Les immortels

Les membres de l’Académie française

Par Manuel da Costa — GéoAstro

Fondée en 1635, l’Académie française a « pour principale fonction de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable d’aborder les arts et les sciences » (article XXIV des Statuts et Règlements). Les débats de l’Académie, menés à titre non lucratif, visent à perfectionner et rayonner les lettres, tout en jouant un rôle clé dans l’évolution de la société française.

Composée de 40 membres, l’Académie française se réunit une fois par semaine sur un ordre du jour établi par le Secrétaire perpétuel, qui représente la Compagnie dans les cérémonies officielles. L’Académie organise ses travaux en commissions, dont les principales sont chargées de gérer les biens de la Compagnie (Commission administrative), de rédiger son dictionnaire (Commission du Dictionnaire) et de décerner des prix (Commissions littéraires).

Les membres de l’Académie française doivent leur surnom d’immortels à la devise « À l’immortalité » qui figure sur le sceau donné à l’Académie par son fondateur, le cardinal Richelieu. Celle-ci se réfère en fait à leur mission, porter la langue française, qui, elle, est immortelle.

D’un point de vue astrologique, nous rechercherons une fois de plus si cette cohorte de population présente des résultats atypiques, et s’il est possible de donner une interprétation pertinente à ces résultats à partir des outils élaborés par l’école conditionaliste.

Une cohorte particulière ?

L’analyse astrologique d’une cohorte donnée peut révéler des corrélations inattendues. Dans le cas des académiciens, au-delà de leurs profils individuels, c’est peut-être la nature même de l’institution qui façonne implicitement leurs dominantes planétaires. Pour mieux comprendre cet enjeu, il semble essentiel de replacer l’Académie française dans une dynamique plus large des pouvoirs qui structurent notre société.

L’hypothèse de compétences cognitives ou comportementales spécifiques semble peu probable, tant les parcours des membres sont variés. Certains sont philosophes, d’autres poètes, membres de cabinets ministériels ou chercheurs au CNRS. On y trouve aussi des agrégés de lettres, des docteurs en études latines et des normaliens. On s’attendrait presque à y voir siéger un astrologue !

À première vue, cette cohorte semble peu susceptible d’offrir des résultats significatifs. Pourtant… Les résultats suivants suggèrent un lien avec le rôle social de l’Académie française dans notre société, comme l’indiquent plusieurs analyses. Il n’est en effet pas insensé de chercher à corroborer la personnalité des membres qui y siègent avec la logique de fonctionnement de l’institution.

Les membres de l’Académie française

La cohorte d’académiciens porte donc sur les membres de l’Académie Française au 1er janvier 2022. L’investigation réunit les 27 académiciens dont la DN complète est connue parmi les 35 membres de l’institution, cinq sièges n’étant pas pourvus :

