Échec et mat

Les joueurs d’échecs classés GMI

Par Manuel da Costa — GéoAstro

Les échecs sont un jeu de stratégie opposant deux joueurs sur un échiquier de 64 cases noires et blanches. Chaque joueur possède au départ seize pièces : un roi, une dame, deux tours, deux fous, deux cavaliers et huit pions. L’objectif est d’infliger à l’adversaire un « échec et mat », c’est-à-dire de mettre son roi en prise sans possibilité d’échappatoire.

Introduit en Europe au Xe siècle par les Arabes, l’origine exacte du jeu demeure incertaine. Pratiqué aujourd’hui par des milliers de personnes, il est l’un des jeux de réflexion les plus populaires au monde, souvent qualifié de « roi des jeux » en raison de sa complexité tactique et de son prestige historique.

Le titre de Grand Maître International (GMI), instauré en 1950, récompense les joueurs ayant un classement ELO très élevé, reflet de leur performance en compétition. Décerné par la Fédération internationale des échecs (FIDE), il s’agit de la plus haute distinction de la discipline.

Et si le talent stratégique des meilleurs joueurs d’échecs était en partie façonné par des influences astrologiques précises ? Quelles sont les planètes et les familles planétaires RET qui présentent les plus fortes et les moins fortes valorisations au moment de leur naissance ? L’influence astrologique peut-elle nous indiquer les activités dans lesquelles un individu est susceptible d’être doué ou non ? Expérimentation.

Des aptitudes cognitives corrélées au thème astrologique ?

Le lien entre le thème astrologique et les aptitudes cognitives est difficile à établir : comme pour toute activité, le thème ne permet pas d’identifier directement les capacités cognitives d’un individu. Il nous renseigne avant tout sur le comportement et la psychologie individuels. Les aptitudes cognitives dépendent, elles, beaucoup plus des propriétés intrinsèques du sujet, irréductible à une influence zodiaco-planétaire.

Les mathématiciens de haut niveau présentent une survalorisation de la planète Uranus. On pourrait néanmoins s’attendre à une survalorisation de la même planète chez les informaticiens1, qui pratiquent une discipline qui demande d’autres aptitudes cognitives que les mathématiques. Pourquoi ces différences ? La réponse ne réside pas dans le conditionnement astrologique mais dans la manière dont le sujet traduit cette influence astrologique, notamment à partir de son conditionnement génétique.

Ce schéma met d’abord en évidence (premier lien) l’influence du thème astrologique sur la structure psychologique et comportementale du sujet. Dans ce cas de figure, le sujet a un amas dominant Vénus-Mars-Jupiter-Saturne en Bélier. On décrira donc une personnalité marquée par une forte sensorialité (Vénus-Mars, niveau « e » du RET), un réalisme et un sens du concret (Mars-Jupiter-Saturne, niveau « E » du RET), l’ensemble sur fond de dynamisme et de spontanéité (Bélier).

On s’intéressera ensuite (second lien) aux aptitudes cognitives qui caractérisent notre sujet et aux activités dans lesquelles il pourra investir celles-ci. Sera-t-il capable de développer le froid réalisme et le sens stratégique qui caractérisent un joueur d’échecs de haut niveau ? Difficile à déterminer à la seule lecture de son thème natal…

L’influence astrologique est conditionnée par des facteurs biologiques, socioculturels, éducatifs et environnementaux. L’observation du comportement et de la psychologie d’un individu permet de connaître la manière dont son système nerveux traduit les potentialités virtuelles du thème astrologique. Pour avoir connaissance et évaluer la Relation qui s’établit entre le récepteur-Sujet et l’émetteur-Objet2 ainsi que ses caractéristiques, il faut observer et établir l’adéquation entre les propriétés réceptives de l’un et émettrices de l’autre.

Aussi, il est parfaitement possible que certaines aptitudes cognitives bien particulières puissent être corrélées à des dominantes planétaires ou zodiacales. La condition est que le sujet dispose d’une sensibilité génétique qui en favorise l’expression. C’est pourquoi on peut s’attendre à observer des valorisations anormales de planètes astrologiques (et de signes zodiacaux) dans un groupe de population supposé avoir des facultés cognitives bien particulières.

De manière plus générale, on peut imaginer qu’une fonction planétaire ou zodiacale comprenne une pluralité d’aptitudes cognitives potentielles et que ce soit le système nerveux du sujet qui en favorise l’expression de certaines mieux que d’autres. Ce qui explique qu’une même dominante planétaire ou zodiacale puisse être valorisée dans deux groupes de population distincts, sans qu’ils aient à priori les mêmes aptitudes.

