Des cohortes de population pertinentes ?
Par Manuel da Costa — GéoAstro
Établir une cohorte de population dans l’espoir d’obtenir des résultats statistiques significatifs suppose de respecter plusieurs critères dans la sélection des données de naissance (DN). Tout au long de cet ouvrage, nous avons abordé certains de ces principes méthodologiques essentiels pour mener une étude rigoureuse en astrologie.
Cette section rassemble les principales conditions nécessaires à une analyse astro-statistique pertinente. Elle ne prétend cependant pas être exhaustive : l’expérience et les recherches futures permettront d’affiner progressivement les critères à prendre en compte dans ce domaine encore en friche.
Sur la difficulté de mener une étude statistique en astrologie
Nous identifierons donc les principales conditions méthodologiques permettant de mener une étude statistique en astrologie et d’obtenir des résultats exploitables.
Ces critères, présentés plus bas, constituent un guide plutôt qu’un dogme absolu. Les suivre augmente la probabilité d’obtenir des résultats astro-statistiques significatifs, sans pour autant les garantir. Une cohorte respectant scrupuleusement ces exigences peut ne pas donner de résultats concluants, tandis qu’une autre, moins rigoureuse, pourrait en révéler. Une fois encore, le lien entre le thème astrologique et l’activité du sujet n’est pas linéaire, mais probabiliste.
L’activité pratiquée
Nous avons vu qu’un thème astrologique renseigne avant tout sur la structure psychologique et comportementale d’un individu. En astro-statistique, une première approche consisterait à regrouper les sujets selon des portraits caractérologiques. On pourrait ainsi constituer des cohortes en fonction de traits de personnalité comme « combatif », « prudent », « sociable » ou « imaginatif ».
Toutefois, cette méthode pose un problème majeur : la subjectivité des critères de sélection. Qui définit ce qu’est un individu combatif ou prudent, et selon quels critères objectifs ? Qui décide des personnes intégrées à ces groupes ? Une fois les cohortes établies, il serait facile pour un sceptique de contester la pertinence du classement : tel individu inclus dans le groupe ne serait peut-être pas si combatif ou prudent que cela, tandis qu’un autre, exclu, aurait pu parfaitement y figurer. Pire encore, les opposants à l’astrologie (et ils sont nombreux) pourraient arguer que la constitution des groupes a été biaisée en sélectionnant volontairement des individus correspondant aux configurations astrologiques attendues, faussant ainsi les résultats. Une telle méthodologie manquerait totalement de rigueur scientifique et prêterait le flanc aux critiques.
Il est donc préférable d’analyser les statistiques astrologiques à partir de l’activité exercée par les individus. Par exemple, pour une étude sur les médecins, on se basera sur un critère objectif : l’obtention d’un doctorat en médecine. Néanmoins, le lien entre thème astrologique et profession est complexe et il ne faut pas établir de relation directe entre les deux. L’influence astrologique intervient d’abord dans la structuration de la personnalité du sujet, laquelle influence ensuite ses choix professionnels. Mais la personnalité résulte également d’autres facteurs, notamment biologiques et socioculturels. Quant aux aptitudes nécessaires pour exceller dans une profession, elles peuvent être multiples et ne sont pas toujours directement corrélées aux influences astrologiques.
Enfin, en astro-statistique, le niveau d’analyse dépend de la taille de l’échantillon. Pour examiner les dominantes planétaires et les familles planétaires RET, un nombre de DN relativement réduit peut suffire. En revanche, l’étude des signes zodiacaux requiert un échantillon plus vaste, afin de permettre au logiciel de produire des distributions normales et d’évaluer chaque signe dans un cadre statistiquement pertinent.
Des critères de sélection précis
Un critère fondamental pour constituer une cohorte susceptible de faire ressortir des résultats astro-statistiques significatifs est la sélection des individus selon des critères très précis. Il ne serait pas pertinent, par exemple, de regrouper indistinctement des sportifs, des scientifiques ou des artistes. Il est préférable d’établir des sous-groupes homogènes : des footballeurs, des tennismen ou des cyclistes pour les sports ; des mathématiciens, des physiciens ou des biologistes pour les sciences ; des peintres, des musiciens ou des sculpteurs pour les arts.
