Les Étoiles
Les danseurs et danseuses de l’Opéra national de Paris
Par Manuel da Costa — GéoAstro
Le ballet de l’Opéra national de Paris, situé au Palais Garnier, est la plus ancienne et l’une des plus prestigieuses compagnies de danse classique au monde. Créée en 1661 par Louis XIV, l’Académie royale de danse intègre le corps de ballet de l’Académie royale de musique en 1669 et fait aujourd’hui partie de l’Opéra national de Paris.
En 2023, le ballet compte 154 danseurs et danseuses dont 17 « étoiles » et donne plus de 180 représentations par an. Les danseurs du ballet sont en très grande partie issus de son école de danse, considérée comme l’une des meilleures du monde. Recrutant très peu à l’extérieur, son propre vivier sert l’unité de style de la danse française.
Étoile est le titre suprême attribué aux danseurs de l’Opéra dans la hiérarchie du ballet de l’Opéra national de Paris. À l’issue d’une représentation sur scène, le titre d’étoile est attribué par le directeur de l’Opéra national sur proposition du directeur de la danse. Depuis 2004, cette procédure de nomination se fait devant le public…
Dans cet article, nous verrons si nous sommes en mesure d’observer, une fois encore, des valorisations anormales de planètes ou de familles planétaires RET chez les danseurs et danseuses étoiles de l’Opéra national de Paris. Cette cohorte de population, tout comme celles traitées précédemment, présente-t-elle des particularités astrologiques ?
Les danseurs et danseuses étoiles
La cohorte de population sélectionnée regroupe les étoiles actuelles ainsi que les anciennes étoiles ayant exercé au ballet de l’Opéra, selon l’encyclopédie en ligne Wikipédia. En tout, 89 artistes de la danse y sont mentionnés, parmi lesquels 77 ont une « DN » complète connue1. Parmi ces 77 artistes, on recense 34 danseurs et 43 danseuses.
Cette population réunit une fois encore de nombreuses conditions propices à des résultats astro-statistiques significatifs. La liste provient d’une source fiable, le critère de sélection est à la fois précis et élitiste (les Étoiles sont les meilleurs de leur discipline) et l’activité semble très spécialisée d’un point de vue des aptitudes requises. En comparaison avec les autres cohortes de population, celle-ci présente une particularité remarquable : elle est constituée de deux sous-groupes, les danseuses et les danseurs2. Cette distinction nous permet de comparer les dominantes astrologiques.
Voici les artistes du ballet de l’Opéra national de Paris qui composent notre cohorte. Commençons par mentionner les Étoiles actuelles.
Danseurs Étoiles :
- Mathieu Ganio, né le 16 mars 1984 à 14h00 à Marseille
- Mathias Heymann, né le 1er octobre 1987 à 19h10 à Marseille
- Germain Louvet, né le 23 mai 1993 à 22h50 à Chalon-sur-Saône
- Hugo Marchand, né le 07 décembre 1993 à 18h25 à Nantes
- Paul Marque, né le 12 avril 1997 à 12h20 à Dax
- Marc Moreau, né le 06 novembre 1986 à 07h55 à Saint-Georges-de-Didonne
- Guillaume Diop, né le 06 mars 2000 à 07h35 à Paris
Danseuses Étoiles :
- Dorothée Gilbert, née le 25 septembre 1983 à 13h30 à Toulouse
- Ludmila Pagliero, née le 15 octobre 1983 à 08h25 à Buenos Aires (Argentine)
- Myriam Ould-Braham, née le 14 janvier 1982 à 02h15 à Neuilly-sur-Seine
- Amandine Albisson, née le 30 janvier 1989 à 17h45 à Marseille
- Laura Hecquet, née le 08 avril 1984 à 09h20 à Dunkerque
- Léonore Baulac, née le 10 mai 1990 à 17h38 à Paris
- Valentine Colasante, née le 05 mars 1989 à 11h25 à Paris
Mentionnons ensuite les anciennes Étoiles de l’Opéra, en commençant par les danseurs :
- François Alu, né le 03 décembre 1993 à 10h10 à Saint-Doulchard
- Jean-Paul Andréani, né le 22 mai 1929 à 03h00 à Le Petit-Quevilly
- Cyril Atanassoff, né le 30 juin 1941 à 05h30 à Puteaux
- Albert Aveline, né le 23 décembre 1883 à 02h00 à Paris
- Jean Babilée, né le 03 février 1923 à 21h30 à Paris
- Jean-Guillaume Bart, né le 07 juin 1972 à 07h00 à Saint-Denis
- Patrice Bart, né le 30 juillet 1945 à 03h30 à Paris
- Kader Belarbi, né le 18 novembre 1962 à 15h35 à La Tronche
- Jérémie Bélingard, né le 19 août 1975 à 04h15 à Paris
- Jean-Pierre Bonnefous, né le 09 avril 1943 à 22h10 à Bourg-en-Bresse
- Max Bozzoni, né le 30 mai 1917 à 03h00 à Paris
