Ils ont gagné un Grand Prix

Les pilotes de Formule 1

Par Manuel da Costa — GéoAstro

Sous l’égide de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), la Formule 1 est un championnat de courses se déroulant sur circuits fermés. Les monoplaces, conçues avec les technologies les plus avancées, atteignent des vitesses vertigineuses.

Organisés depuis 1950, les Grands Prix du championnat du monde de Formule 1 font aujourd’hui partie des évènements sportifs les plus médiatisés. Parmi les pilotes français ayant participé à l’une de ces épreuves, douze ont remporté au moins un Grand Prix, dont l’un d’eux, Alain Prost, a décroché le titre de champion du monde à quatre reprises.

Ces performances exceptionnelles résultent-elles uniquement du talent et de l’entraînement, ou certains facteurs plus subtils, comme les configurations astrologiques, influencent-ils également les prédispositions dans ce domaine ? Les pilotes de Formule 1 présentent-ils des dominantes planétaires particulières par rapport à l’ensemble de la population, tout comme les médaillés Fields ou les joueurs d’échecs de niveau international ?

Une fois encore, nous nous appuierons sur l’outil statistique pour analyser l’influence des astres sur les comportements humains et explorer la question de l’objectivité de l’influence astrologique.

Une influence astrologique conditionnelle

L’analyse statistique en astrologie permet d’identifier d’éventuelles corrélations entre certaines dominantes planétaires et zodiacales et le domaine d’activité d’un individu. Cependant, un thème astrologique reflète avant tout la psychologie et les comportements, plutôt que les aptitudes professionnelles.

En effet, au sein d’un même domaine d’activité, les individus présentent des profils psychologiques et comportementaux variés, reflétant des influences astrologiques propres à chacun. De même, parmi les personnes possédant des aptitudes cognitives spécifiques, on peut retrouver diverses dominantes astrologiques. L’influence du thème astrologique n’est ni mécaniste ni déterministe, elle dépend avant tout des capacités d’intégration du sujet, qui interprète celle-ci à travers son propre système nerveux.

Chez les personnes exerçant une activité très spécialisée ou possédant des aptitudes cognitives exceptionnelles, certaines configurations astrologiques peuvent néanmoins apparaître plus ou moins fréquemment que dans le reste de la population. En réunissant un groupe d’individus selon des critères très sélectifs, il est possible d’observer un effet astrologique significatif.

De manière générale, certaines aptitudes (professionnelles, cognitives ou autres) peuvent être corrélées à des dominantes planétaires ou zodiacales. La condition sera toutefois que le système nerveux du sujet chez qui sont dominants ces planètes ou signes en favorise l’expression. C’est pourquoi si l’on veut observer un effet astrologique significatif, il est préférable que le critère de sélection des DN (données de naissance) soit le plus précis possible. Les résultats statistiques seront également d’autant plus probants si les individus réunis dans la cohorte étudiée appartiennent à l’élite d’une activité donnée.

Pour évaluer un effet astrologique au sein d’un groupe, on peut estimer qu’environ 38 %1 des individus ont une planète angulaire (Mars, Jupiter, Mercure…) ou fortement positionnée dans leur hiérarchie planétaire. En réunissant des groupes d’individus au hasard toutefois, on n’obtiendra jamais ou presque ce résultat exact. En effet, selon le hasard, les résultats seront parfois supérieurs (45, 50, 55 %...), parfois inférieurs (35, 30, 25 %...). La question, dès lors, est de déterminer à partir de quel seuil un écart statistique devient significatif, suggérant une influence astrologique au-delà du simple hasard.

Les fous du volant

La cohorte de population réunit les douze pilotes français ayant remporté au moins un Grand Prix au championnat du monde de Formule 1. Le choix des DN est donc suffisamment sélectif pour espérer observer des résultats astrologiques significatifs, bien que le nombre d’individus sélectionnés soit restreint.