Chaque sous-groupe peut présenter des spécificités astrologiques propres. À l’inverse, regrouper des individus sur des critères trop larges reviendrait à mélanger des sous-groupes aux caractéristiques astrologiques distinctes, ce qui pourrait annuler les tendances si on les traitait tous ensemble.
Par exemple, une cohorte de hauts fonctionnaires français1 n’a mis en évidence aucun résultat astro-statistique significatif. Elle était composée des personnalités suivantes : Alain Seban, Alexandre Bompard, Bernard Prevost, Boris Boillon, Bruno Bézard, Bruno Racine, Christian Noyer, Dominique Bozon, Etienne Burin des Roziers, François Roussely, Frédéric Péchenard, Frédéric Salat Baroux, Gilles Ménage, Guillaume Pepy, Henri Hurand, Henry Bichat, Henry Ingrand, Jacques Rueff, Jean-Claude Trichet, Louis Gallois, Marc Lambron, Marc Tessier, Marc Vienot, Marcel Boiteux, Martin Vial, Martine Monteil, Maurice Grimaud, Michel Baroin, Michel May, Michel Morin, Nathalie Duhamel, Olivier Schrameck, Paul Delouvrier, Philippe Jaffré, Pierre Moinot, Pierre Mutz, Pierre Pringuet, Renaud Denoix de Saint-Marc, René Bousquet, Richard Descoings, Robert Mallet, Stéphane Martin, Stéphane Richard, Thierry Tuot, Valentin Abeille, Véronique Cayla, Xavier Gouyou Beauchamps, Xavier Musca, Yves Bertrand, Yves Thibault de Silguy.
Les résultats statistiques obtenus pour cette cohorte sont les suivants :
Cette cohorte ne présente pas de résultats atypiques, car la catégorie « hauts fonctionnaires » regroupe des individus exerçant des métiers trop divers pour constituer un ensemble homogène : ambassadeurs, chefs d’entreprise, directeurs de ministère…
À l’inverse, sélectionner des individus selon des critères plus précis permet de former des cohortes pertinentes, partageant des caractéristiques communes et donc plus susceptibles de révéler des spécificités astro-statistiques.
Pour assurer la pertinence d’une cohorte, il est également crucial que les DN sélectionnées, notamment les heures de naissance, soient précises. Le principal problème est que plus une DN est ancienne, plus elle risque d’être arrondie à la demi-heure supérieure2, ce qui fausse la domification du thème. Il est donc préférable, voire indispensable, d’utiliser des DN relativement récentes afin de garantir la fiabilité des résultats.
Des critères de sélection objectifs
Lorsqu’on constitue un groupe de population pour une étude astro-statistique, il est essentiel d’adopter une référence objective. L’astrologue n’a pas à décider quels individus sont légitimes pour figurer sur une liste de DN. Son rôle n’est pas d’être un spécialiste des activités passées au crible, mais d’identifier un critère de sélection rigoureux et incontestable.
Pour sélectionner des joueurs d’échecs, on peut se référer aux classements de la Fédération française des échecs (FFE) ; pour les pilotes de Formule 1, une performance en Grand Prix constitue un critère objectif ; pour les médaillés Fields, c’est l’Union mathématique internationale qui attribue cette distinction. Dans chacun de ces cas, la sélection repose sur des organismes spécialisés, garants de l’expertise et de l’objectivité du classement.
En établissant lui-même une liste de DN selon son appréciation personnelle, l’astrologue risque d’introduire un biais lié à ses connaissances personnelles, qui peuvent être partielles ou imprécises. Une fois la liste établie, n’importe qui pourrait contester ses choix : tel individu n’aurait pas dû être inclus, tandis qu’un autre, oublié, aurait mérité d’y figurer. Michel Gauquelin, par exemple, dans ses études astro-statistiques sur les sportifs, a arbitrairement catégorisé certains comme ayant un « moral d’acier » et d’autres un « moral fragile ». La classification est extrêmement subjective.