Enfin, une corrélation significative entre un groupe astrologique et une activité suggère une influence mesurable de l’astrologie. Grâce aux statistiques, nous pouvons démontrer l’existence d’un effet astrologique sur un groupe, en utilisant des méthodes rigoureuses.

Les Grands Maîtres Internationaux (GMI)

En astro-statistiques, plus la cohorte de population sélectionnée est élitiste, plus on a de chances d’observer des résultats significatifs. La cohorte de joueurs d’échecs comprend des individus classés Grands Maîtres Internationaux, ou GMI en abrégé. Ils correspondent au plus haut grade dans cette discipline.

Les GMI de nationalités française et nés en France sont les suivants3 selon le classement ELO établi par la Fédération internationale des échecs (FIDE) :

  • (2779) Maxime Vachier-Lagrave, né le 21 octobre 1990 à 03h05 à Nogent-sur-Marne
  • (2671) Etienne Bacrot, né le 22 janvier 1983 à 10h15 à Lille
  • (2647) Romain Edouard, né le 28 novembre 1990 à 13h40 à Poitiers
  • (2644) Christian Bauer, né le 11 janvier 1977 à 20h50 à Forbach
  • (2625) Laurent Fressinet, né le 30 novembre 1981 à 00h10 à Dax
  • (2614) Yannick Gozzoli, né le 02 juin 1983 à 17h00 à Marseille
  • (2599) Maxime Lagarde, né le 16 mars 1994 à 09h25 à Niort
  • (2591) Sébastien Feller, né le 11 mars 1991 à 09h25 à Thionville
  • (2576) Jules Moussard, né le 16 janvier 1995 à 15h55 à Paris
  • (2559) Sébastien Mazé, né le 08 février 1984 à 13h15 à Paris
  • (2548) Matthieu Cornette, né le 04 septembre 1985 à 00h00 à Bègles
  • (2548) Jean-Marc Degraeve, né le 26 janvier 1971 à 06h50 à Tourcoing
  • (2542) Jean-Pierre Le Roux, né le 18 mai 1982 à 04h30 à Guingamp
  • (2518) Fabien Libiszewski, né le 05 janvier 1984 à 08h30 à Saint-Etienne
  • (2508) Arnaud Hauchard, né le 15 novembre 1971 à 20h02 à Rouen
  • (2506) Igor-Alexandre Nataf, né le 02 mai 1978 à 13h10 à Paris
  • (2505) Manuel Apicella, né le 19 avril 1970 à 08h55 à Longjumeau
  • (2503) Anthony Wirig, né le 03 février 1983 à 19h25 à Thionville
  • (2502) Axel Delorme, né le 08 mai 1990 à 01h23 à Lyon
  • (2500) Adrien Demuth, né le 14 avril 1991 à 11h30 à Saint-Denis de la Réunion
  • (2495) Jean-Noël Riff, né le 22 avril 1981 à 18h55 à Mulhouse
  • (2477) Olivier Renet, né le 21 décembre 1964 à 23h25 à Cenon
  • (2477) Jonathan Dourerassou, né le 10 avril 1989 à 11h12 à Sarcelles
  • (2463) Laurent Guidarelli, né le 18 juin 1981 à 19h40 à Carpentras
  • (2453) Eloi Relange, né le 1er juillet 1976 à 14h40 à Paris
  • (2451) Marie Sebag, né le 15 octobre 1986 à 15h50 à Paris
  • (2446) Jean-Luc Chabanon, né le 13 aout 1971 à 18h00 à Clermont-Ferrand
  • (2439) Éric Prié, né le 14 mars 1962 à 17h20 à Paris
  • (2439) Cyril Marcelin, né le 16 mai 1979 à 06h25 à Suresnes
  • (2421) Emmanuel Bricard, né le 04 mai 1966 à 23h05 à Versailles
  • (2369) Marc Santo-Roman, né le 13 septembre 1960 à 18h00 à Toulouse
Thème astrologique de Maxime Vachier-Lagrave

Cette étude astro-statistique sur les joueurs d’échecs se concentrera sur les dominantes planétaires et les familles planétaires RET.

Étant donné que la cohorte des GMI compte seulement 31 participants, il est plus difficile d’analyser les signes zodiacaux. Un thème astrologique mettant généralement en avant seulement deux ou trois signes nécessiterait une population plus vaste pour évaluer les probabilités de distribution normales et espérer obtenir des résultats significatifs.

