Les Médaillés Fields
Une élite des mathématiques
Par Manuel da Costa — GéoAstro
La médaille Fields est une prestigieuse récompense attribuée pour des travaux en mathématiques, souvent comparée au prix Nobel. Elle est attribuée tous les quatre ans au cours du congrès international des mathématiciens, à quatre mathématiciens au plus de moins de 40 ans pour la reconnaissance de leurs travaux.
Quatorze médaillés Fields sont français, ce qui place la France en 2e position, derrière les États-Unis qui détiennent quinze médailles. Cocorico !
Les plus grands mathématiciens partagent-ils des caractéristiques astrologiques communes ? L’astrologie peut-elle révéler des aptitudes particulières aux mathématiques ? Cette étude statistique tente de répondre à ces questions à travers l’analyse du thème des médaillés Fields.
L’outil statistique en astrologie
L’outil statistique est un instrument d’étude qui, en astrologie, permet de déterminer si une corrélation existe entre le thème astrologique et l’activité exercée. Toutefois, il est important de préciser que le thème astrologique ne renseigne que sur la structure psychologique et comportementale du sujet, et ne révèle pas une vocation.
Ce point est important : il ne s'agit pas de passer directement du thème astrologique aux activités pratiquées. L’étude du thème astrologique permet uniquement de déterminer les aptitudes comportementales individuelles. À partir de ces grandes lignes, on s'intéressera ensuite à l'activité exercée :
On peut observer sur le schéma ci-dessus (premier lien) que le thème astrologique détermine la structure psychologique du sujet observé. Ce premier lien est déjà conditionnel. L’influence astrologique agit aux côtés d’autres facteurs, notamment biologiques, socioculturels, éducatifs, environnementaux. Chacun d’entre nous reçoit une multitude d’influences qui conditionne son comportement et l’exprime à sa manière. Toutefois, si l’influence astrologique est conditionnelle, on peut établir des portraits astrologiques « types » dans lesquels on arrive à se reconnaitre.
Ensuite (second lien), on s’intéressera à l’influence de la structure psychologique du sujet sur les activités qu’il pratique. Ce second lien est complexe à déterminer. Les corrélations entre la structure psychologique et l’activité privilégiée sont en effet non-évidentes et peuvent avoir des origines multiples. L’observation la plus élémentaire montre que dans n’importe quel groupe socioprofessionnel par exemple, on peut rencontrer des gens psychologiquement très différents les uns des autres.
Alors finalement, l’outil statistique en astrologie, comment ça fonctionne ? Pour qu’une étude astro-statistique puisse faire ressortir des résultats significatifs, il est nécessaire que certaines aptitudes comportementales voire cognitives (associées à une fonction planétaire ou zodiacale) soient surreprésentées ou au contraire sous-représentées pour l’activité étudiée. Si un même métier ou une même activité regroupe le plus souvent des profils variés, certaines aptitudes peuvent néanmoins être plus ou moins fréquentes que dans la population moyenne.
En d’autres termes, pour qu’une étude astro-statistique puisse présenter des résultats significatifs, il est nécessaire qu’il existe des corrélations nettement marquées, ou au contraire nettement peu marquées, entre un type de personnalité et l’activité passée au crible.
Enfin, quel est l’intérêt de l’outil statistique en astrologie ? Les études astro-statistiques cherchent à déterminer si une influence astrologique peut être observée sur un groupe de population. Si l’on arrive à mettre en évidence une corrélation significative entre la structure psychologique et les dominantes (ou les non-dominantes) du thème astrologique, on parvient en effet à établir que l’astrologie exerce une influence sur la psychologie et les comportements humains. Si en revanche aucun résultat significatif ne se dégage de l’investigation, cela signifie qu’aucun type psychologique n’est anormalement représenté dans le groupe de population étudié, et non que l’influence astrologique n’est pas effective.