- Stéphane Bullion, né le 08 avril 1980 à 15h30 à Lyon
- Michael Denard, né le 05 novembre 1944 à 11h15 à Dresde (Allemagne)
- Patrick Dupond, né le 14 mars 1959 à 09h00 à Paris
- Jean Guizerix, né le 27 octobre 1945 à 16h40 à Paris
- Laurent Hilaire, né le 08 novembre 1962 à 16h35 à Paris
- Josua Hoffalt, né le 19 mai 1984 à 00h05 à Pertuis
- Charles Jude, né le 25 juillet 1953 à 10h45 à My Tho (Vietnam)
- Attilio Labis, né le 05 septembre 1936 à 07h00 à Vincennes
- Manuel Legris, né le 19 octobre 1964 à 09h55 à Paris
- Nicolas Le Riche, né le 29 janvier 1972 à 16h10 à Sartrouville
- Jean-Yves Lormeau, né le 06 mars 1952 à 12h30 à Dalat (Vietnam)
- Hervé Moreau, né le 02 décembre 1977 à 03h00 à Saint-Mandé
- Karl Paquette, né le 19 décembre 1976 à 13h40 à Paris
- Benjamin Pech, né le 03 avril 1974 à 12h15 à Béziers
- Michel Renault, né le 15 décembre 1927 à 02h30 à Paris
- Wilfried Romoli, né le 02 mars 1963 à 19h40 à Saint-Denis
Ensuite les anciennes danseuses :
- Josette Amiel, née le 19 novembre 1930 à 15h00 à Vanves
- Carole Arbo, née le 24 septembre 1961 à 22h30 à Biarritz
- Claude Bessy, née le 21 octobre 1932 à 04h00 à Paris
- Yvette Chauviré, née le 22 avril 1917 à 08h15 à Paris
- Isabelle Ciaravola, née le 12 mars 1972 à 06h45 à Ajaccio
- Florence Clerc, née le 23 juillet 1951 à 23h10 à Houilles
- Émilie Cozette, née le 08 août 1981 à 08h10 à Rouen
- Lycette Darsonval, née le 12 février 1912 à 01h00 à Coutances
- Liane Daydé, née le 27 février 1932 à 00h25 à Paris
- Aurélie Dupont, née le 15 janvier 1973 à 11h30 à Paris
- Fanny Gaïda, née le 07 septembre 1961 à 11h40 à Saint-Germain-en-Laye
- Marie-Agnès Gillot, née le 07 septembre 1975 à 13h32 à Caen
- Isabelle Guérin, née le 06 mai 1961 à 01h00 à Rosny-sous-Bois
- Sylvie Guillem, née le 23 février 1965 à 05h00 à Paris
- Dominique Khalfouni, née le 23 juin 1951 à 15h00 à Charenton-le-Pont
- Geneviève Laffitte, née le 06 février 1965 à 22h00 à Carcassonne
- Françoise Legrée, née le 15 juillet 1957 à 11h30 à Paris
- Agnès Letestu, née le 1er février 1971 à 05h40 à Saint-Maur
- Monique Loudières, née le 15 avril 1956 à 15h15 à Choisy-le-Roi
- Elisabeth Maurin, née le 1er janvier 1963 à 07h30 à Angers
- Claire Motte, née le 21 décembre 1937 à 06h30 à Belfort
- Clairemarie Osta, née le 10 juillet 1970 à 05h50 à l’Haÿ-les-Roses
- Ethéry Pagava, née le 13 mars 1932 à 09h45 à Paris
- Marie-Claude Pietragalla, née le 02 février 1963 à 07h45 à Paris
- Wilfride Piollet, née le 28 avril 1943 à 15h30 à Saint-Rambert-d’Albon
- Élisabeth Platel, née le 10 avril 1959 à 14h00 à Paris
- Noëlla Pontois, née le 24 décembre 1943 à 12h30 à Vendôme
- Jacqueline Rayet, née le 26 juin 1933 à 09h55 à Paris
- Solange Schwarz, née le 12 novembre 1910 à 13h00 à Paris
- Claudette Scouarnec, née le 19 octobre 1940 à 17h30 à La Rochelle
- Ludmilla Tchérina, née le 10 octobre 1924 à 04h30 à Paris
- Ghislaine Thesmar, née le 18 mars 1943 à 02h30 à Beijing (Chine)
- Nanon Thibon, née le 1er novembre 1943 à 23h30 à Paris
- Christiane Vaussard, née le 17 novembre 1923 à 11h45 à Neuilly-sur-Seine
- Christiane Vlassi (Bassi), née le 05 juin 1938 à 07h00 à Neuilly-sur-Seine
- Claude de Vulpian, née le 29 décembre 1952 à 01h10 à Paris
La danseuse étoile Isabelle Ciaravola est née avec un Soleil en Poissons ainsi que Mercure en Bélier dominants à l’Ascendant, opposés à Pluton et Uranus situés au Descendant. Jupiter est également angulaire au Milieu-du-Ciel, en carré à Mercure et à Pluton.
D’après son thème, Isabelle Ciaravola serait donc avant tout sociable, rayonnante et communicative (Soleil-Mercure « R ») ainsi que déterminée, sûre d’elle et forte d’un esprit de décision (Soleil-Jupiter-Uranus « r »).
Pour aller plus loin, les signes astrologiques dominants3 valorisent le Sens des Contraires (Poissons et Bélier dominants), qui sensibilise aux choix entre des valeurs ou des situations antagonistes ainsi que la lenteur d’inhibition hivernale (Poissons et Lune en Verseau) : on se montre calme, flegmatique, résistant, endurant.
Les dominantes astrologiques des Étoiles
Les graphiques suivants présentent les probabilités d’obtenir les valorisations de planètes et de familles planétaires RET observées chez les danseurs et danseuses Étoiles, à partir de répartitions normales.