Si l’astrologue sélectionne les DN en fonction de son propre jugement, il s’expose aux mêmes critiques que pour les groupes caractérologiques évoqués précédemment. Ses détracteurs, enclins à la mauvaise foi, pourraient lui reprocher d’avoir sciemment retenu les individus correspondant aux configurations astrologiques qu’il souhaitait mettre en évidence.
Enfin, une fois le critère de sélection fixé et la liste d’individus établie, il est préférable que toutes les DN soient connues afin d’éviter tout soupçon de manipulation des résultats statistiques. Si certaines DN sont manquantes, il faut en expliquer clairement la raison : naissance à l’étranger, absence de données officielles, recherches infructueuses de l’état civil… Toute omission non justifiée pourrait entacher la crédibilité de l’étude.
Un groupe de population élitiste
Une fois un critère de sélection précis et objectif identifié, il est préférable, sinon nécessaire, de retenir les individus les plus doués dans la discipline visée. En effet, les chances d’observer des résultats astrologiques significatifs augmentent considérablement lorsque la cohorte est composée d’une élite très sélective.
Le postulat est que ces individus possèdent des aptitudes exceptionnelles qui leur ont permis d’atteindre un niveau d’excellence dans leur domaine. L’objectif est ensuite d’établir un lien entre ces aptitudes et les dominantes astrologiques qui ressortent statistiquement du groupe. À l’inverse, en intégrant des individus d’un niveau moins élevé, on peut supposer que les tendances observées seraient soit plus atténuées, soit inexistantes.
Pour reprendre quelques-unes des cohortes traitées dans cet ouvrage, la Fédération française des échecs (FFE) classe les joueurs jusqu’au niveau de « grand maître international » (GMI), ce qui en fait un critère de sélection évident. En Formule 1, les Grands Prix du championnat du monde représentent le sommet de la compétition. Il est donc pertinent de sélectionner les pilotes ayant remporté au moins une course à ce niveau. Enfin, la médaille Fields est en elle-même un critère élitiste, puisqu’elle récompense des mathématiciens d’exception pour leurs travaux de recherche.
Des compétences spécialisées plutôt que généralistes
Toutes les activités professionnelles, même parmi les plus spécialisées en termes de compétences techniques, ne nécessitent pas forcément une aptitude cognitive ou comportementale particulièrement développée. Au contraire, de nombreuses professions exigent des compétences variées, et les individus qui y excellent possèdent souvent un ensemble d’aptitudes équilibrées plutôt qu’une seule faculté dominante. Si l’on suppose qu’une aptitude spécifique est corrélée à une planète astrologique (ou à une famille planétaire, un signe zodiacal, etc.), alors les chances d’observer des résultats astrologiques significatifs diminuent avec ce type de cohorte « généraliste ».
À titre d’exemple, des statistiques astrologiques menées sur un groupe d’architectes n’ont révélé aucun résultat significatif3. Cette cohorte comprenait : Jean Willerwal, Roger Taillibert, Paul Andreu, Jean Renaudie, Claude Parent, Paul Chemetov, Pierre Riboulet, Gérard Thurnauer, Jean-Louis Veret, Claude Vasconi, Edmond Lay, Michel Andrault, Pierre Parat, Adrien Fainsilber, Jean Nouvel, André Wogensky, Christian Hauvette, Dominique Perrault, Jacques Hondelatte, Patrick Berger, Anne Lacaton, Frédéric Borel, Marc Barani, Jean-Marc Ibos, Myrto Vitart, Pierre-Louis Faloci.
Les résultats statistiques de la cohorte d’architectes sont les suivants :
Ces résultats correspondent à des fluctuations statistiques « normales » et s’expliquent par la nature même de l’architecture, qui repose sur des compétences et aptitudes très variées : mathématiques, géométrie, géologie, résistance des matériaux, mais aussi arts visuels pour concevoir et dessiner les édifices. Cette discipline exige une grande polyvalence, ce qui la rend moins propice aux études astro-statistiques que d’autres domaines plus spécialisés, comme les médaillés Fields, dont les compétences sont focalisées sur un type précis d’aptitudes cognitives.