Une élite des mathématiques
Pour mener une étude statistique en astrologie avec rigueur, il est nécessaire d’établir une cohorte de population en sélectionnant les individus les plus doués dans une activité donnée. Effectivement, plus la cohorte de population est élitiste, plus on a de chances d’observer des résultats astro-statistiques significatifs. En sélectionnant des individus de niveaux intermédiaires, on peut penser à priori que l’on obtiendrait soit les mêmes résultats mais de façon moins marquée, soit aucun résultat.
Ici, les individus sélectionnés pour cette étude ont obtenu la médaille Fields. Avantage ? Leur niveau en mathématiques est incontestable. Inconvénient ? Le critère de sélection des données ne permet de réunir que très peu de personnalités.
Les médaillés Fields français1 sont les suivants, selon l’année d’obtention :
- 1950 : Laurent Schwartz, né le 05 mars 1915 à 14h00 à Paris
- 1954 : Jean-Pierre Serre, né le 15 septembre 1926 à 00h15 à Bages
- 1958 : René Thom, né le 02 septembre 1923 à 00h10 à Montbéliard
- 1966 : Alexandre Grothendieck, né le 28 mars 1928 à 00h45 à Berlin (Allemagne)
- 1982 : Alain Connes, né le 1er avril 1947 à 10h00 à Draguignan
- 1994 : Pierre-Louis Lions, né le 11 août 1956 à 18h00 à Grasse
- et Jean-Christophe Yoccoz, né le 29 mai 1957 à 11h10 à Paris
- 1998 : Maxime Kontsevitch, né le 25 août 1964 à Khimki (Russie), heure inconnue
- 2002 : Laurent Lafforge, né le 06 novembre 1966 à 10h30 à Antony
- 2006 : Wendelin Werner, né le 23 septembre 1968 à Cologne (Allemagne), heure inconnue
- 2010 : Cédric Villani, né le 05 octobre 1973 à 19h25 à Brive-la-Gaillarde
- et Ngô Bào Chau, né le 28 juin 1972 à Hanoï (Vietnam), heure inconnue
- 2014 : Artur Avila, né le 29 juin 1979 à Rio de Janeiro (Brésil), heure inconnue
- 2022 : Hugo Duminil-Copin, né le 26 aout 1985 à 16h00 à Châtenay-Malabry
Parmi les 14 médaillés Fields de nationalité française, on remarque que l’heure de naissance de seulement 10 d’entre eux est connue. Afin de compléter la cohorte de population, on peut retenir les deux médaillés Fields de nationalité belge, dont la DN complète est connue2 :
- 1978 : Pierre Deligne, né le 03 octobre 1944 à 07h15 à Bruxelles (Belgique)
- 1994 : Jean Bourgain, né le 28 février 1954 à 13h40 à Oostende (Belgique)
Pour mener une investigation astro-statistique complète, il est préférable que la cohorte de population soit importante en nombre pour avoir des chances d’obtenir des résultats significatifs. Avec peu de « DN », on se bornera à rechercher si des résultats statistiques peuvent être observés au niveau des dominantes planétaires. Une analyse des signes zodiacaux nécessiterait en effet une cohorte plus importante en nombre, un thème individuel ne valorisant le plus souvent que deux ou trois signes sur douze, rarement plus.
Cette étude astro-statistique sur les médaillés Fields ne traitera donc que des dominantes planétaires, les lauréats dont le thème est connu étant au total au nombre de 12.
Les planètes dominantes des médaillés Fields
Le logiciel AstroStat
Pour analyser les données astrologiques extraites du groupe de médaillés Fields, le logiciel AstroStat3 évalue la probabilité qu’un échantillon de population constitué aléatoirement puisse présenter des résultats identiques.
Pour cela, le logiciel établit dans un premier temps un échantillon de comparaison en mélangeant les dates et les heures de naissance des médaillés selon une méthode aléatoire. En effectuant ainsi 10 000 échantillons de comparaison, le logiciel permet d’obtenir les probabilités de distribution normale pour chaque planète et famille planétaire à partir des mêmes dates de naissance.