Les pilotes de F1 français sélectionnés sont les suivants :

  • Alain Prost, né le 24 février 1955 à 11h45 à Lorette
  • René Arnoux, né le 04 juillet 1948 à 21h30 à Pontcharra
  • Jacques Laffite, né le 21 novembre 1943 à 22h15 à Paris
  • Didier Pironi, né le 26 mars 1952 à 05h40 à Villecresnes
  • Maurice Trintignant, né le 30 octobre 1917 à 08h00 à Sainte-Cécile-les-Vignes
  • Patrick Depailler, né le 09 aout 1944 à 14h00 à Clermont-Ferrand
  • Jean-Pierre Jabouille, né le 1er octobre 1942 à 03h55 à Paris
  • Patrick Tambay, né le 25 juin 1949 à 14h30 à Paris
  • François Cevert, né le 25 février 1944 à 04h00 à Paris
  • Jean-Pierre Beltoise, né le 26 avril 1937 à 07h15 à Boulogne-Billancourt
  • Jean Alesi, né le 11 juin 1964 à 19h00 à Avignon
  • Olivier Panis, né le 02 septembre 1966 à 13h15 à Lyon
Thème astrologique d’Alain Prost

À titre d’exemple, Alain Prost est né sous une dominante Soleil-Mercure au Milieu-du-Ciel en carré à Saturne proche du Descendant et opposé à Pluton au Fond-du-Ciel, le tout sur fond hivernal (Poissons et Verseau). Les familles planétaires dominantes sont « R » et « t » : Représentation extensive et transcendance intensive.

Cela révèle une personnalité à la fois sociable et communicative (« R » de Soleil-Mercure), tout en étant animée par un profond scepticisme, une tendance à la remise en question et un esprit critique affûté (« t » de Mercure, Saturne et Pluton).

Les planètes dominantes des pilotes de F1

Le logiciel AstroStat

Le logiciel AstroStat analyse les données astrologiques des pilotes de Formule 1 en évaluant la probabilité qu’un groupe aléatoire obtienne des résultats similaires. Pour cela, il génère 10 000 simulations en redistribuant aléatoirement les dates et heures de naissance, puis confronte les dominantes planétaires observées avec le groupe de pilotes aux valeurs attendues par hasard afin de déterminer la pertinence statistique des écarts.

L’évaluation des données est effectuée à partir des rangs moyens des planètes (de 1 à 10) et des familles planétaires (de 1 à 8). Un résultat dont la probabilité est inférieure à 5 % est jugé trop improbable pour être dû au hasard, indiquant ainsi un effet astrologique.2

Des valorisations planétaires anormales

Les graphiques suivants présentent les probabilités d’obtenir les valorisations des planètes et des familles planétaires RET observées chez les pilotes de F1, en comparaison aux répartitions normales.

Les dominantes planétaires

Ce graphique présente, en ordonnée, la probabilité (comprise entre 0 % et 100 %) d’obtenir un rang hiérarchique planétaire moins élevé à partir de répartitions aléatoires. En abscisse figurent les planètes du thème astrologique, de la Lune à Pluton.

Chaque barre correspond à une planète et reflète la probabilité observée par rapport aux simulations aléatoires. Les valorisations correspondant aux lois du hasard (entre 5 % et 95 %) apparaissent en bleu, les sous-valorisations en gris et les survalorisations en orange.

Chez les pilotes de F1, deux planètes présentent un résultat atypique :

  • La Lune est sous-valorisée : 3,3 chances sur 100 ;
  • Pluton est survalorisé : 98,2 chances sur 100.

Ainsi, par rapport à un échantillon aléatoire, il y a environ 3 chances sur 100 d’observer une valorisation moindre de la Lune et environ 98 chances sur 100 pour Pluton.

Les familles planétaires RET

Le graphique suivant indique la probabilité d’obtenir, pour chaque famille planétaire RET, une valorisation inférieure à celle observée, selon la même méthode.

Il se lit de la même manière que les précédents, en présentant les probabilités associées à chaque famille RET, exprimées en pourcentage.

Une seule famille planétaire présente un résultat atypique :

  • La famille « pouvoir intensif » (p) est sous-valorisée : 1,5 chances sur 100.

Comparé à un échantillon de population aléatoire, il y a environ 1,5 chances sur 100 d’observer une valorisation moins importante de la famille pouvoir intensif.

Les profils planétaires des pilotes de Formule 1

Une réalité immersive

Pluton est la seule planète présentant une survalorisation chez les pilotes de Formule 1. Selon l’astrologie conditionaliste, Pluton part du niveau source Transcendance extensive (« T ») et se dirige vers le niveau but transcendance intensive (« t »). Il s’agit d’un passage du multiple, des réalités invisibles et complexes, vers les interrogations, les hypothèses et les perspectives inédites.

Comment expliquer la survalorisation de cette planète astrologique chez les pilotes de Formule 1 ? En quoi Pluton favorise-t-il l’atteinte du plus haut niveau dans cette discipline de sport automobile ?