Enfin, certaines aptitudes particulières ne relèvent peut-être pas exclusivement d’une seule planète astrologique, mais peuvent être partagées entre plusieurs d’entre elles. D’un point de vue astro-statistique, cette caractéristique complique l’observation de valorisations anormales au niveau des planètes. Une approche alternative pour l’astrologue conditionaliste serait donc d’examiner ces aptitudes sous l’angle des familles planétaires RET, qui regroupe les planètes selon une logique commune. Par exemple, si une activité requiert un solide esprit critique, il peut être plus pertinent d’analyser la valorisation de la famille « transcendance intensive » (« t ») dans son ensemble, plutôt que de se limiter à l’une des trois planètes qui la composent.
Des aptitudes cognitives ou comportementales déterminées
En astro-statistiques, l’une des questions les plus complexes à formuler concerne l’identification des facultés cognitives et comportementales dominantes au sein d’un groupe d’individus réunis selon des critères précis. Une étude astro-statistique vise notamment à établir un lien entre les dominantes astrologiques (planètes, signes zodiacaux…) et les aptitudes caractéristiques de la cohorte étudiée, celles qui leur ont permis de développer des compétences spécifiques dans leur domaine.
Le lien entre une dominante astrologique et certaines aptitudes cognitives implique que les membres de la cohorte disposent également d’une sensibilité génétique favorisant leur expression. C’est pourquoi l’étude doit porter sur l’élite d’une activité donnée : on postule que ces individus possèdent des aptitudes spécifiques hautement développées, et l’analyse statistique cherche alors à les corréler aux dominantes astrologiques.
Prenons l’exemple des facultés cognitives. Si une corrélation existe entre une aptitude cognitive spécifique et une dominante astrologique, celle-ci reste conditionnelle. Une planète peut favoriser le développement de capacités supérieures à la moyenne dans un domaine précis, mais uniquement si le système nerveux du sujet permet également leur expression.
Pour illustrer cette logique, observons ce premier graphique :
Soit le cercle rouge la totalité de la population marquée par la planète Mars, la planète Saturne ou les deux à la fois ; et le cercle bleu (IM°) la population douées d’une intelligence dite mécaniste très développée. On peut ainsi distinguer trois catégories de personnes : en « A » les marso-saturniens doués d’une grande intelligence mécaniste ; en « B » les non marso-saturniens doués d’une grande intelligence mécaniste ; en « C » les marso-saturniens non doués d’une grande intelligence mécaniste.
Le graphique ci-dessus illustre le caractère conditionnel et non linéaire du lien entre une dominante astrologique et une aptitude cognitive spécifique. Ici, nous prenons l’exemple des individus marqués par Mars, Saturne ou les deux à la fois (cercle rouge) et de l’intelligence dite mécaniste (cercle bleu), définie comme la capacité à comprendre les mécanismes de cause à effet, anticiper les possibilités d’actions-réactions et appréhender les données concrètes et observables.
Ce schéma met en évidence plusieurs observations :
- Cas A : La majorité des individus doués d’une intelligence mécaniste élevée appartient au groupe marso-saturnien. Cela suggère que ces deux planètes favorisent ce type d’intelligence. Toutefois, cette corrélation implique également que les individus concernés possèdent un système nerveux propice au développement de cette aptitude.
- Cas B : Certains individus possèdent une intelligence mécaniste développée sans être marqués par Mars ou Saturne. Bien que moins nombreux, ils peuvent avoir développé ces aptitudes cognitives sous l’influence d’autres facteurs astrologiques (autres planètes ou signes zodiacaux)4.
- Cas C : Tous les marso-saturniens ne possèdent pas nécessairement une intelligence mécaniste très développée. Une dominante astrologique ne suffit donc pas à elle seule : d’autres facteurs, comme des prédispositions biologiques, entrent en jeu.