  • Dominique Bona (née Conte), née le 29 juillet 1953 à 07h00 à Perpignan
  • Gabriel de Broglie, né le 21 avril 1931 à 01h30 à Versailles
  • Hélène Carrière d’Encausse, née le 06 juillet 1929 à 19h00 à Paris
  • Barbara Cassin, née le 24 octobre 1947 à 11h15 à Boulogne-Billancourt
  • François Chang, né le 30 aout 1929 à Nanchang (Chine), heure inconnue
  • Jean Clair, né le 20 octobre 1940 à 22h00 à Paris
  • Antoine Compagnon, né le 20 juillet 1950 à Bruxelles (Belgique), heure inconnue
  • Claude Dagens, né le 20 mai 1940 à 12h20 à Bordeaux
  • Xavier Darcos, né le 14 juillet 1947 à 23h59 à Limoges
  • Florence Delay, née le 19 mars 1941 à 07h00 à Paris
  • Michael Edwards, né le 29 avril 1938 à Barnes (Royaume-Uni), heure inconnue
  • Dominique Fernandez, né le 25 aout 1929 à 18h00 à Neuilly-sur-Seine
  • Alain Finkielkraut, né le 30 juin 1949 à 01h15 à Paris
  • Patrick Grainville, né le 1er juin 1947 à 22h30 à Villers-sur-Mer
  • Jules Hoffman, né le 02 aout 1941 à 16h30 à Echternach (Luxembourg)
  • Dany Lafferrière, né le 13 avril 1953 à Port-au-Prince (Haïti), heure inconnue
  • Marc Lambron, né le 04 février 1957 à 15h00 à Lyon
  • Amin Maalouf, né le 25 février 1949 à Beyrouth (Liban), heure inconnue
  • Andreï Makine, né le 10 septembre 1957 à Krasnoïarsk (Russie), heure inconnue
  • Jean-Luc Marion, né le 03 juillet 1946 à 13h00 à Meudon
  • Pierre Nora, né le 17 novembre 1931 à 00h15 à Paris
  • Erik Orsenna, né le 22 mars 1947 à 13h15 à Paris
  • Pascal Ory, né le 31 juillet 1948 à 10h10 à Fougères
  • Angelo Rinaldi, né le 17 juin 1940 à Bastia, heure inconnue
  • Daniel Rondeau, né le 07 mai 1948 à 02h30 à Mesnil-sur-Oger
  • Pierre Rosenberg, né le 13 avril 1936 à 05h30 à Paris
  • Jean-Marie Rouart, né le 08 avril 1943 à 11h20 à Neuilly-sur-Seine
  • Jean-Christophe Ruffin, né le 28 juin 1952 à 21h00 à Bourges
  • Danièle Sallenave, née le 28 octobre 1940 à 14h10 à Angers
  • Maurizio Serra, né le 03 juin 1955 à Londres (Royaume-Uni), heure inconnue
  • François Sureau, né le 19 septembre 1957 à 16h25 à Paris
  • Chantal Thomas, née le 18 octobre 1945 à 19h00 à Lyon
  • Mario Vargas Llosa, né le 28 mars 1936 à 00h45 à Arequipa (Pérou)
  • Frédéric Vitoux, né le 19 aout 1944 à 03h00 à Vitry-aux-Loges
  • Michel Zink, né le 05 mai 1945 à 19h45 à Issy-les-Moulineaux

Alain Finkielkraut, philosophe et académicien élu en 2014, est né sous une dominante Neptune au Descendant au carré du Soleil conjoint à Uranus au Fond-du-Ciel, sur fond zodiacal estival (Cancer-Lion) et solsticial (Cancer-Gémeaux). Cette formule met en évidence les familles planétaires Transcendance extensive (« T ») et représentation intensive (« r ») du RET.

Thème astrologique d’Alain Finkielkraut

Finkielkraut est à la fois intuitif et inspiré (Neptune), cérébral et concepteur (Uranus), ainsi qu’idéaliste et très attentif à son image publique (Soleil). Avec une telle formule, on est attiré par les forces de l’invisible (Neptune-Uranus), que l’on s’efforce au mieux de rendre clair et ordonné (Soleil-Uranus). Est-ce astrologiquement approprié pour remplir les fonctions confiées à un membre de l’Académie française ?

Les dominantes astrologiques des académiciens

Les graphiques suivants indiquent les probabilités que les valorisations des planètes et des familles planétaires RET observées chez les académiciens puissent être dues au hasard, selon une distribution normale.

Les valorisations planétaires

Le graphique ci-dessous représente en ordonnée la probabilité (comprise entre 0% et 100%) d’obtenir des rangs hiérarchiques planétaires moins élevés à partir de répartitions aléatoires. En abscisse figurent les planètes du thème astrologique, de la Lune à Pluton.

On observe ainsi qu’une seule planète présente un résultat inhabituel, s’écartant des attentes statistiques :

  • Pluton est sous-valorisé : 3,1 chances sur 100.

Par comparaison avec un échantillon aléatoire, il y a environ 3 chances sur 100 d’obtenir une valorisation plus faible de Pluton.

Les valorisations de familles planétaires

Le graphique suivant relève la probabilité d’obtenir des résultats statistiques moins élevés au niveau des familles planétaires RET, selon la même méthode.

Un seul résultat s’écarte des probabilités attendues :

  • La famille « Pouvoir extensif » (P) est sous-valorisée : 2,6 chances sur 100.

Par rapport à un échantillon de population aléatoire, il y a environ 2 à 3 chances sur 100 d’observer une valorisation plus faible de la famille Pouvoir extensif.