Citons ce court texte psychologique à propos de Pluton2 : « La fonction plutonienne “tT” (transcendance de la Transcendance) », Richard Pellard, Astroariana.com : « Maintenir ses mystères cachés, son authenticité d’être inexprimable en mots et en actes. Être en quête d’objectivité absolue, de lucidité maximale. Ne se faire d’illusion et n’avoir d’à priori sur rien ni personne. Se placer en dehors de tout référentiel : choisir sa vérité, ses valeurs, sa voie en fonction d’une auto-connaissance instinctive impossible à définir, justifier ou partager. Être chez soi et en soi dans l’inconnu, l’ombre, le complexe. S’absenter du monde, se replier dans d’indicibles et impraticables profondeurs. Être froid, sceptique, marginal, réfractaire à tout embrigadement ou idée reçue ».

Du point de vue du sujet, Pluton sensibilise à son univers intérieur, aux profondeurs de la psyché, à l’être en soi. Elle favorise une intense capacité d’intériorisation et rend réceptifs aux signaux les plus subtils : méandres de la vie intérieure, murmures du subconscient, perception fine des détails de l’environnement, intuition du long terme et des complexités du réel…

Le pilote de Formule 1 conduit un véhicule de haute performance sur un circuit fermé, à une vitesse moyenne dépassant les 230 km/h et avec des pointes pouvant atteindre 365 km/h. Dans son cockpit, il interagit dans un espace tridimensionnel à grande vitesse, sans réellement que cette réalité soit palpable. Dans cet univers immersif, le pilote doit fournir des efforts intenses et subit des contraintes physiques inhabituelles (accélération centrifuge), tout en maintenant une concentration absolue sur son environnement.

Selon un entretien accordé par Ayrton Senna3, piloter une Formule 1 représente également un effort psychologique considérable. Le pilote doit être capable de se plonger dans sa bulle, de faire le vide dans son esprit et de s’abstraire de toute considération étrangère. Il doit faire preuve d’une grande résistance nerveuse, être capable d’évaluer avec précision tous les éléments entrant dans son champ de conscience, pressentir le comportement des autres pilotes, anticiper intuitivement tous les obstacles, estimer la vitesse à laquelle il approche un objectif…

Dans cet environnement quasi-virtuel où tout se joue à vitesse accélérée, ce ne sont plus les muscles ni les sens qui dirigent l’action, ni même une relation rationnelle avec son environnement, mais plutôt des réflexes intuitifs, une immersion totale dans une réalité physique pressentie plus que perçue. Les pilotes décrivent un état où le subconscient prend le dessus, où seuls les instincts dominent et où ils doivent réagir par des réflexes automatiques.

Astrologiquement, la fonction plutonienne favorise plus que toute autre cette capacité à s’isoler dans sa bulle et à rester concentré sur son champ de perception cognitif. Survalorisée chez les pilotes de F1, elle renforce leur capacité à agir instinctivement et à développer des réflexes intuitifs adaptés aux exigences de la course. La planète favoriserait cette intelligence « intrapersonnelle » associée à l’introspection, à la capacité de résister à la pression et anticiper mentalement toutes les possibilités qui pourraient survenir.

Enfin, il est généralement admis que les pilotes de haut niveau possèdent une intelligence visuelle-spatiale développée, condition essentielle pour développer son talent dans leur sport. Celle-ci se définit comme la capacité à se représenter mentalement l’espace, à visualiser des formes, à projeter des images mentales et à repérer des structures. Les personnes dotées de cette intelligence possèdent généralement une bonne mémoire visuelle et un sens aigu des perspectives et des proportions, rappelant les attributions psychologiques de la famille Transcendance extensive (« T ») à laquelle appartient Pluton.

Un instinct de conservation refoulé

La Lune, ainsi que la famille RET « pouvoir intensif », est sous-valorisée chez les pilotes de Formule 1 ayant gagné un circuit lors d’un championnat du monde. On observe donc une redondance de la faiblesse de la fonction lunaire.

Selon l’astrologie conditionaliste, la Lune est une famille planétaire à elle toute seule, contrairement aux autres planètes qui elles, forment des familles par trio. À ce titre, la fonction lunaire joue un rôle de globalisation et d’harmonisation des autres fonctions RET disparates. Elle forme un ensemble homogène par opposition aux fragments planétaires hétérogènes, un RET intensif par rapport au RET extensif des planètes.