Les proportions des groupes de population représentées sur le graphique sont arbitraires. L’objectif est simplement de montrer qu’une aptitude cognitive ne se superpose pas strictement à une ou plusieurs dominantes planétaires. De plus, l’intelligence n’est pas un critère binaire : elle peut exister à des degrés variables. Ici, nous nous sommes concentrés sur les individus les plus doués en intelligence « mécaniste », mais il est possible que l’ensemble du groupe marso-saturnien ait une prédisposition plus marquée pour ce type de raisonnement qu’un autre groupe d’individus de niveau cognitif comparable. Enfin, bien que cet exemple concerne une aptitude cognitive particulière, le même raisonnement peut s’appliquer à toute autre compétence ou trait comportemental remarquable.
Pour approfondir cette réflexion, observons le graphique suivant :
Soit le cercle rouge la totalité de la population marquée par la planète Mars, la planète Saturne ou bien les deux à la fois ; et le cercle bleu (Chess) la population des grands maîtres internationaux aux échecs. Enfin, le cercle vert () représente un échantillon de population lambda, censé comprendre une proportion « moyenne » d’individus ayant Mars ou Saturne ou les deux parmi leurs dominantes astrologiques.
On observe ici que la majeure partie du cercle bleu se situe à l’intérieur du cercle rouge : la plupart des joueurs d’échecs ont Mars ou Saturne (ou les deux) parmi leurs planètes dominantes. À l’inverse, la majorité du cercle vert, qui représente un échantillon lambda de la population, se trouve en dehors du cercle rouge : la part de ce groupe de référence ayant Mars ou Saturne dans les dominantes est censée correspondre à la moyenne de la population5. La taille des cercles et la proportion de leur superposition sont arbitraires, l’objectif étant d’illustrer une tendance générale.
Une fois encore, une partie des joueurs d’échecs ne se situe pas dans le cercle rouge : la dominante Mars-Saturne a une dimension collective, elle n’est donc pas une condition absolue. Le logiciel AstroStat identifie néanmoins une forte valorisation collective de ces deux planètes au sein de cette cohorte, en comparaison avec un échantillon de référence.
Pourquoi certains joueurs d’échecs n’ont-ils ni Mars ni Saturne dans leurs dominantes planétaires ? Comme mentionné précédemment, il n’y a pas de correspondance stricte entre un thème astrologique et une activité pratiquée. Les aptitudes requises pour exceller dans un domaine ne se superposent pas mécaniquement à une ou plusieurs planètes dominantes.
Dans cet exemple, la forte présence de Mars et Saturne chez les joueurs d’échecs s’explique par le fait que ces planètes favorisent une intelligence mécaniste (compréhension des mécanismes de cause à effet, anticipation des réactions…) ainsi qu’un sens de l'observation accru. Toutefois, certains individus développent ces capacités à partir d’autres facteurs astrologiques. La Relation qui s’établit entre le récepteur-Sujet et l’émetteur-Objet6 est complexe à identifier. C’est l’observation qui permettra d’évaluer l’adéquation entre les propriétés réceptives du système nerveux du sujet et les potentialités virtuelles de l’émetteur astrologique (« l’objet »).
Ce schéma met aussi en évidence une généralité importante : une survalorisation planétaire observée au sein d’un groupe pratiquant une activité donnée ne signifie pas que toutes les personnes possédant la même dominante astrologique s’y intéresseront ou la pratiqueront. Une même aptitude peut en effet s’exprimer dans différentes activités nécessitant des compétences similaires. Ainsi, une intelligence mécaniste, un froid réalisme ainsi qu’un sens de l'observation développé peuvent se retrouver dans d’autres domaines que les échecs : la technologie, l’automatisme, la construction civile…
Le lien entre le thème astrologique et des aptitudes favorisant la pratique d’une activité est complexe, incertain et multifactoriel. Les études statistiques cherchant à établir la validité de l’influence astrologique doivent être envisagées sous un angle conditionnel, probabiliste et non-linéaire.