Les deux résultats astro-statistiques obtenus pour la cohorte des académiciens peuvent être mis en relation : Pluton appartient en effet à la famille Pouvoir extensif (« P ») du RET. L’interprétation principale porte donc sur un Pluton « P » sous-valorisé, soulignant la faiblesse de cette facette spécifique de la planète au sein de cette population.

Un Pouvoir de l’Ombre en zone aveugle ?

La Famille Pouvoir extensif (« P ») du RET a pour fonction de maintenir en place le niveau de réalité qu’elle représente. Les fonctions solaire (« rR »), marsienne (« eE ») et plutonienne (« tT ») ont les mêmes niveau source et niveau but : elles ont donc pour logique de s’auto-conserver. De façon imagée, on parle des fonctions du Roi, du Guerrier et du Sorcier pour évoquer le pouvoir du connu, du tangible, et de l’invisible. La question est donc de comprendre comment ces trois pouvoirs se manifestent aujourd’hui et pourquoi celui du sorcier est sous-valorisé chez les académiciens.

Le Pouvoir extensif dans nos sociétés contemporaines

Cette logique symbolique des pouvoirs (Roi, Guerrier, Sorcier) peut être transposée sur le fonctionnement de nos sociétés modernes1. Le pouvoir solaire concernera principalement l’État, dont la mission première est de permettre l’exercice de la souveraineté nationale. L’État aura notamment la charge d’édicter les règles de droit, de garantir la sécurité et l’ordre publics, d’organiser la justice, de définir la politique de défense, de mener la politique étrangère2… On retrouve donc bien le pouvoir du « Roi », garant du maintien de l’unité et des normes.

Au niveau solaire, le pouvoir dans nos sociétés modernes concernera également tout l’appareillage de communication mis en place par les médias et l’information officielle, qui prétend nous dire ce qu’on a à penser ou pas, ce qui est juste ou faux, ce qui est bien ou mal. On peut enfin citer quelques figures emblématiques de ce niveau : politiques, journalistes, enseignants…

Le Pouvoir marsien concernera l’acteur économique, entendu comme un agent en mesure de prendre des décisions influençant l’économie d’un pays3. On considère généralement les sociétés financières, les sociétés non-financières, les entreprises, les institutions sans buts lucratifs, les administrations publiques, les ménages. Ces agents peuvent avoir plusieurs fonctions : les ménages consomment les biens et services ; les sociétés financières collectent, transforment et distribuent des moyens de financement ; les administrations publiques produisent des services non-marchands à destination des ménages, etc.

C'est bien le pouvoir du « Guerrier », qui gère les ressources matérielles, administre et distribue les biens collectifs. Symboliquement, le Pouvoir marsien est aussi celui de l’argent, devenu le moteur de nos sociétés modernes. On parle, à juste titre, du « pouvoir d’achat » pour désigner la capacité de chacun à acquérir des biens et services.

Le Pouvoir plutonien est sans doute le plus difficile à cerner, Pluton incarnant l’invisible. Pour l’essentiel, le Pouvoir plutonien concerne les divers cercles d’influence qui agissent en coulisse pour défendre les intérêts de leur groupe. Il y a encore un siècle et demi, avant la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État, le Pouvoir plutonien était incarné par… l’église justement. De moins en moins toutefois.

Avant la Révolution de 1789, l’Église jouait un rôle clé dans la gestion de l’État. Chaque individu était baptisé, et l’institution structurait la vie des chrétiens. Les gens vivant dans la peur du jugement dernier, ils assuraient leur Salut en suivant rigoureusement les pratiques religieuses. Les traces publiques du Christianisme concernaient également les registres paroissiaux, une partie importante de l’enseignement, de nombreuses propriétés appartenaient à l’église…