Les dominantes planétaires des joueurs d’échecs

Le logiciel AstroStat

Pour évaluer statistiquement les données astrologiques extraites d’une cohorte de population sélectionné, il convient de calculer la probabilité qu’un échantillon constitué de façon aléatoire puisse faire apparaitre les mêmes résultats.

Utiliser une probabilité d'angularité constante pourrait être une première méthode d’évaluation. Un thème astrologique est constitué de quatre zones d’angularités (zones AS, MC, DS, FC), dont l’étendue, en domitude, représente 138° sur les 360° de la bande zodiacale, soit environ 38%4. Ce chiffre pourrait donc servir de moyenne statistique et de critère pour évaluer les résultats planétaires obtenus avec le groupe de joueurs d’échecs étudié.

Toutefois, cette méthode, basée sur l’angularité, ne tient compte ni des vitesses de rotation des zones de domitude du thème, qui varient d’un signe à l’autre, ni des durées respectives de révolution des planètes autour du Soleil, lesquelles ont également une incidence sur leur fréquence d’angularité. Ce pourcentage ne correspond donc qu’à une fréquence moyenne approximative d’angularité planétaire et présente avant tout une utilité pour l’astrologue dans ses observations pratiques.

Pour mener une étude statistique à plus grande échelle, on utilise un modèle statistique qui mélange aléatoirement les dates et heures de naissance. Cela permet d’établir des probabilités normales pour chaque planète. Le logiciel AstroStat calcule les probabilités de distribution normale des planètes en effectuant 10 000 mélanges aléatoires des dates et heures de naissance des joueurs d’échecs sélectionnés.

Ensuite, le logiciel détermine les probabilités d’obtenir des résultats statistiques identiques au groupe de joueurs d’échecs, à partir des résultats normaux obtenus avec les distributions aléatoires. On évalue ainsi la probabilité que les résultats planétaires obtenus avec les joueurs d’échecs sélectionnés puissent être dus au hasard.

Le critère d’évaluation utilisé par le logiciel AstroStat est le rang moyen dans la hiérarchie, allant de 1 à 10 pour les planètes astrologiques et de 1 à 8 pour les familles planétaires RET. Utiliser comme critère d’évaluation le rang moyen dans la hiérarchie planétaire permet d’obtenir une approche graduelle, plus précise que le critère de l’angularité : on détermine progressivement ce qui est fort, moyen ou faible dans les thèmes astrologiques du groupe analysé.

Enfin, on estime en statistiques qu’un résultat est mathématiquement improbable dès lors qu’il se situe en dessous du seuil de probabilité de 5 %. Les résultats qui se situent en dessous sont considérés comme trop improbables pour être dus au hasard et indiquent un effet astrologique.

Des valorisations planétaires anormales

Les graphiques suivants relèvent les probabilités d’obtenir les valorisations des planètes et des familles planétaires RET des Grand Maîtres Internationaux aux échecs, à partir des probabilités de distribution normale.

Les dominantes planétaires

Le graphique ci-dessous indique, pour chaque planète, la probabilité qu’une distribution aléatoire produise un rang hiérarchique inférieur à celui observé.

Chaque barre correspond à une planète et montre cette probabilité, exprimée en pourcentage. Les valeurs situées dans la moyenne attendue du hasard apparaissent en bleu, tandis que celles qui s’en écartent nettement sont mises en évidence par une couleur différente : gris pour les sous-valorisations (inférieures à 5 %) et orange pour les survalorisations (supérieures à 95 %). Par exemple, pour le Soleil, la probabilité qu’un échantillon aléatoire présente une valorisation plus faible est d’environ 3,3 %.

Quatre résultats planétaires se démarquent :

  • Le Soleil est sous-valorisé : 3,3 chances sur 100 ;
  • Mars est survalorisé : 97,7 chances sur 100 ;
  • Saturne est survalorisé : 97,3 chances sur 100 ;
  • Neptune est sous-valorisé : 1,3 chances sur 100.

Ainsi, par rapport à un échantillon aléatoire, il y a environ 3 chances sur 100 d’obtenir une valorisation plus faible pour le Soleil, entre 97 et 98 chances sur 100 pour Mars et Saturne, et environ 1 chance sur 100 pour Neptune.