Un avis d’expert
Nous avons mentionné que dans le cadre d’une étude astro-statistique, il est essentiel de définir une référence objective pour sélectionner les individus d’une cohorte. L’astrologue n’a pas à juger qui est le plus légitime à y figurer et il ne doit pas non plus tomber dans le piège d’interpréter leur activité à partir des résultats astro-statistiques obtenus, n’étant pas un expert de l’activité concernée.
Son rôle est strictement astrologique : il analyse le thème ainsi que les aptitudes comportementales et cognitives associées aux planètes ou signes astrologiques, tout en pouvant s’appuyer sur les travaux d’autres astrologues reconnus. Cependant, les résultats astro-statistiques obtenus doivent être confrontés aux analyses d’experts du domaine concerné. Sans cette comparaison, le risque serait d’interpréter les comportements et aptitudes du groupe uniquement à travers leur conditionnement astrologique, ce qui manquerait de rigueur et de valeur démonstrative.
Dans cet ouvrage, chaque cohorte est systématiquement analysée en parallèle avec des études d’experts et des références précises. Or, les résultats astro-statistiques obtenus ont toujours corroboré avec les observations des spécialistes. Cela confirme la pertinence des outils de l’astrologie conditionaliste, dont les analyses recoupent celles issues d’une approche empirique.
Enfin, l’étude astrologique d’une cohorte permet de mettre en évidence des corrélations avec les capacités cognitives et les aptitudes comportementales de ses membres. Elle permet également d’éclairer le rôle professionnel occupé par le groupe d’individus dans la société à un moment donné. Si l’on part du principe que les membres d’une cohorte partagent certaines caractéristiques psychologiques propres à leur activité, il est pertinent de relier leurs dominantes astrologiques au rôle qu’ils occupent dans la société contemporaine.
Les méthodes de l’astrologie conditionaliste
Enfin, les résultats astro-statistiques doivent être analysés à l’aide des concepts et outils de l’astrologie conditionaliste. Le RET, pour les formules planétaires, et le zodiaque réflexologique, applicable aux cohortes suffisamment vastes pour l’étude des signes zodiacaux, offrent une lecture précise et cohérente des résultats obtenus grâce à des outils parfaitement adaptés aux analyses astrologiques.
Comme dans d’autres disciplines, l’observation et la pratique assurent l’ancrage empirique des théories en astrologie conditionaliste. Pour les études astro-planétaires, le macroscope RET constitue une grille de lecture cohérente, permettant d’analyser les résultats statistiques de chaque planète et famille planétaire, et démontrant ainsi que le RET est bel et bien inhérent au réel astrologique.
Le RET, le zodiaque réflexologique, la théorie des âges et le référentiel SORI, entre autres concepts de l’astrologie conditionaliste, ont actualisé les connaissances anciennes en les reformulant en termes rationnels et contemporains. Ces outils nous semblent les mieux adaptés à l’étude des statistiques astrologiques, qui, par essence, se situent sur un terrain conditionnel et probabiliste.
Des cohortes de population sans résultats atypiques
Observons les résultats astro-statistiques des cohortes de population suivantes, qui une fois de plus, ne présentent aucun résultat atypique. Essayons ensuite d’en comprendre la raison.
Les footballeurs 98’
Voici la liste des joueurs de l’équipe de France sacrée championne du monde en 19987: Bernard Lama, Fabien Barthez, Lionel Charbonnier, Vincent Candela, Bixente Lizarazu, Laurent Blanc, Marcel Desailly, Lilian Thuram, Franck Leboeuf, Patrick Vieira, Youri Djorkaeff, Didier Deschamps, Zinédine Zidane, Robert Pirès, Bernard Diomède, Alain Boghossian, Emmanuel Petit, Christian Karembeu, Stéphane Guivarch, Thierry Henry, David Trezeguet, Christophe Dugarry. Leurs dates de naissance complètes sont facilement accessibles sur le web.
Les résultats astro-statistiques de cette cohorte sont les suivants :
On aperçoit donc sur le graphique qu’aucune planète astrologique ne présente de résultat atypique. Il en va de même pour les familles planétaires RET, également évaluées.