Psychologiquement, lorsque la Lune est dominante dans le thème natal, elle sensibilise l’individu à sa tranquillité d’être, à sa plénitude et son bien-être. Elle lui fera privilégier les voies sécurisantes, sans accrocs et qui lui permettent de maintenir son équilibre. Lorsqu’au contraire la Lune est faible dans la hiérarchie planétaire, comme c’est le cas chez les pilotes de Formule 1, l’individu peut avoir du mal à ménager sa santé mentale et physique, minimise les risques liés au surmenage et aux luttes de l’existence.

Ce manque d’instinct de conservation peut aller chez certains jusqu’à entraîner différents déséquilibres personnels : baisse de forme, anxiété, état de stress, dégradation de la santé…

Chez les pilotes de F1, la faible influence de la Lune (et du pouvoir intensif) reflète probablement un déni du danger inhérent à un sport automobile, qui consiste à conduire à des vitesses extrêmes. Peu enclins à se protéger des dangers extérieurs (Lune faible), les pilotes sous-estiment les risques liés à la Formule 1, où chaque accident peut être fatal.

Parmi les douze pilotes étudiés, deux ont tragiquement perdu la vie sur un circuit : François Cevert, lors des essais du Grand Prix des États-Unis à Watkins Glen en 1973, et Patrick Depailler, lors d’essais privés à Hockenheim en 1980, après une sortie de route à 280 km/h.

Parmi les autres pilotes de notre étude, Maurice Trintignant est victime d’un terrible accident en 1948 lors du Grand Prix de Suisse ; Jean-Pierre Beltoise tombe dans le coma et subit une grave blessure au bras gauche après un accident sur un circuit à Reims en 1964 ; Jean-Pierre Jabouille, lui, se fracture les deux jambes à la suite d’une rupture de suspension qui l’envoie contre un mur lors du Grand Prix du Canada en 1980 ; Didier Pironi subit un terrible accident lors du Grand Prix d’Allemagne en 1982, qui mettra fin à sa carrière ; Jacques Laffite fut gravement blessé durant le Grand Prix de Grande-Bretagne en 1986...

Collectivement marqués par une faible influence lunaire, les pilotes de Formule 1 semblent refuser toute notion de sécurité, les rendant prêts à tous les excès et diminuant leur instinct de conservation. Inconscient des situations qui peuvent les mettre en danger, ils foncent à des vitesses les plus élevées possibles avec pour seul objectif de gérer efficacement une course, sans toujours mesurer les risques encourus.

Évidemment, une faible influence lunaire ou du pouvoir intensif dans un thème astrologique ne signifie pas nécessairement une propension à se mettre en danger. C’est la pratique d’une activité comme la F1 qui exige du pilote, pour pouvoir vivre sa passion, qu’il soit le moins possible marqué par ces dispositions lunaires incitant à tenir compte de ses propres limites, savoir réguler son énergie, ménager ses forces et récupérer.

Une dialectique pouvoir intensif-Pouvoir extensif

Les planètes formant les familles « Pouvoir extensif » (Soleil-Mars-Pluton) et « pouvoir intensif » (Lune) favorisent différents états de concentration sur son environnement et son champ de perception. Les planètes de ces familles partent en effet d’un niveau source pour tendre vers un niveau but identique : « rR » pour le Soleil ; « eE » pour Mars ; « tT » pour Pluton et « p » pour la Lune qui forme une famille planétaire à elle seule. Elles maintiennent ainsi une concentration maximale sur un même niveau de réalité donné.

Au niveau solaire, l’individu est focalisé sur son paraître. La concentration est maximale sur ses interactions sociales et le rôle qu’il a à jouer au sein de ces échanges. Dans son optique, ce qui importe est d’être à la hauteur de son personnage en toute circonstance.

On fait facilement le lien avec la « Persona » développée par le psychanalyste Jung, c’est-à-dire la part de la personnalité qui organise le rapport de l’individu à la société ou le masque social. L’aspect négatif de cette formule conduira l’individu à identifier son Moi à la Persona, à se prendre pour celui qu’il est aux yeux des autres et à oublier son authenticité d’être.

Au niveau marsien, la concentration est maintenue sur les éléments tangibles de l’environnement, sur ce qui relève de l’observable, sur les phénomènes de causes à effets. Du point de vue marsien, ce qui importe est de connaître les réalités du terrain afin de s’adapter aux circonstances et de pouvoir agir avec efficacité.