Les familles planétaires RET

Le graphique suivant relève, pour chaque famille planétaire RET, la probabilité qu’une distribution aléatoire produise une valorisation inférieure à celle observée, selon la même méthode que précédemment.

Chaque barre correspond à une famille RET et indique le niveau de probabilité associé. Par exemple, pour la famille Pouvoir extensif (« P »), la probabilité qu’un échantillon aléatoire présente une valorisation plus faible est d’environ 75 %.

Deux familles planétaires se distinguent par des résultats atypiques :

  • La famille « Existence extensive » (E) est survalorisée : 98,8 chances sur 100 ;
  • La famille « transcendance intensive » (t) présente une légère survalorisation : 95,2 chances sur 100.

Ainsi, par rapport à un échantillon aléatoire, il y a environ 99 chances sur 100 d’observer une valorisation moins importante pour la famille Existence extensive, et environ 95 chances sur 100 pour la famille transcendance intensive.

Les profils planétaires des joueurs d’échecs

Mars-Saturne ou l’esprit cartésien

Deux planètes présentent donc une survalorisation chez les joueurs d’échecs : Mars et Saturne. Ces deux planètes appartiennent à la famille « Existence extensive » qui font les personnalités réalistes, qui privilégient l’expérience et ont l’esprit pratique. Nous chercherons à expliquer pourquoi ces deux planètes présentent une forte valorisation chez les meilleurs joueurs d’échecs. Pour quelles raisons permettent-elles d’atteindre le plus haut niveau dans ce jeu de stratégie populaire ?

Causalistes et probabilistes

En astrologie conditionaliste, Mars est associée au niveau source « E » et au niveau but « e » du RET. Il y a une redondance du niveau Existence, c’est-à-dire du monde des faits, du réel observable et des phénomènes tangibles.

Avec Mars, on est dans le domaine de la mécanique pure, de la dynamique de cause à effet, de l’action qui en entraine une autre, des principes de mouvement et d’action-réaction. Le marsien est ainsi plus branché que d’autres sur l’observation des phénomènes, l’analyse des causes et des conséquences (un fait en entraine un autre), et peut disposer d’une plus grande aptitude pour comprendre les raisonnements mécanistes et les logiques d’engrenage.

Afin d’illustrer le type de raisonnement sur lequel le marsien est censé être à l’aise, prenons ces deux exemples :

1 - Si la roue A tourne dans le sens antihoraire, dans quel sens tourne la roue C ?

De toute évidence, la roue B, qui suit la roue A, tourne dans le sens horaire et la roue C, qui vient ensuite, tourne dans le sens antihoraire.

2 - Si la roue A fait six tours, combien de tours fait la roue C ?

Cette seconde question, légèrement plus complexe que la première, nécessite de compter les dents des roues (une dent entraîne une autre). Lorsque la roue A fait un tour complet, 4 dents sont en action sur la roue B, ainsi que sur la roue C qui suit (et qui comporte 6 dents). Par conséquent, lorsque la roue A fait 6 tours complets, 24 dents sont en action sur la roue B, ainsi que sur la roue C, qui fait donc 4 tours (24/6).

Pour y répondre, ce type de question requièrent de la part de l’individu une logique pratique et une compréhension des relations de causes à effets. Ici, les deux exemples sont simples et tout individu doué d’un niveau cognitif suffisant y arrivera sans problème. Pour un joueur d’échecs classé GMI avec un Mars dominant, ce type d’intelligence logique/mécaniste atteint un niveau très élevé, lui permettant d’évaluer rapidement tous les déplacements possibles ainsi que les conséquences qui résultent du déplacement de chaque pièce du jeu.

Concernant la planète Saturne, elle se caractérise selon l’astrologie conditionaliste par le niveau « E » d’où elle part et par le niveau « t » où elle arrive. On passe donc du monde des faits, de l’observable et du tangible à celui du multiple, de l’inconnu et l’hypothétique.

Avec Saturne, on est dans le domaine des lois souterraines du réel, des rouages existants en arrière-plan des faits, des hypothèses expérimentales, de la pensée analytique et investigatrice d’évènements. Le saturnien est ainsi plus branché que d’autres sur la formulation d’hypothèses et de conséquences possibles futures, disposerait d’une plus grande capacité à déduire des conclusions à partir de pures hypothèses ou de phénomènes probables.