Vient ensuite le Concordat de 1801 de Napoléon qui, afin de rétablir la paix religieuse à la suite des évènements révolutionnaires, organisait les relations entre les différentes religions et l’État. Ce traité reconnaissait le catholicisme comme la religion « de la majorité des Français », et non plus comme la religion de l’État. Le chef de l’État nomme les évêques, dont le nombre est réduit. L’Église n’a plus le droit de revendiquer les biens « nationalisés » par les lois révolutionnaires. Le concordat prévoyait également que l’autorité civile pouvait prendre des règlements de police concernant l’exercice du culte. Des articles organiques du Concordat reconnaissaient également aux ministres des cultes protestants et israélites les mêmes avantages qu’aux prêtres catholiques. À l’étranger enfin, de nombreux États européens avaient conclu avec le Saint-Siège des accords plus ou moins imités du Droit français : Bavière en 1817 ; Pays-Bas en 1827 ; Espagne dès 1851 ; Autriche en 1855 ; Portugal en 1857 ; Pologne en 1925…

Pendant des siècles, l’Église catholique a incarné le pouvoir du « Sorcier », maître des lois invisibles, des bénédictions et des malédictions. Son influence a décliné dès la Révolution française. Il a néanmoins fallu attendre en France l’abrogation unilatérale du Concordat avec la loi de séparation des Églises et de l’État promulguée le 09 décembre 19054 pour mettre fin à l’influence des églises définitivement. Fruit d’un long processus de laïcisation et de sécularisation engagé depuis la Révolution française, celle-ci proclame la liberté de conscience, garantit la liberté d’exercice du culte et la non-discrimination entre les religions. Elle pose notamment que « La République ne reconnait, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».

Dès lors, comment le Pouvoir plutonien s’exprime-t-il aujourd’hui dans nos sociétés laïques ? Qui incarne aujourd’hui le pouvoir du « Sorcier », œuvrant en coulisse de manière insidieuse ?

Des cercles d’influence qui dirigent le monde ?

Afin d’illustrer la manière dont s’objective dans notre société le Pouvoir plutonien, imperceptible, secret et distant, prenons un exemple : la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ou loi Veil du 17 janvier 1975. Cette loi, encadrant la dépénalisation de l’avortement en France, est réputée avoir été préparée par Simone Veil5, ministre de la santé sous la présidence de Valery Giscard d’Estaing. Cela n’est pas parfaitement exact...

Thème astrologique de Simone Veil

Pour s’en assurer, intéressons-nous à son profil professionnel. Cette dernière, diplômée d’une Licence de Droit obtenue à l’Institut d’Études Politiques de Paris, passe avec succès en 1956 le concours de la magistrature et occupe ensuite un poste de haut fonctionnaire dans l’administration pénitentiaire au ministère de la Justice. N’importe quel conditionaliste, armé en principe d’un solide esprit critique, se demandera s’il est vraisemblable qu’une politicienne, non spécialisée dans le domaine médical, ait pu prendre seule une telle décision, appelée ensuite à s’imposer à la France entière.

S’il est certain que l’intéressée, qui incarnait parfaitement la cause féminine, ait été l’acteur principal de la reconnaissance publique de cette loi sur l’avortement (« R »), qui derrière en a été l’inspirateur (« T ») ?

Aujourd’hui, grâce à la relative transparence de l’information rendue possible par Internet, on retrouve assez facilement d’autres informations sur la question, également pertinentes. Intéressons-nous donc à une autre personnalité : celle de Pierre Simon6, médecin français ayant œuvré dans les domaines qui touchent à la condition de la femme et à la représentation que se font nos sociétés du concept de vie : accouchement sans douleur, contraception, légalisation de l’avortement, procréation médicalement assistée, droit à la fin de vie7

Thème astrologique de Pierre Simon

En réalité, plusieurs personnalités françaises de la médecine sont réputées avoir joué un rôle majeur dans la légalisation de l’avortement, Pierre Simon n’étant parmi celles-ci que la figure la plus emblématique. Les Docteurs Jean Dalsace et Anne-Marie Dourlen-Rollier notamment, sont également considérés comme ayant activement participé aux débats concernant cette revendication de dépénalisation.

