Protocole de hiérarchisation d’AstroMap
Par Manuel da Costa — GéoAstro
Les Planètes dans le thème
Premier critère : l’angularité
Dans un thème astrologique, les planètes n’occupent pas toutes la même position dans le ciel au moment de la naissance.
Le premier critère de hiérarchisation du thème est l’angularité, c’est-à-dire la proximité d’une planète avec les grands axes locaux :
- l’horizon (Ascendant – Descendant),
- le méridien (Milieu du Ciel – Fond du Ciel).
Plus une planète est proche de l’un de ces axes, plus sa position est dite angulaire, et plus son poids est considéré comme important dans l’analyse.
Les positions des planètes sont d’abord calculées dans le référentiel de la sphère locale, qui décrit la position réelle des astres dans le ciel pour un observateur donné, à un lieu et un instant précis.
Ces positions sont ensuite projetées en domitude réelle à l’aide du système de domification placidienne, qui repose sur la tripartition temporelle des arcs diurnes et nocturnes, et permet de traduire la rotation réelle du ciel en maisons astrologiques.
Cette méthode vise à restituer des positions aussi proches que possible de la réalité astronomique apparente, plutôt qu’un simple découpage géométrique abstrait.
Afin d’évaluer concrètement l’angularité, le logiciel AstroMap définit des zones précises, basées sur la proximité des planètes avec les axes locaux, en domitude réelle. Les zones d’angularité sont définies comme suit :
Zone 1 : première moitié de la Maison I, 2 derniers tiers de la Maison XII
Zone 2 : premiers 18° de la Maison X, 2 derniers tiers de la Maison IX
Zone 3 : 2 premiers tiers de la Maison VII, 2e moitié de la Maison VI
Zone 4 : 1re moitié de la Maison IV, 2e moitié de la Maison III
Zone 5 : premier tiers de la Maison XII
Zone 6 : premier tiers de la Maison IX
Zone 7 : deuxième moitié de la Maison I
Zone 8 : 12 derniers degrés de la Maison X
Zone 9 : dernier tiers de la Maison VII
Zone 10 : première moitié de la Maison VI
Zone 11 : première moitié de la Maison III
Zone 12 : seconde moitié de la Maison IV
Zone 13 : toute la Maison XI
Zone 14 : toute la Maison VIII
Zone 15 : toute la Maison II
Zone 16 : toute la Maison V
Une fois les zones d’angularité définies, celles-ci sont hiérarchisées de manière ordinale. Dans ce classement :
les planètes situées en zone 1 (proximité de l’Ascendant) sont prioritaires,
puis viennent celles de la zone 2 (proximité du Milieu du Ciel),
suivies des planètes en zone 3 (proximité du Descendant),
et enfin de celles en zone 4 (proximité du Fond du Ciel).
À l’intérieur d’une même zone, la planète la plus proche de l’angle l’emporte sur la moins proche. Lorsque deux planètes se trouvent à distance équivalente d’un angle, elles sont départagées selon une hiérarchie planétaire naturelle, fondée sur leur vitesse apparente relative.
Cette hiérarchie est la suivante : Lune, Soleil, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune, Pluton.
Deuxième critère : les aspects interplanétaires
(Calculés dans la sphère locale)
Le deuxième critère de hiérarchisation repose sur les aspects interplanétaires, c’est-à-dire les relations géométriques entre les planètes.
Contrairement aux approches classiques fondées sur une simple comparaison des longitudes écliptiques, les aspects sont ici calculés à partir de la position réelle des planètes dans la sphère locale.
Ces positions sont décrites par leurs coordonnées équatoriales (et notamment leur déclinaison), ce qui permet de tenir compte de la disposition effective des astres dans le ciel pour un observateur donné.
Cette approche vise à évaluer des relations planétaires astronomiquement cohérentes, plutôt qu’un simple alignement symbolique sur le zodiaque.
Les aspects sont hiérarchisés de la manière suivante :
- Conjonction
- Opposition
- Carré
- Trigone
- Sextile
Cette hiérarchie est utilisée pour départager les planètes lorsque plusieurs relations sont présentes.
Les aspects ne sont pas évalués de façon stricte, mais à l’aide d’orbes, c’est-à-dire des marges angulaires autorisées autour de l’aspect exact.