Le critère d’évaluation des données retenu par le logiciel est le rang moyen dans la hiérarchie des planètes (de 1 à 10 pour 10 planètes) et des familles planétaires RET (de 1 à 8 pour 8 familles planétaires).
Ensuite, le logiciel détermine dans un second temps les probabilités d’obtenir les rangs hiérarchiques moyens de planètes et de familles planétaires RET observés pour le groupe de médaillés Fields, en les comparant aux rangs hiérarchiques moyens obtenus avec les distributions aléatoires. En d’autres termes, le logiciel calcule la probabilité que les résultats obtenus avec le groupe étudié puissent être dus au hasard.
Concernant l’interprétation des probabilités obtenues enfin, on considère généralement en statistiques qu’un résultat est mathématiquement improbable dès lors qu’il se situe en dessous du seuil de probabilité de 5 % : les résultats qui se situent en dessous sont alors considérés comme étant trop improbables pour être dus au hasard.
Des valorisations planétaires anormales
Les graphiques suivants relèvent les probabilités d’obtenir les valorisations de planètes et de familles planétaires RET des médaillés Fields à partir des répartitions normales.
Les dominantes planétaires
Le graphique ci-dessous présente en ordonnée la probabilité, compris entre 0 % et 100 %, d’obtenir des rangs hiérarchiques planétaires moins élevés à partir de répartitions aléatoires. En abscisse, les planètes du thème astrologique sont indiquées, de la Lune à Pluton.
Les valeurs comprises entre 5 % et 95 % sont affichées en bleu et correspondent aux probabilités attendues dans le cadre du hasard. En revanche, les probabilités inférieures à 5 % ou supérieures à 95 % sont mises en évidence par un code couleur spécifique : gris pour les sous-valorisations, orange pour les survalorisations. Ces cas suggèrent un effet astrologique significatif au sein de la cohorte analysée. Par exemple, une probabilité de 80,3 % pour la Lune indique que, dans près de 80 % des simulations aléatoires, la Lune est moins valorisée que chez les médaillés Fields.
Trois planètes des médaillés Fields présentent des résultats atypiques :
- Le Soleil est sous-valorisé : 3,3 chances sur 100 ;
- Jupiter est sous-valorisé : 3,3 chances sur 100 ;
- Uranus est survalorisé : 99,3 chances sur 100.
Comparé à un échantillon de population aléatoire, la probabilité d’une valorisation plus faible du Soleil et de Jupiter est d’environ 3 chances sur 100, tandis qu’elle dépasse 99 chances sur 100 pour Uranus.
Les familles planétaires RET
Le graphique suivant illustre, pour chaque famille planétaire RET, la probabilité d’obtenir des résultats statistiques inférieurs à ceux observés dans notre cohorte, selon la même méthode que précédemment.
Chaque barre représente la probabilité qu’une distribution aléatoire valorise moins fortement la famille concernée que chez les médaillés Fields. Par exemple, pour la famille « p » (pouvoir intensif), cette probabilité est d’environ 96,6 %, ce qui indique un effet astrologique marqué au sein de cette population.
Deux familles planétaires présentent des résultats atypiques :
- La famille « pouvoir intensif » (p) est survalorisée : 96,6 chances sur 100 ;
- La famille « Existence extensive » (E) est sous-valorisée : 2,3 chances sur 100.
Il y a environ 97 chances sur 100 qu'un échantillon aléatoire présente une valorisation moindre de la famille pouvoir intensif, tandis qu'il y a environ 2 chances sur 100 pour la famille Existence extensive.