Afin d’illustrer le type de raisonnement sur lequel le saturnien est censé se sentir à l’aise, prenons en exemple des syllogismes, caractéristiques de la pensée analytique :

1 - Syllogisme simple
Tous les Hommes sont mortels
Socrate est un Homme
Donc Socrate est mortel

Ce premier syllogisme, facile à comprendre, nécessite de rapprocher deux termes (Socrate et mortel) avec un troisième terme commun, qui permet de conclure à leur rapport mutuel. Le raisonnement se complexifie lorsque le terme commun est pris dans une proposition universelle :

2 - Syllogisme moins simple
Tous les A sont des C (tous les scientifiques sont logiques)
Certains B sont des C (certains psychologues sont logiques)
Donc certains B sont des A (donc certains psychologues sont des scientifiques)

La conclusion de ce syllogisme est fausse. Afin de résoudre celui-ci, une méthode peut consister à remplacer les termes universels par des propositions concrètes (entre parenthèses) et à se laisser avoir par une confusion langagière ou par les croyances que nous avons à priori au sujet des propositions. Le moyen le plus simple de résoudre ce syllogisme est en fait de se représenter mentalement des cercles de populations :

La première affirmation (tous les A sont des C) est simple à représenter : on dessine un cercle A à l’intérieur d’un cercle C plus grand. La deuxième affirmation (certains B sont des C) est moins simple à représenter : on dessine un cercle B dont une partie seulement se situe dans le cercle C mais on ne sait pas où situer le cercle B par rapport au cercle A. Il y a deux possibilités : une où le cercle B n’a aucun lien avec le cercle A (B1) ; une seconde où le cercle B chevauche également le cercle A (B2).

On en déduit donc que la conclusion du syllogisme est fausse : certains B ne sont pas nécessairement des A (cas B1).

Pour y répondre, ce type de questions requiert de la part de l’individu des capacités logico-déductives et une faculté à décortiquer les possibilités virtuelles qui se présentent à lui. Ici, les deux syllogismes pris en exemple sont accessibles. Pour un joueur d’échecs classé GMI avec un Saturne dominant, ce type d’intelligence analytique atteint un niveau très élevé, lui permettant d’évaluer rapidement toutes ses possibilités de déplacement, les probabilités de réactions adverses, ainsi que de les anticiper.

Une simulation d’action réfléchie

Afin de déterminer les aptitudes requises ou facilitant l’accès à un haut niveau aux échecs, nous nous appuierons sur diverses analyses5, consacrées à la psychologie et à la stratégie de ce jeu de société.

Analysons tout d’abord la gymnastique mentale mise en œuvre lors d’une partie d’échecs. Sur ce champ de bataille tactique, il ne s’agit pas seulement de maîtriser les règles, il est nécessaire de faire preuve de stratégie, de prévoyance et d’endurance mentale. Lors d’une partie d’échecs, les joueurs doivent mettre en place une planification stratégique, qui implique d’explorer mentalement les différentes phases de la partie que sont les ouvertures, premiers mouvements sur l’échiquier ; puis le milieu et enfin la fin de partie.

Les ouvertures visent à contrôler le centre du plateau et à développer les pièces tout en protégeant le roi. Le milieu de jeu représente ensuite l’arène principale de la bataille, où les joueurs tentent de consolider leurs positions et d’exploiter les faiblesses de leurs adversaires. C’est là qu’ils doivent coordonner leurs pièces et créer des plans stratégiques pour avoir l’avantage. L’affrontement se poursuit ainsi jusqu’à la phase finale du jeu, où les concurrents doivent trouver le moyen d’obtenir la victoire (mater le roi adverse).

Aux échecs, les joueurs analysent la position des pièces, élaborent des stratégies, anticipent les coups possibles et évaluent les risques. Ils planifient méticuleusement leur stratégie à long terme pour piéger leur adversaire, tout en gérant leur temps. Cette projection mentale dans l’avenir du jeu requiert une grande capacité d’analyse et d’anticipation, rappelant de près les facultés cognitives évoquées ci-dessus à propos des planètes Mars et Saturne.

Les échecs sont une simulation stratégique qui mobilise à la fois l’observation causaliste-mécaniste (Mars) et l’anticipation analytique des possibles (Saturne). Il s’agit en effet d’assurer le positionnement des pièces et leur coordination stratégique, réaliser des manœuvres immédiates et établir des plans à long terme, prévoir chaque coup dans sa tête… Le marsien cognitif, à l’esprit logico-empirique et causaliste, se joint au saturnien cognitif, à l’esprit hypothético-déductif et probabiliste, afin d’atteindre le plus haut niveau dans ce jeu de stratégie.