Les valorisations planétaires
Le graphique ci-dessous représente la probabilité (en ordonnée, de 0 % à 100 %) d'obtenir des rangs hiérarchiques planétaires moins élevés à partir de répartitions aléatoires. En abscisse sont indiquées les planètes du thème astrologique, de la Lune à Pluton.
Trois planètes se distinguent par des résultats atypiques, statistiquement peu probables :
- Jupiter est survalorisé : 99,6 chances sur 100 ;
- Mars est sous-valorisé : 2,7 chances sur 100 ;
- Saturne est sous-valorisé : 0,2 chances sur 100.
Comparé à un échantillon de population aléatoire, il y a plus de 99 chances sur 100 d’obtenir une valorisation moins importante de Jupiter, entre 2 et 3 chances sur 100 pour Mars, et moins d’une chance sur 100 pour Saturne. On remarquera que ces trois planètes, présentant des valorisations atypiques, appartiennent à la famille Existence extensive (« E ») du RET.
Les valorisations de familles planétaires
Le graphique ci-dessous montre la probabilité, selon la même méthode, d’obtenir des résultats statistiques moins élevés pour les familles planétaires RET.
Trois familles planétaires se distinguent :
- La famille « Représentation extensive » (R) est survalorisée : 96,5 chances sur 100 ;
- La famille « représentation intensive » (r) est survalorisée : 96,2 chances sur 100 ;
- La famille « transcendance intensive » (t) est sous-valorisée : 0,6 chances sur 100.
En comparaison à un échantillon de population aléatoire, il y a entre 96 et 97 chances sur 100 d’observer une valorisation moins importante des familles Représentation extensive et représentation intensive, et moins d'1 chance sur 100 pour la famille transcendance intensive. Notons également que la famille pouvoir intensif (« p ») se rapproche du seuil de survalorisation avec une probabilité statistique de 93,3 %, sans toutefois le dépasser.
Certains résultats observés chez les danseurs et danseuses de l'Opéra semblent corrélés : Jupiter, survalorisé, appartient à la famille représentation intensive (« r »), elle-même survalorisée. À l’inverse, Saturne, associé à la famille transcendance intensive (« t »), est sous-valorisé, tout comme cette famille planétaire. On peut donc interpréter principalement un Jupiter « r » très dominant et un Saturne « t » non dominant.
Une comparaison hommes/femmes
Dans le cadre de notre étude sur les Étoiles de la danse, il est pertinent d’effectuer une comparaison entre hommes et femmes, la cohorte étant assez équilibrée (34 hommes et 43 femmes). Les résultats statistiques obtenus sont les suivants.
Pour chaque planète, deux barres sont présentées : l'une représente les danseurs (pleine), l'autre les danseuses (hachurée). Voici les principaux résultats à retenir.
Chez les danseurs (hommes) :
- Le Soleil et Vénus sont survalorisés : respectivement 98,5 % et 95,5 % de probabilité ;
- Saturne et Uranus sont sous-valorisés : 1,6 % et 2 % de probabilité statistique.
Chez les danseuses (femmes) :
- Jupiter et Uranus sont survalorisés : respectivement 99,3 % et 98,8 % de probabilité ;
- Mars et Saturne sont sous-valorisés : 4,5 % et 4 % de probabilité statistique.
La même comparaison a été réalisée au niveau des familles planétaires RET :
Voici les principaux résultats à retenir, en commençant par les danseurs :
- La « Représentation extensive » (R) est survalorisée : 99,6 % de probabilité.
Puis pour les danseuses :
- La « représentation intensive » (r) est survalorisée : 99,5 % de probabilité ;
- La « transcendance intensive » (t) est sous-valorisée : 0,7 % de probabilité.
En comparant les résultats obtenus, on remarque que les danseurs ont une survalorisation du Soleil, de Vénus et de la Représentation extensive (Soleil et Vénus « R »). Les danseuses, quant à elles, présentent une survalorisation de Jupiter, Uranus et de la représentation intensive (Jupiter et Uranus « r »), ainsi qu’une sous-valorisation de Saturne et de la famille transcendance intensive (Saturne « t »). Enfin, la position d’Uranus est remarquable, puisqu’elle est sous-valorisée chez les danseurs et survalorisée chez les danseuses.
Entrons désormais dans la danse
Les trois planètes qui présentent des résultats atypiques dans notre cohorte d’Étoiles sont donc Jupiter, survalorisée, ainsi que Mars et Saturne, sous-valorisées. Comme le montre le graphique ci-contre, elles appartiennent toutes les trois à la famille Existence extensive ou « E », qui concerne les faits observables, les phénomènes tangibles, l’expérience, le ressenti et le vécu. À partir de ce niveau source « E », Jupiter s’oriente vers le niveau but représentation (« r »), associé au simple, au visible et au connu ; Mars maintient le niveau existence (« e »), centré sur l’éprouvé et les réalités sensibles ; Saturne se dirige vers le niveau but transcendance (« t »), domaine des interrogations, des complexités et de l’inconnu.
De surcroît, les résultats statistiques ont également mis en évidence4 une survalorisation de la famille Représentation extensive ou « R ». Celle-ci sera néanmoins traitée plus bas, n’étant vraiment marquée que chez les danseurs (hommes), ainsi qu’une survalorisation de la famille planétaire représentation intensive ou « r » à laquelle appartient Jupiter, et une sous-valorisation de la famille transcendance intensive ou « t » à laquelle appartient Saturne.