Les profils planétaires des médaillés Fields
Uranus, le Prométhéen
La seule planète qui présente une survalorisation chez les médaillés Fields est donc Uranus. Selon l’astrologie conditionaliste, Uranus part du niveau Transcendance extensive (« T ») et s’oriente vers le niveau représentation intensive (« r »). On part donc du multiple pour aller à l’unique, du pluriel pour aller au singulier. L’uranien est ainsi qualifié de volontariste intransigeant, à la personnalité froide et à la cérébralité conceptrice. On lui prête également des qualités d’originalité, d’individualisme, d’émancipation, d’universalité…
Citons ce court extrait du Grand livre de l’astrologue4, à propos d’Uranus : « Cette planète gouverne la transformation du pluriel en singulier. Pareille fonction rassemble les forces éparpillées au profit d’une seule, omnipotente. Elle mobilise, concentre, focalise, et polarise. De même, l’invisible se change en éclair, le nombre se fait Un. (…) Positive, cette planète élitiste-réductrice permet de révéler l’inconnu, formuler l’informulable, représenter les réalités complexes sous forme de codes et langages nouveaux, sans rapport avec les facultés sensibles (idéation pure, langage mathématique) ».
En quoi cette planète favorise-t-elle donc un quelconque talent pour les mathématiques, qui caractérise les médaillés Fields ? D’un point de vue universel, Uranus traduit la complexité en modèles simples, en structurant l’abstrait et l’invisible. Il transforme le multiple en représentations claires. Bref, il passe du niveau « T » du multiple au niveau « r » du représenté.
Or, qu’est-ce que les mathématiques5 ? Selon le dictionnaire Larousse, il s’agit d’une « science abstraite, à caractère essentiellement déductif, qui se construit par le seul raisonnement. (…) Son langage, à la fois très général et codifié, est un instrument puissant de simplification et de normalisation qui s’applique à la totalité des différentes branches des mathématiques ». Ou encore : « science qui étudie par le moyen du raisonnement déductif les propriétés d’êtres abstraits (nombres, figures géométriques, fonctions, espace, etc.) ainsi que les relations qui s’établissent entre eux ».
Ces définitions mettent principalement l’accent sur deux éléments : les mathématiques apparaissent d’une part comme l’étude d’éléments abstraits, se construisant par le seul raisonnement (« T ») et d’autre part comme un langage de codification, de normalisation et de simplification (« r »). En ce sens, les mathématiques semblent présenter une correspondance avec la fonction uranienne : structuration de l’invisible, modélisation de la complexité, codification d’éléments abstraits…
C’est cette conformité qui expliquerait la survalorisation de la planète Uranus chez les lauréats de la médaille Fields. Ces derniers seraient sur la bonne « longueur d’onde », et disposeraient du « type » de cérébralité ou d’intelligence qui permettrait d’être le plus efficace dans cette discipline. Évidemment, seuls les uraniens les plus doués peuvent prétendre à atteindre un tel niveau en mathématiques, le seul fait d’avoir la planète valorisée dans son thème astrologique n’étant pas suffisant.
Soleil-Jupiter ou le prestige social
Les deux planètes sous-valorisées chez les médaillés Fields sont le Soleil et Jupiter, soit les deux autres planètes de la famille « représentation intensive ». Comment expliquer que ces deux autres planètes présentent une faible valorisation chez les médaillés Fields ? S’agit-il d’un désintérêt pour les mathématiques, d’aptitudes dans cette discipline moins développées, ou plutôt du statut du chercheur, marginalisé par notre société ?
On ne vise pas à devenir médaillé Fields lorsqu’on s’oriente professionnellement. On visera plutôt d’abord à devenir chercheur en mathématiques. Or, il est certain que la profession de chercheur dans nos sociétés et en France en particulier n’est pas particulièrement valorisée, ni facile d’accès. Depuis de nombreuses années, la migration des élites est en effet croissante : de nombreux chercheurs dans différentes disciplines partent à l’étranger pour trouver des conditions de travail ou de rémunération plus avantageuses que chez nous. On parle du phénomène de la « fuite des cerveaux ».