Le neptunien globaliste et le solaire modèle en zone aveugle

Deux planètes présentent une sous-valorisation dans le groupe des GMI : le Soleil et Neptune. Pourquoi celles-ci sont-elles donc refoulées par les joueurs d’échecs de haut niveau ?

Commençons par Neptune. Dans le RET, la fonction neptunienne a une logique inverse de celle de la fonction saturnienne. Si cette dernière part du niveau « E » pour arriver au niveau « t », Neptune part du niveau « T » pour arriver au niveau « e ». Là où le saturnien privilégie l’analyse (« t ») des phénomènes observables (« E »), le neptunien préfère ainsi ressentir (« e ») l’invisible (« T »).

D’après nos résultats statistiques, jouer aux échecs nécessiterait d’inhiber le mode de fonctionnement cognitif que privilégie le neptunien : intuitif, clairvoyant, subtil et nuancé, plus intrapersonnel que cartésien. Les échecs privilégient une logique analytique et rigoureuse laissant peu de place à l’imaginaire, contrairement aux disciplines créatives.

À l’analyse des possibilités de déplacements et des mécanismes de causes à effets requis pour devenir un bon échémane (Mars-Saturne), le neptunien préfère l’inspiration, le ressenti de l’ambiance extérieure et l’imagination des possibilités virtuelles, ce qui d’après nos résultats statistiques s’oppose à l’accès au plus haut niveau au jeu d’échecs. Un Neptune dominant apparaît plus fréquemment dans les activités demandant de l’imagination et de l’empathie, comme l’art, la spiritualité, l’humanitaire ou la psychologie.

Concernant le Soleil ensuite, quelle explication donner à la sous-valorisation observée chez les joueurs d’échecs ? Ce « jeu » assouvirait-il inconsciemment un désir œdipien de tuer le roi (Soleil aveugle), représentant le père, avec la complicité de la reine-mère ? Ou plus simplement d’un désintérêt marqué par cette planète pour la pratique du jeu d’échecs ?

Commençons par définir astrologiquement le solaire6 : « (Le Soleil) vous rendra plus attentif à votre apparence, à votre prestige. Vous savez parfaitement ce que vous voulez et ce que vous valez. Vous êtes conscient de l’image que vous donnez et de ce qu’elle peut représenter. Il ne vous déplait pas de tenir le devant de la scène7 ». « Professions exigeant du lustre, de l’autorité, le sens de l’appareil et de l’apparat. Positions plus honorifiques qu’actives ». « Les dispositions sont brillantes, le sujet se fait précocement remarquer et son destin, à l’image de la course quotidienne du Soleil, connaît une phase d’apothéose8 ».

En lisant ces textes, on comprend aisément que le profil solaire soit éloigné de la psychologie du joueur d’échecs. Il s’agit en effet d’une activité solitaire, que l’on accomplit seul, qui ne se partage pas et ne favorise pas non plus la communication. La relation avec le joueur en face est également froide et distante : on est concentré non sur celui-ci mais sur des pièces de jeu impersonnelles, on s’intériorise et ne communique pas, tout l’effort est consacré à le mater.

Un Soleil dominant favorise naturellement les échanges sociaux et les relations chaleureuses. Un vrai solaire aime qu’on le remarque, qu’on l’écoute et peut avoir plus de mal que d’autres à se retrouver dans l’ombre.

On a l’image d’un échémane plutôt intériorisé, qui s’intéresse davantage à son monde intérieur qu’à la compagnie des autres, et dont la motivation serait d’investir ses capacités d’abstraction dans un jeu qui s’y prête beaucoup plus que d’être admiré. Peu intéressant à priori pour un solaire cultivant le goût du paraitre et la volonté d’être un centre d’attention.

Les pieds sur terre et un solide esprit critique

Au niveau des familles planétaires RET, on a pu observer une survalorisation marquée de la famille Existence extensive (« E ») ainsi qu’une légère survalorisation de la famille transcendance intensive (« t »).

Le premier résultat (« E » dominant) découle logiquement des résultats planétaires relevés : Mars et Saturne, survalorisés, appartiennent tous deux à la famille Existence extensive « E ». Les joueurs d’échecs de notre étude se distinguent par un esprit pratique, focalisé sur les faits bruts et l’expérience.

La survalorisation de la famille transcendance intensive ou « t » qui suit appuie la formule saturnienne par rapport à la formule marsienne : les échémanes de haut niveau sont des réalistes du long terme, au tempérament sceptique et réfléchi, évaluant toutes les possibilités, multipliant toutes les hypothèses et interrogeant les faits sous tous leurs aspects afin d’en extraire l’information cachée (« t »).