L’absence de résultats statistiques atypiques peut s’expliquer par le fait que le talent ou les qualités requises pour atteindre le plus haut niveau dans ce sport ne dépendent peut-être ni d’une planète astrologique ni d’une famille planétaire RET.
Accéder au plus haut niveau en football suppose avant tout des aptitudes physiques naturelles (référentiel biologique) en adéquation avec les exigences de ce sport : explosivité, résistance aux sprints, endurance aérobie… Il faut également prendre en compte l’investissement personnel dans cette discipline, influencé par le cadre éducatif et l’environnement de chaque joueur. Cependant, si l’on en croit nos résultats statistiques, le talent de ces footballeurs d’élite ne semble pas corrélé au thème astrologique8.
Les aviateurs français
Ces résultats statistiques concernent 19 aviateurs français9 décédés et reconnus pour leur notoriété historique, recensés sur le site Internet jesuismort.com : Fernand Andreani, Hélène Boucher, Henry Lafont, Henri Fabre, Louis Blériot, Roland Glavany, Jean Mermoz, Nadar (Gaspar-Félix Tournachon), Henri Guillaumet, André Turcat, Claude Raoul-Duval, Pierre Clostermann, Georges Guynemer, Roland Garros, Antoine de Saint-Exupéry, Bernard Ziegler, Didier Daurat, Jean Boulet et Albert Maltret.
Les résultats astro-statistiques obtenus pour cet échantillon sont présentés ci-dessous.
Comme pour d’autres cohortes de population, cette investigation ne met en évidence aucun résultat statistiquement significatif. Les qualités nécessaires au développement d’un talent en aviation ne semblent pas présenter de corrélation identifiable avec une planète ou une famille planétaire spécifique. Ces résultats suggèrent plutôt que les conditions du développement de l’expertise aéronautique repose principalement sur la robustesse physique, la régulation cognitive, la discipline et un entraînement soutenu. Ces compétences sont progressivement acquises et continuellement renforcées par des cadres institutionnels et professionnels, contribuant à une relative homogénéisation des profils individuels. Les facteurs sociologiques et existentiels influencent l’orientation de carrière et doivent être pris en compte parallèlement aux analyses astrologiques.
Les cuisiniers 3 étoiles
Ces résultats statistiques concernent les 26 chefs français triplement étoilés au Guide Michelin en 2020, dont la DN complète est connue : Georges Blanc, Régis Marcon, Emmanuel Renaut, Eric Pras, Bernard Pacaud, Yannick Alléno, Frédéric Anton, Arnaud Lallement, Gilles Goujon, Alain Ducasse, Anne-Sophie Pic, Gérald Passédat, Michel Guérard, Guy Savoy, Pierre Gagnaire, Eric Fréchon, Christian Le Squer, Arnaud Donckele, Alain Passard, René Meilleur, Maxime Meilleur, Michel Troisgros, Christophe Bacquié, Laurent Petit, Christopher Coustanceau, Glenn Viel.
Les résultats statistiques sont les suivants :
Une fois de plus, le graphique ne met en évidence aucun résultat atypique. Il n’existe donc aucun lien entre cette activité et une planète astrologique ou une famille RET, ces dernières ayant également été testées. Pour approfondir l’étude des chefs triplement étoilés, il serait pertinent d’examiner leur conditionnement de vie : milieu d’origine, influences éducatives, premiers modèles…
Une autre piste de réflexion mérite attention : plusieurs chefs de cette liste sont des « fils de », ayant hérité de recettes étoilées et appris à les reproduire. Dès lors, faut-il constituer une cohorte regroupant tous les chefs trois étoiles, ou bien une distincte ne comprenant que ceux ayant obtenu cette distinction par eux-mêmes ?
Les politiciens populaires
L’investigation qui suit porte sur les 30 politiciens les plus suivis sur Twitter10 au 1er octobre 2022. À défaut d’un classement objectif de « performance » dans ce domaine, cette liste constitue un bon indicateur de la popularité des hommes et femmes politiques contemporains, notamment auprès des jeunes, majoritaires sur ce réseau social.