Ces orbes varient selon la nature des planètes impliquées :
| Groupes | Orbes | ||
|---|---|---|---|
| Conjonctions/ Oppositions |
Carrés/ Trigones |
Sextiles | |
| (Groupe 1) Aspects entre : Lune, Soleil, Mercure, Vénus, Mars | 18° | 9° | 5° |
| (Groupe 2) Aspects entre : Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune, Pluton | 14° | 7° | 3° |
| Aspects entre groupe 1 et groupe 2 | 16° | 8° | 4° |
Deux groupes de planètes sont considérés :
1er groupe (rapides) : Lune, Soleil, Mercure, Vénus, Mars
2e groupe (moins rapides / lentes) : Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune, Pluton
Thèmes angulaires et non angulaires
On distingue deux types de thèmes astrologiques selon la présence ou l’absence de planètes angulaires :
Thèmes angulaires : ils comportent au moins une planète située dans l’une des zones 1 à 4, c’est-à-dire à proximité des axes locaux principaux ;
Thèmes non angulaires : ils ne comportent aucune planète située dans ces zones angulaires.
Cas des thèmes avec planètes angulaires
Lorsqu’un thème comporte une ou plusieurs planètes angulaires, la hiérarchisation s’effectue en trois étapes successives :
-
Recherche des planètes proches des axes (planètes dominantes)
À partir du thème de domitude, les planètes situées à proximité de l’Ascendant, du Milieu du Ciel, du Descendant et du Fond du Ciel sont identifiées et classées selon les critères d’angularité précédemment définis. -
Classement des planètes en aspect avec les planètes angulaires (planètes sous-dominantes)
Les planètes formant des aspects avec les planètes dominantes sont ensuite hiérarchisées selon la nature et la hiérarchie des aspects décrites plus haut. -
Classement des planètes restantes (planètes non dominantes)
Les planètes ne présentant aucun aspect avec les planètes angulaires sont enfin classées selon leur position en zone et la hiérarchie planétaire déjà mentionnée.
Cas des thèmes sans planètes angulaires
Lorsqu’aucune planète ne se situe à proximité des axes, la hiérarchisation repose principalement sur la présence éventuelle d’amas planétaires et sur les aspects formés.
La procédure s’effectue en plusieurs étapes :
-
Recherche d’amas planétaires
Le thème est d’abord examiné afin d’identifier d’éventuels amas, définis comme des groupes d’au moins trois planètes en conjonction, selon les orbes précédemment définis.
En cas de présence de plusieurs amas, celui qui contient la planète la plus rapide est considéré comme prioritaire. -
Classement des planètes au sein des amas
Les planètes composant chaque amas sont hiérarchisées selon la hiérarchie planétaire de référence (définie plus haut). -
Traitement successif des amas
Lorsque plusieurs amas sont présents, le même classement est appliqué successivement à chacun d’eux. -
Classement des planètes en aspect avec les amas
Les planètes formant des aspects avec les amas sont ensuite hiérarchisées selon la hiérarchie et le nombre des aspects, conformément aux règles déjà exposées. -
Classement des planètes restantes
Enfin, les planètes ne présentant aucun aspect avec les amas sont classées selon leur position dans les zones non angulaires, puis départagées à l’aide de la hiérarchie planétaire.
Les familles R.E.T.
Une fois la hiérarchie planétaire établie, celle-ci est utilisée pour déterminer la hiérarchie des familles R.E.T.
Chaque famille est évaluée à partir des planètes qui la composent.
Principe général de classement des familles
Pour chaque famille R.E.T. :
on reprend le rang obtenu par chacune des planètes de la famille dans la hiérarchie planétaire;
on additionne ces rangs.
La famille dont la somme est la plus faible est considérée comme la plus dominante.
La famille dont la somme est la plus élevée est considérée comme la plus faible.
Ce principe permet de transposer directement la hiérarchie planétaire vers une hiérarchie des familles, de manière cohérente et reproductible.
Cas d’égalité entre familles : Lorsque deux familles obtiennent un total identique, elles sont départagées selon l’ordre de priorité suivant :
p > R > r > P > e > E > t > T
Cas particulier de la Lune
La Lune constitue un cas spécifique, car elle représente à elle seule une famille distincte : le pouvoir intensif (p).
En théorie, on pourrait être tenté de multiplier son rang planétaire par trois afin de la rendre comparable aux familles composées de trois planètes.
Cependant, cette méthode risquerait soit de surévaluer la Lune, soit de la sous-évaluer, en raison de la dispersion des rangs des autres planètes au sein des familles RET.