À l’inverse, la planète Mars (« eE »), également survalorisée, n’est soutenue au niveau des familles planétaires que par la famille Existence extensive « E ». Les joueurs d’échecs sont donc plus tournés vers les faits concrets et la logique d’observation que vers l’émotion ou les sensations immédiates (existence intensive « e » moins fort).

Des préjugés bien enracinés

Une étude astro-statistique présente l’intérêt de confronter les théories à la réalité des faits et ainsi de mettre en évidence les éventuels préjugés dont peuvent être affublés certaines planètes. En l’occurrence, c’est Mars plus que Saturne9 qui a vite fait d’être catalogué par les astrologues. La planète Mars se retrouverait chez les sportifs, les militaires, les chirurgiens, les aventuriers… Bref, tous les métiers qui requièrent énergie et dynamisme. Inversement, on ne l’attendrait pas chez les joueurs d’échecs de haut niveau.

L’observation montre pourtant qu’il y a des hommes d’action qui ont un Mars faible et des individus nés sous une forte influence de Mars qui sont plus spéculatifs qu’actifs. En fait, la planète Mars concerne davantage le réalisme du sujet, en le sensibilisant aux faits bruts (« eE »).

Ici, les marsiens joueurs d’échecs, beaucoup plus nombreux que dans un échantillon de population lambda, utilisent leur sens du réalisme et leur logique mécaniste dans un jeu de stratégie, c’est-à-dire dans une activité beaucoup plus spéculative qu’active. Qu’importe, ne dit-on pas que l’évolution intellectuelle de l’homme et sa créativité sont étroitement liés à sa faculté de jouer ? Lorsqu’on a une bonne compréhension des mécanismes de causes à effets (Mars), il est approprié d’en faire usage dans une activité intellectuelle qui s’y prête.

De manière générale, théories et observations doivent dialoguer pour s’enrichir mutuellement. L’observation affine nos descriptions astrologiques et améliore notre compréhension du réel astrologique.

Une autre idée reçue en astrologie est que les planètes faibles du thème traduisent uniquement les failles de la personnalité, mais ce n’est pas toujours le cas. Notre étude montre en effet que pour atteindre un haut niveau dans une activité donnée (ici, le jeu d’échecs), il est préférable d’avoir certaines planètes en zone aveugle.

Le modèle du « Héros » et de son « Ombre »10 développé par Jean-Pierre Nicola, apporte un éclairage pertinent sur la question. Il repose sur l’analyse des forces et des faiblesses qui structurent un thème astrologique. Le Héros incarne les tendances fortes de la personnalité, associées aux planètes et signes zodiacaux dominants, tandis que l’Ombre regroupe les éléments non-dominants du thème. Lorsqu’il est bien intégré, le Héros exprime son potentiel de manière adaptée, mais en cas de configurations dissonantes, ses forces peuvent se transformer en excès ou en maladresses. L’Ombre, quant à elle, constitue un réservoir de ressources adaptatives : ses aspects harmoniques peuvent être mobilisés par les planètes dominantes, notamment lorsque ces dernières requièrent un soutien complémentaire.

L’absence de certaines dominantes astrologiques peut aussi se révéler un atout. Un Héros marqué par un Soleil aveugle, par exemple, exprime une moindre préoccupation pour la mise en avant de soi et l’affirmation individuelle. Plutôt que de souffrir d’un manque de reconnaissance, l’individu peut privilégier des domaines où la discrétion et le retrait sont valorisés. Chez les joueurs d’échecs, cette faiblesse du Soleil et de Neptune semble avoir favorisé leur adaptation à une discipline qui exige une concentration solitaire et où l’intuition doit être inhibée.

Enfin, on a tendance à considérer que les statistiques ne seraient pas appropriées à l’étude de l’astrologie, et qu’elles ne tiendraient pas suffisamment compte de la complexité de la relation entre l’Homme et le Ciel. Pourtant, si l’outil est utilisé de manière suffisamment rigoureuse, il permet de faire ressortir des résultats significatifs et de démontrer une influence astrologique sur un groupe de population donné. L’avenir nous dira si la méthode statistique deviendra une branche à part entière de l’astrologie conditionaliste.