Comment expliquer ces résultats statistiques chez les Étoiles de l’Opéra de Paris ?
Une fabrique de reproduction sociale
Pour mener notre investigation, nous nous appuierons sur l’ouvrage Entrer dans la danse5 de Joël Laillier. Cette enquête de terrain explore les conditions de formation des danseurs et danseuses Étoiles de l’Opéra de Paris et servira de fil conducteur pour expliquer les résultats astro-statistiques relevés plus haut.
Le ballet de l’Opéra de Paris est l’une des compagnies de danse les plus prestigieuses au monde. Il serait à la fois la plus ancienne compagnie de ballet encore en activité et le représentant du style français de danse classique, considéré comme le premier du genre. Ce style se distingue par des gestes et techniques propres : figures, glissades, arabesques, jeux de bras, battements de jambes et circulations dans l’espace. Son répertoire est vaste, allant des références romantiques et des grands ballets classiques aux œuvres des Ballets russes, en passant par des chorégraphies modernes, néoclassiques et contemporaines.
Une homogénéité d’ensemble
Selon l’auteur, toute la logique de fonctionnement de l’Opéra serait orientée vers la reproduction des pratiques de danse et la conformation des corps aux stéréotypes valorisés par l’institution. Les spectacles de ballet exigent une similarité entre les danseurs et danseuses, une synchronisation et une uniformité d’ensemble, fondées avant tout sur une « homogénéité des corps et des façons de danser ». Cette esthétique des corps et des pratiques permet à l’Opéra de revendiquer une singularité et une identité spécifiques, assurant ainsi son maintien et sa reproduction en tant qu’élite dans son champ professionnel.
La reproduction de cette élite, qui consiste à sélectionner des danseurs et danseuses partageant à la fois des caractéristiques physiques communes et une même manière d’exécuter les mouvements, illustre la logique de la fonction jupitérienne (représentation de l’Existence), survalorisée chez les Étoiles de l’Opéra.
À l’échelle collective, Jupiter a pour fonction d’orienter les actes, les pratiques et les expériences (« E ») selon une finalité précise, en suivant des normes et modèles prédéterminés (« r »). La planète sensibilise aux actions et savoir-faire (« E ») organisés selon des standards éprouvés et reconnus (« r »).
La danse classique de l’Opéra repose sur l’expression corporelle et l’usage du corps (« E »), en stricte conformité avec les normes enseignées (« r »). L’apprentissage et la pratique de la danse y relèvent d’un véritable formatage des esprits et des corps, visant à « entrer dans le moule » des schémas et standards imposés par l’institution (Jupiter « r ») : une certaine idée du sublime, une esthétique des corps, un style propre, une quête de perfection du geste…
Enfin, cet engagement vocationnel implique un dépassement de soi, une quête d’excellence tant physique que technique : investissement quasi-sacrificiel, usage intensif du corps, rationalisation de la douleur physique, reconstruction de l’image de soi autour de la danse. Du point de vue de la représentation intensive, il s’agit d’atteindre… les étoiles, de pousser la machine à son maximum.
L’école de l’Opéra
L’école de l’Opéra répond à la même logique de reproduction des normes institutionnelles et occupe une place centrale dans ce processus, puisque la quasi-totalité des danseurs y a été formée. Présentée comme une véritable fabrique d’élite artistique, la compagnie du ballet sélectionne et forme de jeunes enfants, souvent dès 8 ou 10 ans, afin de modeler leur corps et de leur inculquer la manière de danser, le style, propres à l’Opéra.
On retrouve ici encore la logique de conformité aux stéréotypes valorisés, chère à la fonction jupitérienne « rE ». Les enfants choisis sont d’abord considérés comme doués, car ils présentent des qualités et des prédispositions physiques les destinant à devenir danseurs : morphologie longiligne, jambes longues et fines, forme de la taille, des pieds, des bras, du cou et des épaules ; souplesse des reins, des hanches… Bref, la sélection repose sur des critères esthétiques et physiques correspondant aux standards de l’institution (Jupiter et « r »).
À ces qualités physiques, supposées innées, s’ajoute une évaluation portant sur des dons tels que la musicalité et le sens du rythme. Cet autre critère permet à l’Opéra de façonner la manière de danser des élèves, toujours dans le but d’assurer la reproduction (Jupiter et « r ») de son identité et de sa singularité.
Enfin, certaines ressources sociales facilitent largement l’accès à une carrière de danseur ou danseuse étoile. Pourtant, nombreux sont les parents qui n’adhèrent pas pleinement à cet avenir professionnel, mais recherchent avant tout le prestige de l’institution et l’éducation qu’elle transmet. Pour eux, l’Opéra représente un accès à une élite sociale, un moyen d’adhérer à la culture la plus « légitime », celle des classes dominantes : conduites adaptées, valeurs morales, jugements esthétiques, « bon goût »…
Cette dynamique de reproduction et d’ascension sociale rappelle une fois de plus les attributions de Jupiter. Sur le plan individuel, lorsque cette planète est bien intégrée, elle prédispose à rechercher une position sociale valorisante et à satisfaire ses ambitions matérielles. En passant de Mars au Soleil dans le RET, on vise à sortir du rang pour accéder à la reconnaissance sociale.