Au niveau plutonien, la concentration se maintient sur l’être en soi, les labyrinthes intérieurs, la vie subconsciente, ainsi que sur la perception des détails ou des éléments pressentis de l’environnement. Ce qui compte au niveau plutonien est de maintenir son authenticité d’être et de rester brancher sur son univers intérieur.

C’est cette capacité d’intériorisation qui permet aux pilotes de Formule 1 d’atteindre un niveau de performance très élevé dans leur sport de course automobile. Ce sport implique en effet une concentration maximale sur ses perceptions internes, afin d’être capable de réagir instinctivement à tous les stimuli entrant dans le champ de vision et de laisser le subconscient devenir le moyen de contrôle dominant.

De façon plus générale, Pluton renforce une vigilance accrue envers l’invisible et l’implicite. C'est pourquoi ceux qui maîtrisent son influence à un haut niveau s’intéressent souvent à des domaines liés à la transcendance pure ou au très long terme, comme les lois de l’espèce, les forces du destin, la relation entre l’idéal et le réel4, ou encore la psychologie des profondeurs (Inconscient Universel, Volonté5 ou Vouloir-Vivre)… À une échelle plus courante, foisonnent les croyances métaphysiques populaires : vies antérieures, OVNIs, synchronicités et autres délires d’interprétation, tables qui tournent, chats noirs et corbeaux…

Au niveau lunaire enfin, la concentration sur son environnement est indifférenciée. L’individu a une perception globale et homogène du monde extérieur avec lequel il se sent en symbiose et communie intimement. L’essentiel, du point de vue lunaire, est d’assimiler son environnement autant que de s’y laisser assimiler, afin de pouvoir lâcher-prise, se laisser porter et préserver son équilibre.

Nous avons expliqué que la Lune est très faible chez les pilotes de Formule 1 car ces derniers ont besoin d’être le moins possible marqués par ces dispositions afin de pouvoir être efficace dans un sport de course automobile. D’un autre point de vue, on peut aussi considérer que cette concentration indifférenciée de l’environnement s’oppose aux aptitudes psychologiques requises pour atteindre un haut niveau en course automobile.

Les pilotes de haut niveau évoluent dans des courses à grande vitesse qui requièrent un état de concentration maximal sur son intériorité (Pluton dominant). Le pilotage semble incompatible avec une concentration diffuse et une relation de symbiose, caractéristiques de l’influence lunaire. Ce qui importe pour un pilote de haut niveau, c'est d’évaluer avec précision son environnement visuel, d’agir avec des réflexes instinctifs, d’anticiper les obstacles… et non de faire corps avec son environnement ou de se laisser porter par celui-lui.

Aller plus loin

Avec une cohorte de population faible en nombre comme c’est le cas des pilotes, il est possible avant tout d’évaluer les probabilités statistiques des dominantes planétaires du groupe de population. En effet, dans ce cas particulier, il est possible qu’une planète ou une autre se trouve fortement ou faiblement valorisée dans la hiérarchie planétaire collective.

En ce qui concerne les familles planétaires RET, il est déjà plus difficile avec une cohorte aussi faible en nombre de trouver des résultats significatifs. Les planètes formant des familles par trio, une cohorte plus importante en nombre sera préférable pour observer des valorisations anormales. Le plus souvent, des valorisations anormales des familles RET apparaissent lorsque deux planètes d’une même famille sont impliquées, à l’exception de la Lune et du « pouvoir intensif », qui peuvent être valorisées seules.

Pour approfondir l’analyse, il serait pertinent d’étudier les signes zodiacaux ainsi que d’autres composantes du thème astrologique : maisons astrologiques, zones d’angularité de la sphère locale, aspects planétaires… Une analyse de ces éléments du thème astrologique nécessiterait toutefois une cohorte de population plus important en nombre.

Dans un thème individuel, seuls deux ou trois signes astrologiques sur douze sont généralement valorisés. Avec une cohorte d’une dizaine de personnes, il est donc difficile d’obtenir une distribution statistiquement significative pour chacun d’eux. Pour analyser les signes zodiacaux, il faudrait une cohorte plus large, garantissant que tous les signes puissent être représentés en redistribuant aléatoirement les dates et heures de naissance des individus étudiés.

Les cohortes faibles en nombre restent pertinentes pour l’étude des planètes astrologiques et sont faciles à constituer. Certaines populations élitistes, comme les médaillés Fields ou les pilotes de F1, comptent également peu d’individus, et sont donc appropriées à l’analyse des dominantes planétaires de manière ciblée. À l’inverse, les cohortes de populations plus importantes en nombre permettent d’analyser l’ensemble des éléments astrologiques du thème et nécessitent des études plus approfondies.