En quoi cela peut-il expliquer la sous-valorisation du Soleil et de Jupiter chez les médaillés Fields ? Avec un Soleil valorisé, l’individu recherche le prestige et la reconnaissance sociale. Il souhaite être un modèle reconnu dans son domaine d’activité et susciter l’intérêt d’autrui. Avec Jupiter valorisé, on a besoin de saisir des opportunités concrètes, de prospérer matériellement et d’être reconnu pour ses compétences. On a surement aussi une plus grande facilité à se conformer à des modèles de réussite standards.
Citons à nouveau Le Grand Livre de L’astrologue6, concernant cette fois les aspects Soleil-Jupiter dominants : « Aspect du héros rayonnant. Il passe aussi pour généreux, réaliste, magnanime et de bon sens. (…) Sa vitalité remarquable l’autorise à porter de lourdes responsabilités et à briguer toutes sortes de fonctions publiques, présidentielles si possibles. (…) En outre, il légifère souvent, et l’on note un fort penchant à se fabriquer, sur mesure, des lois et des conceptions confortables pour ses gros appétits ». On relèvera donc que ces deux planètes ont en commun de favoriser une forte sensibilité pour sa position sociale et une quête de reconnaissance. Ces traits correspondent peu au statut souvent discret du chercheur.
Ainsi, on peut penser que les individus nés avec une dominante solaro-jupitérienne, lorsqu’ils ont de grandes facilités dans la discipline des mathématiques, privilégieront le plus souvent une orientation vers des carrières plus visibles ou permettant d’avoir plus facilement un bon train de vie. Ils pourraient par exemple préférer intégrer les écoles d’ingénieurs françaises les plus prestigieuses (Polytechnique, Écoles centrales…) qui leur permettront d’exercer des professions mieux reconnues, plutôt que de s’orienter vers la recherche universitaire.
Uranus, qui partage avec le Soleil et Jupiter le niveau « r » (représentation intensive), émerge du niveau « T » de la transcendance. Ainsi, un Uranien pourrait aussi avoir plus de facilité à assumer des situations ingrates, moins valorisées et reconnues socialement. Il pourrait également accorder plus d'importance qu’autrui à la notion de vocation professionnelle (« T »).
Une réalité non-matérielle
Au niveau des familles planétaires RET, nous avons observé une survalorisation de la famille pouvoir intensif (« p ») ainsi qu’une sous-valorisation de la famille Existence extensive (« E »). Ces deux familles mettent en valeur le couple Lune-Mars : homogénéité et dualité, ou perception indifférenciée de l’environnement d’un côté et perception par le biais de ses cinq sens de l’autre.
Diamétralement opposées dans le système RET, ces deux familles planétaires ont un mode de perception du réel très différent l’une de l’autre. En quoi cela concerne-t-il les mathématiques et nos médaillés Fields ? Nos résultats indiquent que les mathématiciens privilégient un mode de perception du réel nettement plus que l’autre.
Revenons-en à nos définitions. Le mathématicien (et médaillés Fields) Alain Connes explique7 que « quoi que non-fondé principalement sur les cinq sens, la perception que nous avons de la réalité mathématique fait que celle-ci manifeste une résistance et une cohérence comparables à celles de la réalité extérieure. La différence essentielle, fondamentale, c’est qu’elle échappe à toute forme de localisation dans l’espace et dans le temps. (…) Alors comment perçoit-on cette réalité ? Sans doute avec un sens distinct des autres sens, et plus élaboré. Les autres sciences s’intéressent à l’organisation de la matière à diverses échelles. Comme les autres sciences, les mathématiques s’intéressent à l’organisation d’une réalité, sauf que celle-ci n’est pas matérielle… De plus, cette réalité est une source inépuisable d’informations. (…) Je suis prêt à parier qu’on s’apercevra un jour que la réalité matérielle se situe en fait à l’intérieur de la réalité mathématique ».