Pour éviter ce biais, une règle simple et stable est retenue :
le rang RET de la Lune est identique à son rang dans la hiérarchie planétaire ;
Dès lors, si la Lune est classée n°1 à n°7 en hiérarchie planétaire, elle conserve ce même rang en RET ; si elle est classée n°8, n°9 ou n°10, elle est ramenée au rang n°8 en RET.
Cette règle permet de préserver le poids spécifique de la Lune sans créer de déséquilibre artificiel.
Rappel des familles R.E.T.
Familles extensives
Représentation extensive (R) : Soleil, Vénus, Mercure
Existence extensive (E) : Jupiter, Mars, Saturne
Transcendance extensive (T) : Uranus, Neptune, Pluton
Familles intensives
Représentation intensive (r) : Soleil, Jupiter, Uranus
Existence intensive (e) : Vénus, Mars, Neptune
Transcendance intensive (t) : Mercure, Saturne, Pluton
Familles du pouvoir
Pouvoir extensif (P) : Soleil, Mars, Pluton
Pouvoir intensif (p) : Lune
Le losange R.E.T.
Le losange R.E.T. est un outil de synthèse visuelle. Il permet de représenter rapidement la structure hiérarchique du thème. Les planètes sont réparties dans le losange selon trois niveaux visuels :
- cases noires : planètes dominantes,
- cases grises : planètes sous-dominantes,
- cases blanches : planètes non dominantes.
Le losange R.E.T. ne constitue pas un critère de hiérarchisation supplémentaire. Il synthétise visuellement les positions planétaires du thème, en distinguant les planètes les plus valorisées, celles de niveau intermédiaire, puis les plus faiblement valorisées, conformément aux hiérarchies établies précédemment.
Thèmes avec planètes angulaires
Lorsque le thème comporte une ou plusieurs planètes angulaires, la construction du losange suit les règles suivantes :
-
Cinq planètes angulaires ou plus
Les cinq premières planètes angulaires occupent des cases noires. Les trois planètes suivantes sont placées en cases grises, les restantes en cases blanches. -
Quatre planètes angulaires
Les quatre planètes angulaires occupent des cases noires. Les trois planètes suivantes, des cases grises, les restantes des cases blanches. -
Trois planètes angulaires
Les trois planètes angulaires occupent des cases noires. Les quatre suivantes occupent des cases grises, les restantes des cases blanches. -
Deux planètes angulaires
Les deux planètes angulaires occupent des cases noires.
Une troisième planète complète le noyau dominant du losange, prioritairement lorsqu’elle est reliée à une planète angulaire par un aspect majeur, ou à défaut selon l’ordre hiérarchique.
Les quatre planètes suivantes occupent des cases grises, les restantes des cases blanches. -
Une seule planète angulaire
Les deux planètes suivantes dans la hiérarchie occupent également des cases noires. Les quatre suivantes sont placées en cases grises, les restantes en cases blanches.
Thèmes sans planètes angulaires
Lorsqu’aucune planète n’est angulaire :
- les quatre premières planètes de la hiérarchie occupent des cases noires,
- les trois suivantes des cases grises,
- les restantes des cases blanches.
Les signes zodiacaux
La position réelle dans la sphère locale
La hiérarchisation des Signes est basée sur la position réelle des planètes dans la sphère locale. Cette position est notamment décrite par la déclinaison, qui mesure l’orientation nord–sud d’un astre par rapport à l’équateur céleste.
Ainsi, une planète située en Bélier en longitude écliptique par exemple, peut présenter une déclinaison correspondant au signe des Poissons (position plus basse) ou du Taureau (position plus élevée).
Le tableau ci-dessous donne la déclinaison associée à chaque Signe, et met en évidence les variations progressives du mouvement nord–sud tout au long du zodiaque.
| Longitude | Signe | Déclinaison | Accroissement |
|---|---|---|---|
| 0° | Bélier | 0° | +11°48’ N |
| 30° | Taureau | +11°48’ N | +8°68’ N |
| 60° | Gémeaux | +20°16’ N | +3°29’ N |
| 90° | Cancer | +23°45’ N | -3°29’ N |
| 120° | Lion | +20°16’ N | -8°68’ N |
| 150° | Vierge | +11°48’ N | -11°48’ N |
| 180° | Balance | 0° | +11°48’ S |
| 210° | Scorpion | -11°48’ S | +8°68’ S |
| 240° | Sagittaire | -20°16’ S | +3°29’ S |
| 270° | Capricorne | -23°45’ S | -3°29’ S |
| 300° | Verseau | -20°16’ S | -8°68’ S |
| 330° | Poissons | -11°48’ S | -11°48’ S |
Pondération des planètes dans chaque Signe
L’importance relative des Signes du zodiaque dans un thème astrologique dépend :
des planètes qui s’y trouvent,
de leur vitesse respective (planètes rapides, moyennes ou lentes),
et de leur position réelle dans la hiérarchie individuelle.