L’astrologie statistique permet d’explorer les liens entre un thème et des groupes spécialisés, offrant ainsi une meilleure compréhension des influences planétaires, voir zodiacales, sur les trajectoires individuelles. Enfin, les outils de l’astrologie conditionaliste sont les plus adaptés pour analyser les résultats statistiques observés. Ainsi, notre école d’astrologie a vocation à s’approprier à terme (et inconditionnellement !) cette branche de l’astrologie qui reste encore actuellement un vaste territoire inconnu.


Note méthodologique — mise à jour

Cet article a été rédigé à partir d’analyses réalisées avec le logiciel AstroStat, développé par Julien Rouger. Depuis cette publication, nous avons poursuivi ce travail dans le cadre du moteur statistique GéoAstro, qui reprend la même logique méthodologique dans une approche plus synthétique.

De légères différences peuvent ainsi apparaître entre les résultats obtenus avec AstroStat et ceux générés avec GéoAstro, sans remettre en cause les tendances principales décrites dans cet article.

Les graphiques présentés ici ont été produits a posteriori avec GéoAstro, à partir des mêmes cohortes, afin d’offrir une représentation visuelle homogène des résultats.


Annexe : Les pilotes de Formule 1 – Pluton

Cette annexe présente des éléments statistiques complémentaires concernant les pilotes de Formule 1, fondés sur des représentations graphiques non incluses dans l’article principal. Ces résultats visent à élargir la perspective analytique et à soutenir une interprétation plus nuancée des données.

Le résultat présenté ici correspond à l’écart statistique le plus marqué observé dans le groupe et est proposé comme exemple illustratif de la méthode d’évaluation statistique appliquée à l’ensemble des planètes.

Courbe de distribution gaussienne

Une fonction gaussienne est une fonction exponentielle utilisée pour représenter la distribution d’un ensemble de données en fonction de la densité de ses valeurs. La courbe gaussienne ci-dessous illustre la probabilité d’observer, dans la population générale, une valorisation de Pluton inférieure à celle constatée chez les pilotes de Formule 1.

Le graphique ci-dessus présente les résultats suivants pour Pluton :

  • Probabilité empirique : 98,2 % des simulations produisent un score inférieur.
  • Z-score : −2,09, indiquant que le résultat est statistiquement significatif.
  • P-value théorique : 0,981, indiquant la position relative du résultat observé au sein de la distribution théorique attendue sous l’hypothèse nulle.

Courbe d’estimation de densité par noyau (KDE)

En statistique, l’estimation de densité par noyau (KDE) est une méthode non paramétrique permettant d’estimer la fonction de densité de probabilité d’une variable aléatoire à partir de données observées. La courbe KDE est fondée sur les valeurs de rang hiérarchique, le logiciel calculant les estimations de probabilité à partir de la distribution empirique de ces rangs.7

Le graphique ci-dessus présente les résultats suivants pour Pluton :

  • Rang du groupe : 4,2 sur une échelle de 1 à 10.
  • Écart-type du groupe : 1,0, indiquant la dispersion des valeurs autour du rang moyen.
  • Rang attendu : 6,1, correspondant à la moyenne théorique sous l’hypothèse nulle.

Les courbes gaussienne et KDE offrent une représentation statistique complémentaire aux histogrammes globaux, en permettant d’examiner plus finement la distribution des rangs pour un élément donné, et d’en situer la position relative au sein de la population étudiée.


Notes

1L’ensemble des zones d’angularité (AS, MC, DS, FC) couvre 138°, soit 38,3 % du cercle zodiacal (138/360). Ce pourcentage reste indicatif, ne prenant pas en compte les variations des vitesses de rotation des zones de domitude ou les durées de révolutions planétaires.

2Richard Pellard, « La fonction plutonienne “tT” (transcendance de la Transcendance) », Astroariana.com.

3Lire « Psychologie du Pilote de course », Nextgen-Auto.com (entretien avec Ayrton Senna).

4Cela concerne la question de l’existence d’une réalité indépendante de la connaissance ou des perceptions humaines.

5Concept développé par le philosophe Arthur Schopenhauer, désignant l’essence intime du monde : la chose en soi, cachée derrière la profusion des phénomènes, ou la force à l’origine du monde phénoménal.