Plus encore, selon de nombreuses sources, les lois sur l’avortement auraient été mûries en France ainsi que dans la plupart des pays d’Europe de l’Ouest et aux États-Unis au sein des loges maçonniques. Pierre Simon lui-même était membre de la Grande Loge de France (GLDF), l’une des deux plus importantes obédiences en France, et avait le grade de Grand Maître. Enfin, nous mettons là le doigt en plein sur le pouvoir du Sorcier dans notre société, qui agit dans l’ombre en étant force de proposition, et plus généralement sur une dialectique Soleil-Pluton « P » : pouvoir visible / pouvoir invisible…

Le Pouvoir solaire, incarné par le politique, modèle l’opinion et guide les débats. Simone Veil, par exemple, a porté la loi sur l’avortement et défendu la cause des femmes en France. En coulisse, le Pouvoir plutonien agit discrètement à travers divers cercles d’influence. Pierre Simon, l’un des principaux architectes de cette réforme, aurait joué un rôle clé dans son élaboration. L’ombre a aussi ses héros…

De nombreux cercles d’influence agissent en coulisse et orientent les décisions politiques. Lobbys professionnels (pharmaceutique, agroalimentaire, tabac…), clubs élitistes comme « Le Siècle », laboratoires de réflexion (« think tanks ») ou ONG façonnent les débats.

Si ces cercles d’influence incarnent aujourd’hui le Pouvoir plutonien, il est intéressant de se demander où se situe l’Académie française dans cette dynamique. Jadis force de proposition incontournable dans la normalisation de la langue, exerce-t-elle encore un rôle d’influence ou a-t-elle perdu ce pouvoir en coulisse, expliquant ainsi sa sous-valorisation astrologique de Pluton ?

Une relation déséquilibrée entre les Pouvoirs

Une question qui nous intéresse également est de déterminer quelle(s) relation(s) ces différents Pouvoirs « R », « E » et « T » entretiennent entre eux. À l’heure actuelle, ces trois Pouvoirs, complémentaires pourtant par essence, paraissent fonctionner dans notre société sur un mode duel plus que duo. Il semble en effet que le Pouvoir solaire, celui des apparences, du visible et du communiqué, cherche à étouffer les deux autres…

Vis-à-vis du Pouvoir plutonien, notre société actuelle s’arrange pour masquer autant que possible toute influence des communautés telles que celles évoquées plus haut. L’origine d’une loi comme l’IVG par exemple est masquée exclusivement derrière le personnage politique qui l’a porté publiquement. De manière générale, l’influence des cercles idéologiques à l’origine des lois et des changements sociétaux est activement dissimulée. On les attribue à des figures politiques ou publiques en première ligne, alors qu’elles ne sont que la partie émergée d’un système qui les dépasse et les englobe.

Toute allusion aux cercles d’influence est rapidement qualifiée de complotisme. De même, rares sont les écrits sociologiques ou philosophiques « sérieux » qui en parlent. Le Pouvoir solaire s’efforce de donner une illusion de transparence, dissimulant ainsi l’influence du Pouvoir plutonien, exercé par des cercles fermés inaccessibles au citoyen ordinaire. Un minimum d’observation suffit à détecter l’influence discrète de ces cercles fermés.

Vis-à-vis du Pouvoir marsien, notre société semble exercer un contrôle des réalités de terrain au profit d’une doctrine mensongère destinée à les masquer. Le Pouvoir solaire des apparences s’arrange une fois de plus pour couvrir, ou du moins atténuer, l’expression d’un autre Pouvoir opposé à son idéologie bien-pensante. On nous parle, par exemple, d’une égalité des chances face à la vie : chacun disposerait à la naissance des mêmes atouts pour réussir professionnellement, économiquement et socialement. Or, pour un marsien ancré dans la réalité des faits, certains baignent dès l’enfance dans un environnement économique, social et culturel plus favorable, les rendant naturellement plus enclins à reproduire les modèles des classes dominantes qui leur ont été transmis. Certains naissent avantagés, d’autres moins.

Dans un autre registre, l’étouffement du Pouvoir marsien par l’idéologie solaire transparaît aussi dans l’hypocrisie généralisée du politiquement correct. On nous abreuve d’euphémismes : les vieux deviennent des « personnes âgées », les handicapés des « personnes à mobilité réduite », les chômeurs des « demandeurs d’emploi » ; et les « gens issus de la diversité » désignent les noirs et les arabes… Comme si renommer les choses (Soleil) suffisait à transcender leur réalité véritable (Mars).