La liste des personnalités politiques les plus populaires est la suivante : Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Anne Hidalgo, Manuel Valls, Alain Juppé, Najat Vallaud-Belkacem, Edouard Philippe, Benoît Hamon, Christiane Taubira, Ségolène Royal, Christine Lagarde, Nathalie Kosciusko Morizet, François Bayrou, Bruno Le Maire, François Fillon, Fleur Pellerin11, Marion Maréchal, Valérie Pécresse, Arnaud Montebourg, Olivier Véran, Cécile Duflot, Christophe Castaner, Jean Castex, Laurent Wauquiez, Gérald Darmanin, Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot.
Les résultats astro-statistiques des politiciens sont les suivant :
Encore une fois, aucun résultat atypique ne ressort de cette investigation : tous les résultats se situent dans une zone de probabilité « normale ». Comment expliquer cette absence de corrélation ? Bien que ces figures politiques aient des parcours variés, la politique de haut niveau requiert des compétences communes : aisance oratoire, capacité à convaincre, maîtrise de son image publique… ainsi que certaines aptitudes comportementales, comme un esprit associatif développé et la faculté à bien s’entourer.
Or, ces compétences et aptitudes sont relativement générales et peuvent se retrouver chez des individus ayant des thèmes astrologiques très différents. Elles pourraient être influencées non par une seule planète dominante, mais par plusieurs, ce qui diluerait leur impact statistique. En effet, la probabilité que l’une ou l’autre de ces supposées planètes soit valorisée dans un thème natal est alors élevée, rendant peu probable la mise en évidence de résultats statistiquement significatifs au sein d’une telle cohorte.
Une autre hypothèse mérite d’être explorée : la grande majorité de ces politiciens nationaux sont issus de milieux sociaux très privilégiés et ont grandi dans des environnements où la politique occupait une place centrale. Dès leur plus jeune âge, ils ont été en contact avec des personnes évoluant dans ces sphères et ont ainsi développé les compétences nécessaires à leur carrière. Il est parfois difficile de distinguer ce qui relève du conditionnement astrologique individuel de ce qui provient principalement du milieu socioculturel d’origine.
Notes
1 Les noms des hauts fonctionnaires mentionnés, dont les DN sont faciles à retrouver sur Internet, proviennent de la page dédiée sur le site vos-celebrites.fr (rubrique « hauts fonctionnaires »).
2 Lire à ce sujet « La correction de l’heure de naissance », Richard Pellard, Astroariana.com.
3 L’étude portait sur une cohorte de 26 architectes récompensés par le « Grand prix national de l’architecture ».
4 Cet exemple est inspiré des grands maîtres aux échecs, qui ont Mars et Saturne collectivement survalorisés. Certains grands maîtres n’ont pourtant ni l’une ni l’autre de ces planètes dominantes dans leur thème astrologique. Autre exemple : la planète Uranus est surreprésentée chez les médaillés Fields, mais certain (très peu) ne sont pas uraniens.
5 On part du postulat qu’il y a environ 38 % de personnes qui ont n’importe quelle planète forte dans leur thème astrologique. L’addition de l’étendue des zones d’angularités AS, MC, DS, FC donne en effet 138°, que l’on divise par 360, ce qui donne : 138/360 = 38,3%.
6 Voir « Introduction au système S.O.R.I », Richard Pellard, AstroAriana.com.
7 À noter que trois d’entre eux sont nés à l’étranger et n’ont pas été comptabilisés dans l’étude (heure de naissance inconnue) : M. Desailly, P. Vieira, C. Karembeu.
8 Une investigation statistique a également été menée avec l’équipe de France de football championne du monde 2018. Celle-ci n’a de même fait ressortir aucun résultat atypique.
9 Joseph de Montgolfier, Jacques de Montgolfier et Robert Sénéchal n’ont pas été inclus dans l’analyse, leur heure de naissance étant inconnue.
10 Source : site Internet politologue.com.
11 Fleur Pellerin n’est pas comptabilisée dans l’étude : celle-ci étant née en Corée du Sud, sa DN complète n’est pas connue.