, on observe que Charles Michel est marqué principalement par l’automne (Sagittaire dominant), par le processus d’excitation (Sagittaire, Bélier, Lion) et par le sens des ensembles (axe Sagittaire-Gémeaux et Capricorne).
Les secteurs de la sphère locale
Les secteurs de la sphère locale sont d’abord les douze maisons astrologiques ainsi que les zones d’angularité : l’Ascendant (AS), le Milieu-du-Ciel (MC), le Descendant (DS), le Fond-du-Ciel (FC). On peut également observer les quadrants et les hémisphères du thème astrologique.
De même que les signes zodiacaux, les secteurs de la sphère locale valorisés sont ceux dans lesquels se trouvent des planètes. On observe en priorité les secteurs dans lesquels se trouvent les planètes angulaires du thème ainsi que ceux dans lesquels se situent des planètes « rapides » ou bien plusieurs planètes.
Dans le thème astrologique de Charles Michel, les maisons astrologiques les plus valorisées sont la maison I (Jupiter), la maison III (Mars) et la maison X (Soleil-Mercure). L’Ascendant, le Milieu-du-Ciel et le Fond-du-Ciel sont les zones d’angularités valorisées (Jupiter à l’AS, Soleil au MC et Mars au FC). Enfin, les planètes angulaires se situent dans les quadrants oriental-diurne (de l’AS au MC) et oriental-nocturne (du FC à l’AS). L’hémisphère diurne (au-dessus de l’axe AS-DS) est celui dans lequel se trouvent le plus de planètes.
Interpréter le thème globalement
Connaître les planètes et les signes zodiacaux valorisés d’un thème astrologique permet d’établir la base de son interprétation. Pour aller plus loin, on s’intéressera également aux aspects planétaires, aux maisons astrologiques et aux autres secteurs de la sphère locale.
Une méthode d’interprétation
Un thème astrologique est donc un ensemble structuré et hiérarchisé, composé de différents éléments qui peuvent être dominants, sous-dominants ou non-dominants. On distingue ainsi les tendances fortes, c’est-à-dire les traits de personnalité les plus prépondérants de l’individu ; les tendances moyennes, qui concernent les traits qui émergent parfois ; et les tendances faibles, celles qui apparaissent le moins souvent.
Il est important d’interpréter le thème dans sa globalité. Les planètes, les signes ainsi que les zones de la sphère locale entrent en interaction et forment un ensemble homogène. Chacun de ces éléments a néanmoins son influence propre sur les dispositions psychologiques et comportementales dont nous héritons au moment de la naissance et un thème astrologique a donc ses propres configurations, qui peuvent se superposer ou bien se contredire entre elles.
Il a déjà été dit que le thème doit s’interpréter au conditionnel. Chaque individu se situe au carrefour de multiples influences, qui lui permettront de construire et constituer sa propre personnalité. À l’influence du thème astrologique s’ajoutent en effet celle de l’environnement socioculturel dans lequel le sujet a baigné : contexte historique, facteurs économiques et culturels, valeurs et normes du groupe… De même, le thème astrologique ne nous informe en rien sur le conditionnement génétique dont l’individu a hérité au moment de la naissance.
Président du Conseil Européen
La configuration astrologique dominante de Charles Michel est donc Jupiter en Bélier à l’Ascendant, le Soleil en Sagittaire au Milieu-du-Ciel et en opposition à Mars en Gémeaux angulaire au Fond-du-Ciel. Mercure et Neptune sont sous-dominants, en aspects aux trois dominantes du thème.
On reconnait bien dans cette configuration les grandes lignes de la personnalité la plus visible de l’actuel Président Européen. Jupitérien et solaire médiatique, il est réputé pour son goût du paraitre, ses facultés oratoires et ses idéaux élevés, tout en étant décontracté, curieux et ouvert d’esprit (Mercure). Marsien et jupitérien, il est également doué de pragmatisme, de réalisme et a le sens des opportunités. Neptune fort dans la hiérarchie planétaire indique que Charles Michel est également intuitif et sensible au collectif. Enfin, sous l’opposition de Mars à Neptune, on hésite à se déterminer en tenant compte avant tout des réalités et circonstances observables (Mars) ou à se laisser guider par ses propres aspirations intérieures (Neptune).
Au niveau des signes, l’axe Sagittaire-Gémeaux qui est le plus dominant lui voue des compétences de fédérateur, une habileté à synthétiser des éléments épars, une vue globale surplombant les dualités et antagonismes usuels (sens des ensembles).
On peut également interpréter les planètes les plus faibles du thème, qui concernent les traits de personnalité non-dominants. Chez Charles Michel, il s’agit de Saturne, Uranus et Vénus. Ce dernier aurait ainsi du mal à jouer la carte de la séduction, de la complicité basée sur le partage émotionnel et la compassion (Vénus faible). Uranus et Saturne faibles peuvent indiquer un désintérêt pour les abstractions, les froides analyses qui impliquent à la fois introspection existentielle et intuitions lumineuses.
Des statistiques sur les groupes de population
Et si l’astrologie pouvait être étudiée avec la même rigueur que les sciences exactes ? Longtemps perçue comme une discipline ésotérique, elle fait aujourd’hui l’objet de recherches modernes qui suggèrent qu’elle pourrait répondre à des critères de validation méthodologique.
La statistique regroupe l’ensemble des méthodes dédiées à la collecte, au traitement et à l’interprétation des données. Son objectif est d’extraire des informations pertinentes à partir de données complexes, difficiles à analyser par une simple lecture. Elle met ainsi en évidence les tendances quantitatives d’un phénomène étudié, c’est-à-dire son comportement général. Discipline d’analyse mathématique, elle est largement utilisée dans de nombreux domaines, tels que la production, le marketing, la finance, l’ingénierie, la médecine et les sciences sociales.