Des immortels dépourvus d’influence ?

Si une étude astro-statistique autorise de nombreuses et riches digressions en lien avec le sujet développé, revenons-en à présent à notre question posée initialement : pourquoi les membres de l’Académie française, qualifiés « d’immortels », présentent-ils collectivement une sous-valorisation de Pluton et du « Pouvoir extensif » ?

Pour répondre à la question, nous nous baserons principalement sur l’analyse pertinente du journaliste Pierre Robert accordée à Radio France en novembre 20178 ainsi que sur l’entretien accordé à la revue Ballast en septembre 2017 par Maria Candea9, professeur de linguistique à l’Université de Paris 3 (Sorbonne Nouvelle).

Au XVIIIe siècle, l’Académie française a joué un rôle très important10. Elle était portée par le siècle des Lumières : il y a eu trois éditions de leur dictionnaire et deux réformes de l’orthographe de première importance. Chaque édition du dictionnaire a façonné l’orthographe et structuré la grammaire française. Avec la 3e édition en 1740, un tiers des mots change d'orthographe et les accents font leur apparition : « throne » ou « escrire » deviennent ainsi “trône” et “écrire”. En 1835, avec le 6e dictionnaire de l’Académie, la réforme de l’orthographe statue sur la conjugaison : le « oi » devient « ai », « étoit » devient « était »…

L’Académie française a ainsi été force de proposition pendant plus de deux siècles concernant l’orthographe, et a notamment beaucoup contribué à son unification sur le territoire. Le pouvoir politique de l’époque s’appuyait majoritairement sur le travail effectué par celle-ci pour décider de ce qui est correct ou non et selon quels critères, à tel point que le Parlement de l’époque, dont l’Académie servait en quelque sorte de nègre dans le domaine des Lettres, y voyait une autorité capable de rivaliser avec lui.

On retrouve bien le schéma évoqué plus haut : l’Académie française, institution secrète ou au moins ésotérique, était en charge de travailler à la normalisation de la langue et le Parlement, institution plus officielle, légiférait ensuite sur la base des travaux effectués par la première. Le pouvoir du sorcier (plutonien), incarné par l’institution mentionnée dans le domaine des Lettres, œuvrait bien à influer de manière discrète et le pouvoir représentatif du roi (solaire) s’en faisait ensuite le porte-parole devant la société.

Aujourd’hui, l’Académie française n’exerce plus de rôle normatif et a perdu son influence sociale d’antan. Si l'institution a fait figure d’autorité pendant deux siècles, ce fut également parce que seuls quelques lettrés étaient en mesure de s’y opposer. Avec l’accès massif de la population à l’éducation, ainsi qu’à la professionnalisation des sciences du langage, l'institution s’est progressivement retrouvée dépossédée du monopole de la normalisation du langage. Le dernier linguiste ayant siégé au sein de l’Académie était le philologue Gaston Paris, décédé en 1903.

Selon ses premiers statuts, à sa création, l’Académie était censée faire un Dictionnaire, une Grammaire, une Poétique et une Rhétorique. En presque quatre siècles, ils ont bouclé à peine huit éditions de leur dictionnaire et ont édité une seule grammaire, en 1930. L'influence de l'Académie, aujourd’hui, serait essentiellement de l'ordre du médiatique, comme en témoigne sa tendance à se mêler régulièrement aux polémiques linguistiques11.

L’Académie aurait ainsi commencé à être très contestée au XIXe siècle et avec leur dernier dictionnaire publié en 1935 (aucun n’ayant été édité depuis), elle aurait décliné : « Leur première grammaire a été tellement attaquée et tournée en ridicule que ça a un peu été le coup de grâce » assure Maria Candea, auteur de l’ouvrage L'Académie contre la langue française. L’Académie française a perdu son prestige d’antan.