Cette même dynamique de représentation semble s’appliquer à l’Opéra lui-même. N’avons-nous pas vu que, à travers sa logique de reproduction des critères physiques et esthétiques de la danse classique, il cherche avant tout à maintenir sa légitimité et son prestige social dans son champ professionnel (Jupiter) ?
Un milieu rigoriste et sectaire
Nous avons expliqué que le fonctionnement de l’Opéra repose avant tout sur une logique de reproduction (« r ») des normes et pratiques (« E »), rappelant de très près les attributions de la fonction jupitérienne. L’école a notamment pour objectif formel de sélectionner les futurs danseurs de la compagnie et de les façonner pour le ballet de l’Opéra.
Cette « fabrique » à danseurs et danseuses Étoiles, bien que nécessaire à l’institution pour préserver son identité originelle et asseoir sa légitimité sociale, n’en présente pas moins des aspects rigoristes et sectaires. Cette logique exacerbée de reproduction des modèles implique un refoulement des comportements spontanés (Mars aveugle), en particulier chez les élèves, ainsi que l’exclusion de toute pratique ou norme perturbant les standards valorisés par l’institution (Saturne aveugle). Nous avons en effet relevé une sous-valorisation de ces deux planètes chez les Étoiles de l’Opéra.
Un cadre disciplinaire particulier
L’école de l’Opéra fonctionne comme un groupe social fermé, centré sur l’apprentissage de la danse. L’étude sociologique mentionnée plus haut insiste sur le cadre disciplinaire dans lequel évoluent les élèves de l’école, afin de devenir les futurs danseurs de la compagnie.
Le premier aspect de ce cadre éducatif strict se manifeste par des contraintes temporelles et spatiales précises au sein de l’internat. Tous les élèves doivent se lever à une heure donnée et disposent de 30 minutes pour faire leur lit, prendre leur douche et ranger leurs affaires. Ensuite, ils descendent en classe. À midi précis, ils doivent être à la cantine, dont ils ne peuvent sortir qu’avec autorisation. Enfin, l’après-midi est entièrement consacré à la salle de danse et aux répétitions, suivi du repas du soir et du couvre-feu.
À ces contraintes temporelles s’ajoutent une surveillance constante et une soumission aux mêmes obligations qui régissent l’établissement. Chaque trimestre, une note de comportement est attribuée aux élèves, intégrée au calcul de la note finale et du classement de fin d’année. Tout semble conçu pour brimer toute impulsion spontanée, empêchant ainsi toute expression libre des envies et humeurs du moment (Mars aveugle).
Si, à première vue, un tel cadre disciplinaire pourrait être associé à la Planète Jupiter, sa rigidité extrême s’apparente également à un refoulement de la planète Mars, qui se trouve juste sous Jupiter dans le système RET. Mars est lié au contact direct avec l’environnement, à l’action et à la réaction en fonction de l’expérience du moment (« eE »). Lorsqu’un thème est marqué par Jupiter dominant et Mars aveugle, l’expression spontanée des désirs et impulsions (non « eE ») est réprimée, jugée irréfléchie ou déraisonnable. La priorité est donnée à une maîtrise absolue de soi, impliquant la mise à distance des émotions et désirs immédiats.
C’est précisément selon cette logique que semblent formatés les danseurs et danseuses Étoiles : le cadre strict dans lequel ils évoluent tend à étouffer toute liberté d’existence spontanée, perçue comme une source de désordre et d’éparpillement (non « eE »).
Le second aspect du cadre disciplinaire rigide de l’école de l’Opéra se révèle dans l'enseignement même de la danse. Le « dressage » imposé aux élèves lors des cours de danse repose sur une exigence extrême de contrôle du corps : posture droite, dos redressé, ventre rentré, épaules basses, nuque maintenue avec précision… L’enseignement vise à transmettre des règles de conduite distinctes, que les élèves doivent intégrer en profondeur, afin d’assimiler les normes comportementales de l’institution.
Ce contrôle du corps s’exerce également sous le regard constant des autres. Professeurs et élèves observent et évaluent en permanence les attitudes, les gestes et les expressions de chaque danseur. Cette exposition permanente constitue le principal levier d’incorporation des façons de danser, des normes corporelles et tenues du corps, avec une attention obsessionnelle portée aux détails. Même lors des moments de repos, les élèves doivent se tenir droit, éviter de s’accouder sur la barre ou de paraître avachis.
Comportements typiques, maintien rigoureux du corps, présentation de soi rigoureusement maîtrisée… Une fois encore, on retrouve cette double logique d’un Jupiter fort et d’un Mars aveugle. Tout est pensé pour limiter, domestiquer et imposer un self-contrôle absolu des expressions personnelles spontanées (Mars faible), afin de conformer les danseurs aux normes de l’institution, censée incarner une élite artistique (Jupiter « rE »).
Un environnement fermé sur lui-même
L’étude sociologique souligne également la fermeture rigide de l’Opéra à toute influence extérieure, qu’il s’agisse de pratiques étrangères à ses standards ou de toute forme d’originalité. Les Étoiles sont quasi-exclusivement recrutées en interne au sein de l’école, et les rares danseurs engagés en externe sont soumis à des évaluations extrêmement strictes, basées sur des critères spécifiques à l’institution.