Les mathématiques ne reposeraient donc pas sur les cinq sens, mais sur une réalité abstraite, hors du temps et de l’espace. Elles s’intéresseraient à une organisation du réel non-matérielle. Alain Connes, qui ne connait probablement rien des significations planétaires astrologiques, définit sa discipline comme étant intrinsèquement un mode de compréhension du réel focalisé sur le pouvoir intensif.
Le pouvoir intensif est en effet un RET concentré. Toutes les fonctions planétaires sont réunies de façon homogène et indifférenciée (RET intensif), par opposition aux autres fonctions planétaires différentiées (RET extensif), organisées autour de l’axe Soleil-Mars-Pluton. Le pouvoir intensif correspond ainsi à une matrice-mère universelle, un contenant primordial, un univers dans sa globalité.
Les résultats obtenus dans le cadre de notre étude (surreprésentation du « p ») nous laissent entendre que les mathématiques auraient une affinité avec le pouvoir intensif. Le RET intensif de la Lune correspondrait à un niveau de réalité sous-jacent au monde matériel, à un système embryonnaire qui structurerait en profondeur la réalité sensible. Ainsi, les mathématiciens investiraient leurs facultés de conceptualisation (Uranus) dans la compréhension de l’organisation d’une réalité non-sensible (pouvoir intensif). Une réalité non-localisable dans le temps et l’espace et non-matérialisée.
Alain Connes oppose également les mathématiques aux autres sciences, qu’il décrit sans le savoir comme étant basées sur un mode de perception « Existence extensive » : les autres sciences s’intéresseraient à l’organisation de la matière, prendraient appui sur la réalité extérieure, sur la perception des cinq sens… On a tendance en effet à opposer les « sciences pures » que sont les mathématiques et les « sciences expérimentales », expression « E » en elle-même, que sont les sciences physiques, la chimie et la biologie.
À l’inverse des mathématiciens, les théoriciens des sciences expérimentales investiraient donc leurs facultés d’investigation dans la compréhension de l’organisation d’une réalité matérielle, localisable dans le temps et dans l’espace, et expérimentable. Le niveau « E » se situe en effet au centre du RET et la fonction marsienne (eE), duo-duelle, au cœur du réel.
Enfin, Alain Connes est prêt à parier que cette réalité matérielle existerait en fait à l’intérieur de la réalité mathématique. Il prend l’exemple du tableau périodique des éléments (tables de Mendeleiev), qui permet d’ordonner les éléments chimiques en fonction de leur configuration électronique. Les « périodes » du tableau de classification comportent en effet un nombre d’éléments chimiques croissants (2, 8, 18, 32) qui ont conduit à constater qu’ils résultent en fait de mathématiques simples : 2x12 =2 ; 2x22 =8 ; 2x32 =18 ; 2x42 =32. Alain Connes considère ainsi que les mathématiques existeraient en elles-mêmes et ne seraient pas seulement une construction de l’esprit humain.
En langage conditionaliste, on traduira que la réalité matérielle, centrée sur le niveau « E », existerait à l’intérieur d’une réalité mathématique, de niveau « p ». Le réel observable (« E ») s’inscrirait à l’intérieur d’une structure homogène, d’une matrice qui porterait en elle-même et de façon indifférenciée l’ensemble des virtualités possibles du réel (« p »).
Selon les conditionalistes, le réel peut en effet se définir à travers les différents niveaux du RET dont le couple Lune-Mars occupe une position centrale. Les niveaux d’information du RET communiquent entre eux et peuvent être confrontés à l’expérience. Ainsi, on constate que ces outils permettent de nombreuses analyses pertinentes !
Des transits planétaires déclencheurs ?
L’une des principales limites d’une étude statistique en astrologie est qu’elle valorise une approche statique : on ne tient compte que du thème de naissance des sujets retenus. Rechercher quels ont été les transits déclencheurs pour chaque individu composant un groupe de population très important en nombre serait en effet quelque peu… prométhéen.