Parmi les critiques adressées à l’Académie française, citons également : institution pour l’essentiel composée d’absentéistes ; incompétence en lettres, les membres n’étant pas cooptés sur la base d’une formation linguistique ; diffusion de messages sexistes, conservateurs et réactionnaires ; extrême pauvreté des arguments ; très faible féminisation de ses membres…

Si l'Académie n'est plus décisionnaire aujourd’hui, alors où se décide le sort de la langue française ? C'est essentiellement à la Direction générale de la langue française et des langues de France (DGLFLF), qui dépend du ministère de la Culture. Plus de 200 experts appartenant à 19 collèges, sélectionnés en fonction de leurs compétences linguistiques, y sont chargés de normaliser la langue. Il y a aussi un gros travail qui est mené par l’Association française de normalisation (Afnor). Lorsqu’il est demandé à l’Académie de donner son avis sur la langue française, notamment sur les néologismes, c’est bien plus souvent des employés de l’Académie agrégés en Lettres que des académiciens eux-mêmes qui sont chargés de répondre…

L’évolution de l’Académie française, autrefois influente et aujourd’hui reléguée à un rôle plus symbolique, se reflète dans la configuration astrologique de ses membres. Si Pluton est sous-valorisé chez les académiciens, c’est peut-être parce qu’ils appartiennent à une institution dont l’autorité ne repose plus sur un pouvoir souterrain, mais davantage sur une reconnaissance sociale et médiatique. Il n’est en effet pas incohérent de faire corroborer la personnalité des membres qui siègent à l’Académie avec le rôle social joué par l’institution, l’un et l’autre partageant à priori la même logique.

Autrefois influents en coulisse sur le développement de la langue française (Pluton « P »), les académiciens semblent aujourd’hui relégués à un rôle purement symbolique face au pouvoir officiel (Soleil « P »). L’Académie, dont la mission initiale était d’accompagner l’évolution de la langue, s’est progressivement retrouvée dépossédée de toute influence réelle. Incarnation du Pouvoir plutonien dans le domaine des Lettres à son origine, elle ne joue désormais plus son rôle et a perdu toute capacité d’action souterraine, ce qui explique la sous-valorisation de Pluton « P » observée dans cette cohorte. Le pouvoir du sorcier (Pluton), qu’elle semblait autrefois incarner dans son domaine (les Lettres), est aujourd’hui exercé par d’autres institutions, elles-mêmes rattachées au pouvoir officiel (Soleil).

Sortir du référentiel Sujet

Une étude astro-statistique se concentre généralement sur le référentiel Sujet du SORI12. S’appuyant sur une cohorte de population donnée, elle cherche à identifier les planètes (et signes, etc.) dominants et à les corréler aux aptitudes particulières (comportementales, cognitives…) des individus composant la cohorte.

Néanmoins, une étude astro-statistique peut également sortir de ce référentiel et aller plus loin. Les dominantes planétaires (et zodiacales, etc.) qui ressortent de la cohorte de population testée peuvent également être corrélées avec l’activité autour de laquelle les individus ont été sélectionnés, ces derniers partageant à priori les caractéristiques psychologiques intrinsèques à cette activité. Nous passons ici au référentiel Objet.

Si la plupart des courants astrologiques restent quasi-exclusivement focalisés sur le référentiel Sujet, le conditionalisme va par contre bien au-delà. Les significations planétaires et le RET notamment, peuvent largement s’appliquer aux autres référentiels et permettent de nombreuses analyses qui concordent avec l’observation. Ce texte explore comment les trois Pouvoirs du RET s’incarnent dans notre société (référentiel Objet) et plus particulièrement le pouvoir plutonien du Sorcier.

De manière générale, chacune des planètes astrologiques et familles planétaires RET peut être interprété selon les quatre niveaux d’information du SORI. On combinera alors les significations des référentiels RET (3 niveaux) et SORI (4 niveaux) pour obtenir 12 niveaux d’information : la Représentation, l’Existence et la Transcendance du Sujet ; la Représentation, l’Existence et la Transcendance de l’Objet ; la Représentation, l’Existence et la Transcendance de la Relation ; la Représentation, l’Existence et la Transcendance de l’Intégration.

L’astrologie conditionaliste ne se contente plus d’analyser des individus, elle révèle aussi les structures invisibles qui régissent le réel. En ce sens, il est indéniable qu’à terme, un jour ou l’autre, c’est elle qui deviendra immortelle.