Note méthodologique — mise à jour

Cet article a été rédigé à partir d’analyses réalisées avec le logiciel AstroStat, développé par Julien Rouger. Depuis cette publication, nous avons poursuivi ce travail dans le cadre du moteur statistique GéoAstro, qui reprend la même logique méthodologique dans une approche plus synthétique.

De légères différences peuvent ainsi apparaître entre les résultats obtenus avec AstroStat et ceux générés avec GéoAstro, sans remettre en cause les tendances principales décrites dans cet article.

Les graphiques présentés ici ont été produits a posteriori avec GéoAstro, à partir des mêmes cohortes, afin d’offrir une représentation visuelle homogène des résultats.


Annexe : Les grands maîtres d’échecs – Mars

Cette annexe présente des éléments statistiques complémentaires concernant les grands maitres d’échecs, fondés sur des représentations graphiques non incluses dans l’article principal. Ces résultats visent à élargir la perspective analytique et à soutenir une interprétation plus nuancée des données.

Le résultat présenté ici correspond à l’écart statistique le plus marqué observé dans le groupe et est proposé comme exemple illustratif de la méthode d’évaluation statistique appliquée à l’ensemble des planètes.

Courbe de distribution gaussienne

Une fonction gaussienne est une fonction exponentielle utilisée pour représenter la distribution d’un ensemble de données en fonction de la densité de ses valeurs. La courbe gaussienne ci-dessous illustre la probabilité d’observer, dans la population générale, une valorisation de Mars inférieure à celle constatée chez les grands maîtres d’échecs.

Le graphique ci-dessus présente les résultats suivants pour Mars :

  • Probabilité empirique : 97,7 % des simulations produisent un score inférieur.
  • Z-score : −2,20, indiquant que le résultat est statistiquement significatif.
  • P-value théorique : 0,986, indiquant la position relative du résultat observé au sein de la distribution théorique attendue sous l’hypothèse nulle.

Courbe d’estimation de densité par noyau (KDE)

En statistique, l’estimation de densité par noyau (KDE) est une méthode non paramétrique permettant d’estimer la fonction de densité de probabilité d’une variable aléatoire à partir de données observées. La courbe KDE est fondée sur les valeurs de rang hiérarchique, le logiciel calculant les estimations de probabilité à partir de la distribution empirique de ces rangs.

Le graphique ci-dessus présente les résultats suivants pour Mars :

  • Rang du groupe : 4,3 sur une échelle de 1 à 10.
  • Écart-type du groupe : 0,5, indiquant la dispersion des valeurs autour du rang moyen.
  • Rang attendu : 5,2, correspondant à la moyenne théorique sous l’hypothèse nulle.

Les courbes gaussienne et KDE offrent une représentation statistique complémentaire aux histogrammes globaux, en permettant d’examiner plus finement la distribution des rangs pour un élément donné, et d’en situer la position relative au sein de la population étudiée.


Notes

1Voir les thèmes astrologiques d’Alan Turing, Bill Gates, Steve Wozniak, Mark Zuckerberg…

2Lire, entre autres, « Introduction au système S.O.R.I. », Richard Pellard, sur AstroAriana.com.

3Consulter le site officiel de la Fédération Française des Échecs (FFE), rubriques « Secteurs de jeu, Haut niveau et titrés, Les Grand-Maîtres ». Le classement est celui de 2020.

4Les zones d’angularité sont définies selon les étendues suivantes : 15° en maison I et 20° en maison XII pour l’Ascendant ; 18° en maison X et 20° en maison IX pour le Milieu-du-Ciel ; 20° en maison VII et 15° en maison VI pour le Descendant ; 15° en maison IV et 15° en maison III pour le Fond-du-Ciel.

5Voir sur CapaKaspa.info les articles suivants : « La stratégie et la psychologie dans le jeu d’échecs » ; « La psychologie des échecs : concentration et décisions stratégiques » ; et « La stratégie aux échecs : l’art de la guerre sur l’échiquier ».

6On note, dans les résultats statistiques des familles planétaires RET, que la famille Représentation extensive (« R ») tend à une légère sous-valorisation.

7Le Grand Livre des Prévisions, Éd. Sand, Jean-Pierre Nicola.

8Le Grand Livre de l’Astrologue, Éd. Sand & Tchou, Jean-Pierre Nicola.

9On attribue plus souvent à Saturne qu’à Mars une influence sur les personnalités cérébrales, bien que cette association ne soit pas toujours justifiée.

10Read "Le Héros et son Ombre", Jean-Pierre Nicola, on Astroariana.com.