Ce système de pondération repose sur un principe empirique : les planètes rapides (Lune, Soleil, Vénus, Mercure), ainsi que celles occupant les rangs les plus élevés dans la hiérarchie, individualisent davantage le thème et influencent plus directement les comportements et l’expression visible d’un Signe.
Pour chaque thème, on applique la pondération correspondante selon le tableau ci-dessous et on additionne les points par Signe. Le/les Signe(s) dominant(s) est/sont celui/ceux dont le total de points est le plus élevé.
Chaque planète apporte un nombre de points fixe au Signe qu’elle occupe.
Pondération par planète :
Signe de la Lune : 10 points
Signe du Soleil : 9 points
Signe de Mercure : 8 points
Signe de Vénus : 7 points
Signe de Mars : 6 points
Signe de Jupiter : 5 points
Signe de Saturne : 4 points
Signe d’Uranus : 3 points
Signe de Neptune : 2 points
Signe de Pluton : 1 point
Pondération selon la hiérarchie planétaire :
Un second apport de points est ajouté en fonction du rang obtenu par chaque planète dans la hiérarchie planétaire :
Signe de la planète n°1 : 10 points
Signe de la planète n°2 : 9 points
Signe de la planète n°3 : 8 points
Signe de la planète n°4 : 7 points
Signe de la planète n°5 : 6 points
Signe de la planète n°6 : 5 points
Signe de la planète n°7 : 4 points
Signe de la planète n°8 : 3 points
Signe de la planète n°9 : 2 points
Signe de la planète n°10 : 1 point
Les points issus de la planète elle-même et ceux issus de sa hiérarchie sont ensuite additionnés pour chaque Signe.
Lorsque deux Signes obtiennent un score identique, ils sont départagés selon les règles suivantes, appliquées dans l’ordre :
- Le Signe contenant le plus grand nombre de planètes est prioritaire.
-
À égalité, le Signe contenant le plus de planètes rapides l’emporte. Si nécessaire, on applique l’ordre planétaire.
Exemple : un Signe contenant Lune–Mercure–Neptune l’emporte sur un Signe contenant Soleil–Jupiter–Saturne. - En dernier recours, on applique l’ordre planétaire suivant (défini en début d’article) : Lune > Soleil > Mercure > Vénus > Mars > Jupiter > Saturne > Uranus > Neptune > Pluton.
Les familles zodiacales
Les familles zodiacales ne font pas l’objet d’un calcul autonome dans AstroMap. Elles doivent être déduites directement de la hiérarchisation des Signes.
Autrement dit, les familles dominantes d’un thème résultent des Signes dominants identifiés précédemment.
Rappel des familles zodiacales
Excitation / inhibition
Force d’excitation (F+) : Bélier, Gémeaux, Lion, Balance, Sagittaire, Verseau
Force d’inhibition (F−) : Taureau, Cancer, Vierge, Scorpion, Capricorne, Poissons
Mobilités
Vitesse d’excitation (V+) : Bélier, Taureau, Gémeaux
Lenteur d’excitation (L+) : Cancer, Lion, Vierge
Vitesse d’inhibition (V−) : Balance, Scorpion, Sagittaire
Lenteur d’inhibition (L−) : Capricorne, Verseau, Poissons
Phases
Sens des contraires (SC) : Bélier, Vierge, Balance, Poissons
Sens des dosages (SD) : Taureau, Lion, Scorpion, Verseau
Sens des ensembles (SE) : Gémeaux, Cancer, Sagittaire, Capricorne
Ce protocole constitue le socle méthodologique d’AstroMap : il définit une hiérarchisation cohérente, reproductible et non redondante des éléments du thème, depuis les positions planétaires réelles jusqu’à leurs positions zodiacales.