La question qui se pose, dès lors, est de savoir si la méthode statistique peut s’appliquer à l’astrologie, dont l’influence sur le comportement humain est, par nature, conditionnelle. En effet, l’influence du ciel interagit avec d’autres facteurs, tels que le patrimoine génétique hérité et le conditionnement socioculturel, qui façonnent également la psychologie et les comportements individuels observables. Chacun d’entre nous apporte une réponse singulière à son propre thème de naissance. Autrement dit, chaque planète ou signe zodiacal peut être vécu de multiples façons. Il en découle, à priori, qu’il est peu probable que des statistiques astrologiques sur un large échantillon puissent révéler des résultats significatifs.
Pourtant, des études statistiques menées en astrologie selon une méthode suffisamment rigoureuse pourraient mettre en évidence des corrélations entre un élément du thème astrologique (planètes, signes zodiacaux…) et un trait de caractère ou une compétence liée à l’activité analysée, à condition que ces corrélations soient fortement marquées. En effet, pour qu’une dominante astrologique se distingue au sein d’une cohorte, elle doit être soit nettement survalorisée, soit au contraire nettement sous-valorisée parmi ses membres. L’outil statistique permet ainsi de révéler les effets astrologiques les plus significatifs dans une cohorte soigneusement sélectionnée et évaluée.
La méthode statistique peut mettre en évidence des corrélations astrologiques marquées. En revanche, elle ne prend pas en compte le conditionnement individuel de chaque membre du groupe. Les particularités du thème individuel par rapport aux résultats de l’ensemble du groupe, l’influence du conditionnement extra-astrologique personnel ou encore l’impact des transits ayant accompagné le succès dans l’activité où excelle le sujet ne sont pas pris en considération.
La statistique adopte une approche collective, contrairement à l’analyse des cas individuels, propre à chaque personne. L’analyse individuelle présente également des forces et des limites : en se concentrant sur les détails du conditionnement spécifique d’un individu, astrologique ou autre, elle occulte les tendances générales observables chez des personnes ayant des compétences similaires. Par conséquent, elle ne permet pas, ou plus difficilement, d’établir une corrélation fiable entre un élément particulier du thème et une capacité cognitive ou une aptitude comportementale, à l’inverse de la démarche statistique.
L’une des expériences statistiques les plus importantes et les plus connues en astrologie a été menée par Michel et Françoise Gauquelin durant la seconde moitié du XXe siècle6. Leur objectif était de tester les principes astrologiques sur de vastes groupes aux profils variés. Si leurs travaux ont confirmé certaines affirmations traditionnelles, ils en ont également invalidé de nombreuses autres. Cependant, un examen détaillé de ces statistiques révèle que les Gauquelin n’ont suivi aucune méthodologie rigoureuse7 pour évaluer leurs groupes de population, ce qui remet en cause la validité de leurs résultats. De plus, la sélection des groupes reposait sur des critères trop flous, rendant impossible l’obtention de résultats significatifs et discréditant ainsi définitivement leurs travaux8. Aujourd’hui encore, la recherche statistique en astrologie demeure un territoire inexploré, à découvrir et à approfondir par les chercheurs des générations futures.
Si le travail astro-statistique consiste avant tout à évaluer numériquement des données, celles-ci doivent impérativement être accompagnées d’analyses expliquant pourquoi certains résultats émergent ou non dans le groupe de population testé. Les données statistiques sont d’abord recueillies et traitées, puis elles doivent être interprétées pour identifier les mécanismes astrologiques sous-jacents. À ce titre, les outils conditionalistes nous semblent les plus adaptés : non seulement ils reposent sur une approche moderne et rationnelle, mais l’observation montre également qu’ils correspondent à la structure même du réel astrologique.
En outre, la statistique, en tant que méthode scientifique d’évaluation quantitative des données, permet, en cas de résultats positifs, de mettre en évidence un effet astrologique au sein d’un groupe de population. L’enjeu d’une étude statistique en astrologie est en effet de démontrer, à partir d’une démarche méthodologique reconnue dans de nombreux domaines de recherche, que les astres de notre système solaire exercent une influence réelle sur la psychologie et les comportements humains.
Enfin, l’approche statistique permet à l’astrologue de mieux comprendre comment le thème natal influence le développement de certains talents favorisant l’excellence dans une activité donnée. Elle aide à approfondir la compréhension des modes d’expression des dominantes astrologiques tout en affinant l’analyse des domaines où chacune peut s’épanouir. Enfin, la statistique permet de déconstruire certains préjugés persistants en astrologie qui ne correspondent pas à l’observation, comme l’effet supposé de Mars chez les sportifs, de Saturne chez les savants ou de Jupiter chez les comédiens.
Notes
1 La Condition Solaire, Jean-Pierre Nicola, Éd. Traditionnelles, 1964.
2 Pour une description complète de la réalité astronomique du thème astrologique et de son interprétation, consulter Manuel d'Astrologie Universelle, Richard Pellard, Éditions Dervy, 1993.
3 Le 21 décembre 1975, toutes les planètes suivent un rythme zodiacal correspondant à leur signe écliptique, à l'exception de Pluton (déclinaison de 10°52, rythme Vierge).
4 Comme pour les planètes, les familles planétaires peuvent être hiérarchisées selon leur degré de valorisation dans un thème.
5 Sur ce sujet, voir Le dossier des influences cosmiques (Éd. J’ai lu) et Les personnalités planétaires (Éd. Guy Trédaniel), Michel Gauquelin.
6 L’utilisation de la statistique dans divers domaines d’études implique une méthodologie rigoureuse, appliquée ici aux cohortes astrologiques.
7 Exemple : la catégorie des « sportifs », qui regroupe des disciplines variées.