L’Opéra, qui se revendique comme le berceau de la danse classique, fonde sa légitimité sur le maintien rigide de son identité d’origine. Il s’agit avant tout de garantir l’adéquation des membres de l’institution aux habitus dominants, en bannissant toute pratique ou norme étrangère aux stéréotypes de l’Opéra. Dès leur entrée à l’école, il est signifié aux élèves qu’ils ne sont pas là pour devenir de simples danseurs, mais bien des danseurs de l’Opéra, formés selon les critères exclusifs de l’institution.
Nous avons mentionné que la planète Saturne, tout comme Mars, est aveugle chez les Étoiles. De plus, la famille transcendance intensive (« t ») est également sous-valorisée. La fonction saturnienne invite à interroger et à prendre du recul (« t ») sur les faits et expériences (« E »). Lorsque celle-ci est dominante, elle favorise la remise en question des pratiques et savoir-faire, l’ouverture à l’inconnu et à la multitude.
Une fois encore, il apparaît que le fonctionnement de l’Opéra, que l’on peut qualifier d’excessif, repose sur un Jupiter fort, accompagné d’un refoulement de Saturne. Cette logique de reproduction des normes propres à l’institution (Jupiter « rE ») conduit au rejet de toute forme d’innovation, qu’il s’agisse d’un style de danse différent ou de critères esthétiques nouveaux susceptibles d’altérer l’image de l’Opéra (Saturne et « t » aveugles).
Cette logique d’enfermement se manifeste à travers une sélection des élèves fondée sur leur conformité physique, un recrutement quasi-exclusif en interne et un formatage rigoureux du style de danse. Elle repose également sur une intériorisation des stéréotypes propres à l’institution, une rigidité des normes excluant toute influence extérieure et une absence de prise en compte des parcours individuels. En érigeant ses propres critères en référence absolue, l’Opéra s’autolégitime et verrouille ainsi tout espace de remise en question. Cette dynamique reflète une fermeture radicale aux valeurs saturniennes et à la dimension « t » mentionnée précédemment : il n’y a ni place pour l’autocritique, ni ouverture à l’inconnu (non « t »).
Un autre facteur vient renforcer cette logique : l’enseignement à l’Opéra est exclusivement dirigé par d’anciens danseurs de l’institution. Chargés de sélectionner puis de former les élèves, ils sont naturellement portés à reproduire les valeurs, les pratiques et les critères esthétiques de l’Opéra, tout en perpétuant le prestige de l’institution d’où ils tirent eux-mêmes leur légitimité. Dans ce contexte, toute ouverture à de nouveaux savoir-faire ou savoir-être (Saturne « t ») est perçue comme une menace, tant pour le système de valeurs qui fonde le prestige de l’institution que pour ses élites.
Enfin, la faiblesse de Saturne chez les danseurs Étoiles se traduit également par l’enfermement social auquel ils sont soumis. Dès leur scolarité, les élèves de l’Opéra sont plongés dans un univers à part, qui les isole du monde extérieur et renforce leur identification exclusive à l’institution. L’enseignement intensif les maintient dans un espace de socialisation fermé, comprenant la plupart de leurs amis. Cette socialisation restreinte accentue la fermeture à toute culture étrangère aux valeurs de l’institution (Saturne aveugle), empêchant l’émergence de modèles alternatifs ou d’influences extérieures (non « t »).
Des stéréotypes de genre
Dans le cadre de notre investigation sur les Étoiles de la danse, nous avons également comparé les profils des danseuses et des danseurs. Chez les danseuses, les résultats sont globalement similaires à ceux de l’ensemble du groupe : Jupiter et la représentation intensive sont survalorisés, tandis que Mars, Saturne et la transcendance intensive sont sous-valorisés. On relève cependant une survalorisation notable d’Uranus.
Chez les danseurs de l’Opéra, en revanche, les résultats diffèrent nettement, à l’exception de la sous-valorisation de Saturne, qui demeure. Chez ces derniers, le Soleil, Vénus et la Représentation extensive sont survalorisés, tandis qu’Uranus est sous-valorisé. Ces différences suggèrent-elles que les logiques d’accession au plus haut niveau de la danse classique ne sont pas les mêmes pour les filles et les garçons ?
Des catégories genrées de loisirs
De manière générale, la danse classique est perçue par les parents comme un loisir propice à l’épanouissement des filles. Dès lors, on peut se demander comment certains garçons en viennent à vouloir pratiquer cette discipline et à en faire leur profession. Le rapport vocationnel à la danse obéit en effet à des logiques fort différentes selon le genre.
Selon l’étude sociologique mentionnée précédemment, la perception des pratiques de loisir varie fortement en fonction de l’origine sociale. Ainsi, la danse classique est nettement moins perçue comme une « déviance » pour les garçons issus de familles disposant d’un capital culturel élevé, en raison d’une proximité plus grande avec l’univers de la musique classique ou des arts plastiques. De manière générale, un capital culturel important favorise une certaine distance vis-à-vis des normes sociales dominantes.
L’auteur de l’étude souligne d’ailleurs que de nombreux danseurs professionnels ou élèves en formation proviennent de familles aisées, fortement dotées en capital culturel, et ont souvent été initiés à la danse dans un cadre familial. Ce constat fait écho aux valeurs astrologiques associées au Soleil, à Vénus et à la Représentation extensive, qui sont précisément survalorisées chez les danseurs masculins.