Or, on sait que l’influence du thème astrologique est au contraire dynamique. Tout au long de sa vie, chacun d’entre nous subit l’influence des transits planétaires, qui réactivent les problématiques que lui pose son thème natal ou son vécu et qui peuvent sensiblement modifier ses réactions face à l’environnement.
Dans le cadre d’une courte étude toutefois, il n’est pas interdit d’observer les transits planétaires qui ont accompagné les évènements majeurs de la carrière de l’un des individus du groupe de population étudié. Reprenons l’exemple de Cédric Villani, dont le thème astrologique a été affiché plus haut. Les lectures que l’on peut trouver sur le sujet font ressortir principalement deux périodes charnières dans la vie professionnelle du mathématicien.
En septembre 2010, déjà Directeur de l’Institut Henri-Poincaré, Villani devient Professeur à l’Université Claude-Bernard Lyon I. Il est ainsi promu à la classe exceptionnelle des « Professeurs » des universités : il s’agit du plus haut grade du corps d’enseignants-chercheurs, grade qui attribue une habilitation à diriger des recherches. Alors à l’apogée de sa carrière, il est lauréat la même année de la prestigieuse médaille Fields.
Durant cette première période, Uranus et Jupiter (niveau « r intensif ») entrent en zone d’angularité au-dessus de l’Ascendant8 du thème individuel du mathématicien. Les transits de ces deux planètes ont la réputation de favoriser les plus fortes périodes de « représentation » : engagements sociaux, ambitions professionnelles, réalisation de ses propres aspirations, accroissement de notoriété, nomination à de hautes responsabilités…
En 2010, Villani s’engage aussi dans la vulgarisation des mathématiques ainsi qu’en politique, tout en précisant qu’il ne se place ni à gauche, ni à droite, ni au centre.
En 20179, il soutient aux présidentielles la candidature d’Emmanuel Macron et se porte candidat de La République en Marche pour les élections législatives dans la 5e circonscription de l’Essonne. Il est alors élu avec plus de 69% des voix exprimées au second tour et obtient le plus fort taux de participation parmi les députés LREM.
Durant cette seconde période, les deux mêmes planètes, Uranus et Jupiter, se trouvent en opposition de part et d’autre de l’axe Ascendant-Descendant du mathématicien. Une fois de plus, celui-ci n’a pas manqué d’accroitre son impact social. Il est notamment élu Président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), rend devant l’Assemblée Nationale un rapport sur l’enseignement des mathématiques dans le primaire et le secondaire, et le 1er ministre le charge d’une mission parlementaire sur l’intelligence artificielle.
Pour conclure, si l'on admet une influence astrologique à la naissance, il faut aussi en tester la continuité à travers ses effets lors des transits planétaires et des répétitions de configurations astrologiques. Les transits planétaires les plus importants sont censés marquer les périodes marquantes de la vie d’un individu. Ils ne créent pas les évènements, mais marquent les périodes clés où ils sont les plus susceptibles de se produire.
Concernant Cédric Villani, on a vu l’importance de l’influence successive de deux aspects Uranus-Jupiter lors des périodes les plus fortes de sa vie professionnelle. Évidemment, l’influence des planètes comme des transits dépend étroitement du sujet qui les reçoit : c’est le mathématicien Villani qui est astrologiquement synchronisé avec un Uranus « r » et dont le système nerveux réagit fortement lorsque des transits majeurs de cette planète se produisent. Pour évaluer les effets d’un transit planétaire, il est en effet nécessaire de connaître à la fois les attributions des dominantes astrologiques et d’avoir un minimum d’informations concernant le sujet qui les reçoit. Le thème indique un cadre, non une prédiction absolue. C’est là l’un des tous premiers axiomes du conditionalisme : l’horoscope n’est pas le Sujet !
Note méthodologique — mise à jour
Cet article a été rédigé à partir d’analyses réalisées avec le logiciel AstroStat, développé par Julien Rouger. Depuis cette publication, nous avons poursuivi ce travail dans le cadre du moteur statistique GéoAstro, qui reprend la même logique méthodologique dans une approche plus synthétique.