Note méthodologique — mise à jour

Cet article a été rédigé à partir d’analyses réalisées avec le logiciel AstroStat, développé par Julien Rouger. Depuis cette publication, nous avons poursuivi ce travail dans le cadre du moteur statistique GéoAstro, qui reprend la même logique méthodologique dans une approche plus synthétique.

De légères différences peuvent ainsi apparaître entre les résultats obtenus avec AstroStat et ceux générés avec GéoAstro, sans remettre en cause les tendances principales décrites dans cet article.

Les graphiques présentés ici ont été produits a posteriori avec GéoAstro, à partir des mêmes cohortes, afin d’offrir une représentation visuelle homogène des résultats.


Annexe : Les membres de l’Académie française – Pluton

Cette annexe présente des éléments statistiques complémentaires concernant les membres de l’Académie française, fondés sur des représentations graphiques non incluses dans l’article principal. Ces résultats visent à élargir la perspective analytique et à soutenir une interprétation plus nuancée des données.

Le résultat présenté ici correspond à l’écart statistique le plus marqué observé dans le groupe et est proposé comme exemple illustratif de la méthode d’évaluation statistique appliquée à l’ensemble des planètes.

Courbe de distribution gaussienne

Une fonction gaussienne est une fonction exponentielle utilisée pour représenter la distribution d’un ensemble de données en fonction de la densité de ses valeurs. La courbe gaussienne ci-dessous illustre la probabilité d’observer, dans la population générale, une valorisation de Pluton inférieure à celle constatée chez les membres de l’Académie française.

Le graphique ci-dessus présente les résultats suivants pour Pluton :

  • Probabilité empirique : 3,1 % des simulations produisent un score inférieur.
  • Z-score : +1,78, indiquant que le résultat est statistiquement significatif.
  • P-value théorique : 0,037, indiquant la position relative du résultat observé au sein de la distribution théorique attendue sous l’hypothèse nulle.

Courbe d’estimation de densité par noyau (KDE)

En statistique, l’estimation de densité par noyau (KDE) est une méthode non paramétrique permettant d’estimer la fonction de densité de probabilité d’une variable aléatoire à partir de données observées. La courbe KDE est fondée sur les valeurs de rang hiérarchique, le logiciel calculant les estimations de probabilité à partir de la distribution empirique de ces rangs.

Le graphique ci-dessus présente les résultats suivants pour Pluton :

  • Rang du groupe : 6,7 sur une échelle de 1 à 10.
  • Écart-type du groupe : 0,6, indiquant la dispersion des valeurs autour du rang moyen.
  • Rang attendu : 5,8, correspondant à la moyenne théorique sous l’hypothèse nulle.

Les courbes gaussienne et KDE offrent une représentation statistique complémentaire aux histogrammes globaux, en permettant d’examiner plus finement la distribution des rangs pour un élément donné, et d’en situer la position relative au sein de la population étudiée.


Notes

1 Lire sur AstroAriana, « Soleil-Mars-Pluton : Pouvoir extensif » de Richard Pellard.

2 Source : Constitution de la Ve République française du 04 octobre 1958.

3 Les acteurs de l’économie et les grandes fonctions économiques ; editions-ellipses.fr.

4 À noter que le Concordat, pour des raisons historiques, est encore en vigueur dans les départements du Bas-Rhin, Haut-Rhin et de la Moselle (annexion de ces territoires par l’Allemagne entre 1870 et 1918).

5 Simone Veil, née le 13 juillet 1927 à 08h15 à Nice. La mention de cette personnalité est d’autant plus intéressante dans cette étude qu’elle a elle-même été membre de l’Académie française entre 2008 et 2017 (fauteuil 13).

6 Pierre Simon, né le 03 janvier 1925 à 01h30 à Metz.

7 Lire l’article Wikipédia consacré à Pierre Simon.

8 Pierre Robert, L’Académie française est-elle encore utile ?

9 Maria Candea, Le langage est politique.

10 Olivier Ihl, historien, « Du Grain à Moudre » (mai 2008), France Culture.

11 Exemple : récemment, l’Académie s’est prononcée négativement sur la question de la féminisation des fonctions et des titres, qu’elle qualifie de « péril mortel » pour la langue française.

12 Modèle conditionaliste dont les initiales signifient : Sujet, Objet, Relation, Intégration.