Dans une optique solaro-vénusienne et plus généralement avec une dominante de la famille « R », l’individu tend à imiter les modèles sociaux et éducatifs qui l’ont structuré en profondeur et dans lesquels il se reconnaît. La fonction solaire (« rR ») pousse à reproduire fidèlement les normes et valeurs culturelles transmises par l’environnement familial. De son côté, la fonction vénusienne (« eR ») façonne notre manière de ressentir et d’éprouver le monde à travers les codes sociaux qui ont été inculqués.
Le Soleil, Vénus et la famille « R » prédisposent également à rechercher l’admiration et la reconnaissance, à s’ouvrir aux échanges avec son environnement en tenant compte des attentes de son entourage. L’image de soi devient un enjeu central : on est attentif à la façon dont on est perçu, on cherche à répondre aux attentes extérieures pour obtenir validation et approbation. Cette tendance conduit à une forte identification aux normes et modèles de comportement transmis par le milieu d’origine.
Compte tenu des préjugés de genre associés à la danse classique, il n’est pas surprenant que les danseurs masculins proviennent souvent de familles imprégnées de culture, sensibilisées aux arts et évoluant dans un univers perçu comme plus « féminin » par le sens commun. Pour eux, la figure du danseur étoile représente alors un idéal esthétique valorisant (Soleil-Vénus), leur permettant d’incarner pleinement les attentes parentales et de construire une image de soi idéalisée (« R »).
Enfin, la formule astrologique des danseurs Étoiles exclut la planète Mercure, qui appartient pourtant à la famille Représentation extensive. En partant du niveau source « R », Mercure mène au niveau-but « t », associé aux interrogations, aux remises en question et aux doutes. Or, la vie à l’Opéra repose sur une logique de reproduction des pratiques, impliquant une fermeture à l’inconnu et aux approches non conformes aux stéréotypes (non « t »). Cela explique pourquoi Mercure ne fait pas partie des facteurs survalorisés chez ces derniers.
Un déséquilibre comparatif
Il est souvent plus difficile pour un garçon de choisir la danse classique comme loisir en raison des préjugés de genre sur la question. Pourtant, ceux qui s’y engagent bénéficient ensuite d’un avantage comparatif du fait qu’ils sont beaucoup moins nombreux. Leur rareté les rend plus visibles et attire l’attention des professionnels, favorisant ainsi leur progression et leur accès à des opportunités privilégiées.
C’est pourquoi il est souvent plus simple pour un garçon que pour une fille d’être perçu comme talentueux et d’intégrer l’Opéra. Nombre d’entre eux ont d’ailleurs évolué seuls dans les salles de danse. Lors des concours d’entrée, il n’est pas rare de voir un ou deux garçons en difficulté sur les mouvements demandés, face à une vingtaine de filles au niveau plus homogène et souvent beaucoup plus élevé.
Ce déséquilibre se retrouve aussi dans les stages et concours internes menant aux positions hiérarchiques supérieures6. Les garçons, en raison de leur faible nombre, bénéficient d’une attention renforcée, tandis que les filles doivent affronter une concurrence toujours plus rude. Elles sont soumises à davantage de critères de sélection, avec deux seuils éliminatoires contre un seul pour les garçons, et subissent un contrôle plus strict au niveau de leur corps, notamment à l’approche de leurs 18 ans.
Ce contraste entre le parcours des danseurs et celui des danseuses se retrouve dans la fonction uranienne, sous-valorisée chez les premiers et survalorisée chez les secondes. Uranus, qui part du multiple, de l’invisible et du sous-jacent (« T »), tend vers l’affirmation, la décision et l’orientation (« r »). L’Uranien est un volontaire intransigeant, un jusqu’au-boutiste ambitieux qui sait exactement ce qu’il veut et comment y parvenir. Passer du « T » au « r », c’est concentrer ses forces sur un but précis, s’extraire de l’anonymat et tracer un chemin individuel. Cette verticalité uranienne pousse à l’autodiscipline, à la rigueur et au dépassement de soi.
La différence statistique observée entre hommes et femmes concernant Uranus s’explique donc aisément. Les danseuses, plongées dès le départ dans une course à la performance, une compétition acharnée, doivent sans cesse se perfectionner pour espérer atteindre l’excellence exigée par l’Opéra. Cette quête d’élitisme et de surpassement reflète une forte dominante uranienne. À l’inverse, les garçons, immédiatement repérés grâce à leur faible effectif, sont encouragés et valorisés sans avoir à suivre cette même logique de perfectionnement extrême. Leur parcours aurait davantage d’affinité avec la famille « R », survalorisée chez eux, qui incite à l’acceptation et la reconnaissance immédiate.
Une fabrique astrologique
Pour conclure, soulignons que la formation d’une élite sociale est, en sciences humaines, considérée comme le fruit d’une « fabrique » : un processus par lequel certains acteurs valorisent socialement leur activité et se donnent de l’importance. La vocation des danseurs du ballet de l’Opéra n’échappe pas à cette logique et s’inscrit dans un processus de reproduction sociale, légitimant ainsi leur appartenance à la position de prestige qu’ils occupent.
Une élite sociale est désormais également une fabrique astrologique. Très souvent en tout cas, puisqu’une partie importante des cohortes de population sélectionnées autour de critères déterminés présente des valorisations anormales de planètes et de familles planétaires RET. Encore une fois, toute activité qui prétend être analysée sous une approche globaliste doit considérer la diversité des influences qui la façonnent, le conditionnement astrologique s’avérant être un facteur incontournable.