De légères différences peuvent ainsi apparaître entre les résultats obtenus avec AstroStat et ceux générés avec GéoAstro, sans remettre en cause les tendances principales décrites dans cet article.
Les graphiques présentés ici ont été produits a posteriori avec GéoAstro, à partir des mêmes cohortes, afin d’offrir une représentation visuelle homogène des résultats.
Annexe : Les médaillés Fields – Uranus
Cette annexe présente des éléments statistiques complémentaires concernant les médaillés Fields, fondés sur des représentations graphiques non incluses dans l’article principal. Ces résultats visent à élargir la perspective analytique et à soutenir une interprétation plus nuancée des données.
Le résultat présenté ici correspond à l’écart statistique le plus marqué observé dans le groupe et est proposé comme exemple illustratif de la méthode d’évaluation statistique appliquée à l’ensemble des planètes.
Courbe de distribution gaussienne
Une fonction gaussienne est une fonction exponentielle utilisée pour représenter la distribution d’un ensemble de données en fonction de la densité de ses valeurs. La courbe gaussienne ci-dessous illustre la probabilité d’observer, dans la population générale, une valorisation d’Uranus inférieure à celle constatée chez les médaillés Fields.
Le graphique ci-dessus présente les résultats suivants pour Uranus :
- Probabilité empirique : 99,3 % des simulations produisent un score inférieur.
- Z-score : −2,65, indiquant que le résultat est statistiquement significatif.
- P-value théorique : 0,995, indiquant la position relative du résultat observé au sein de la distribution théorique attendue sous l’hypothèse nulle.
Courbe d’estimation de densité par noyau (KDE)
En statistique, l’estimation de densité par noyau (KDE) est une méthode non paramétrique permettant d’estimer la fonction de densité de probabilité d’une variable aléatoire à partir de données observées. La courbe KDE est fondée sur les valeurs de rang hiérarchique, le logiciel calculant les estimations de probabilité à partir de la distribution empirique de ces rangs.
Le graphique ci-dessus présente les résultats suivants pour Uranus :
- Rang du groupe : 3,2 sur une échelle de 1 à 10.
- Écart-type du groupe : 0,9, indiquant la dispersion des valeurs autour du rang moyen.
- Rang attendu : 5,5, correspondant à la moyenne théorique sous l’hypothèse nulle.
Les courbes gaussienne et KDE offrent une représentation statistique complémentaire aux histogrammes globaux, en permettant d’examiner plus finement la distribution des rangs pour un élément donné, et d’en situer la position relative au sein de la population étudiée.
Notes
1Source : état civil. Idem pour les deux lauréats belges mentionnés.
2DN : abréviation pour données de naissance ou dates de naissance.
3AstroStat est un logiciel d’astrologie permettant d’évaluer les probabilités statistiques de chaque dominante astrologique au sein d’une cohorte donnée : planètes, familles planétaires RET, signes zodiacaux…
4Le grand livre de l’astrologue, Jean-Pierre Nicola, Éd. Sand & Tchou, p. 49-50.
5Sur ce sujet, voir « Zoom logoscopique : RET et mathématiques », Richard Pellard, Fil d’Ariana n°20.
6Le grand livre de l’astrologue, Éditions Sand & Tchou, p.152.
7La Recherche, mensuel 332, juin 2022, « Alain Connes : la réalité mathématique archaïque ».
8En septembre 2010, en thème de domitude, Uranus et Jupiter se situent au-dessus de la zone Ascendant, à environ 11° et 12° de la maison XII. Ce thème (écliptique) est calculé à partir de la domification du thème de Villani.
9En mai 2017, en thème de domitude, Uranus se trouve à environ 24° de la maison XII (AS) et Jupiter à environ 20° de la maison VI (DS). Ces deux planètes sont donc angulaires de part et d’autre de l’axe Ascendant-Descendant.