Une fois encore, on observe que les caractéristiques propres à une activité ou une profession (référentiel Objet) se reflètent dans les thèmes astrologiques de ceux qui l’exercent au plus haut niveau (référentiel Sujet). Ainsi, les individus dont le profil correspond le mieux à l’activité concernée sauraient-ils mieux s’adapter à ses codes implicites et progresser plus facilement ? C’est précisément ce que révèle cette étude sur les Étoiles de l’Opéra de Paris.
Bien entendu, un conditionnement astrologique favorable à la pratique d’une activité doit s’articuler avec d’autres facteurs facilitant l’acquisition des compétences nécessaires dans ce domaine : dispositions physiologiques, capacités cognitives, environnement éducatif… C’est là tout l’enjeu de l’astrologie conditionaliste, qui ne considère plus l’influence astrale comme un déterminisme absolu, mais comme un élément parmi d’autres dans la construction de l’individu, placé au carrefour de multiples influences qui le façonnent en profondeur.
Note méthodologique — mise à jour
Cet article a été rédigé à partir d’analyses réalisées avec le logiciel AstroStat, développé par Julien Rouger. Depuis cette publication, nous avons poursuivi ce travail dans le cadre du moteur statistique GéoAstro, qui reprend la même logique méthodologique dans une approche plus synthétique.
De légères différences peuvent ainsi apparaître entre les résultats obtenus avec AstroStat et ceux générés avec GéoAstro, sans remettre en cause les tendances principales décrites dans cet article.
Les graphiques présentés ici ont été produits a posteriori avec GéoAstro, à partir des mêmes cohortes, afin d’offrir une représentation visuelle homogène des résultats.
Annexe : Les étoiles de l’Opéra de Paris (Hommes/Femmes) – Uranus
Cette annexe présente des éléments statistiques complémentaires concernant les étoiles de l’Opéra de Paris, fondés sur des représentations graphiques non incluses dans l’article principal. Ces résultats visent à élargir la perspective analytique et à soutenir une interprétation plus nuancée des données.
Le résultat présenté ici correspond à l’écart statistique le plus marqué observé dans le groupe et est proposé comme exemple illustratif de la méthode d’évaluation statistique appliquée à l’ensemble des planètes.
Courbe de distribution gaussienne
Une fonction gaussienne est une fonction exponentielle utilisée pour représenter la distribution d’un ensemble de données en fonction de la densité de ses valeurs. La courbe gaussienne ci-dessous illustre la probabilité d’observer, dans la population générale, une valorisation d’Uranus (Hommes/Femmes) inférieure à celle constatée chez les étoiles de l’Opéra de Paris.
Le graphique ci-dessus présente les résultats suivants pour Uranus (Hommes/Femmes) :
- Probabilité empirique : 2,0 % pour les danseurs et 98,8 % pour les danseuses.
- Z-score : +1,95 pour les danseurs et −2,18 pour les danseuses.
- P-value théorique : 0,025 pour les danseurs et 0,985 pour les danseuses.
Courbe d’estimation de densité par noyau (KDE)
En statistique, l’estimation de densité par noyau (KDE) est une méthode non paramétrique permettant d’estimer la fonction de densité de probabilité d’une variable aléatoire à partir de données observées. La courbe KDE est fondée sur les valeurs de rang hiérarchique, le logiciel calculant les estimations de probabilité à partir de la distribution empirique de ces rangs.
Le graphique ci-dessus présente les résultats suivants pour Uranus (Hommes) :
- Rang du groupe : 6,6 pour les danseurs (échelle : 1 à 10).
- Écart-type du groupe : 0,5 pour les danseurs.
- Rang attendu : 5,6, correspondant à la moyenne théorique sous l’hypothèse nulle.
Les courbes gaussienne et KDE offrent une représentation statistique complémentaire aux histogrammes globaux, en permettant d’examiner plus finement la distribution des rangs pour un élément donné et d’en situer la position relative au sein de la population étudiée.
Notes
1 Les DN incomplètes concernent les personnes suivantes : Sae Eun Park, Hannah O’Neill, Eleonora Abbagnato, Marie Taglioni, José Carlos Martínez, Mickaël Parienté (nés à l’étranger) ; Emma Livry (née à Paris en 1841, heure inconnue) ; Delphine Moussin, Laetitia Pujol, Alice Renavand, Patrick Armand, Jean-Pierre Franchetti (états civils introuvables).
2 L’étude précédente sur les humoristes comportait également un groupe d’hommes et un groupe de femmes, mais moins équilibrés au niveau du nombre (une vingtaine de femmes seulement sur 100 humoristes), et les comparaisons statistiques des deux sous-groupes n’ont fait ressortir aucun résultat significatif.
3 Pour une description détaillée des formules zodiacales, voir les ouvrages de référence mentionnés dans la bibliographie.
4 Joël Laillier, Entrer dans la danse. L’Envers du Ballet de l’Opéra de Paris, CNRS Éditions, 2017.
5 Le ballet de l’Opéra comprend trois catégories dans le corps de ballet : les quadrilles, les coryphées et les sujets. Il existe également une catégorie de demi-solistes (premiers danseurs et premières danseuses) ainsi qu’une catégorie de solistes : les étoiles.
6 Les analyses ont été réalisées initialement avec le logiciel AstroStat (Julien Rouger), puis poursuivies avec le moteur statistique GéoAstro, selon une méthodologie identique dans une approche plus synthétique.